LE 5 JUIN!

... Il fait cette clarté douteuse qui n'est pas encore le jour et qui

n'est plus la nuit...

Si quelque diable boiteux, suspendu dans les airs, comme Asmodée, avait

plané au-dessus de la Bretagne et de la Vendée, voici ce qu'il aurait vu

à travers le crépuscule, le 5 juin 1832.

Des masses d'hommes armés partant tous de points séparés, convergeaient

vers un centre commun; dans le département de la Loire-Inférieure, on

eût dit une toile d'araignée gigantesque. Le corps de l'araignée est à

Nantes et ses pattes sont à Clisson, Machecoul, Guérande, Savenay,

Pont-Château, Guinravet, Avessac, Derval, Châteaubriand, Saint-Jullien

et les Touches. Comme sur une pression immédiate, les pattes se

resserrent et reviennent au corps.

En effet, ces hommes armés se levaient au signal général.

Ils ont pris leurs fusils, et s'élancent; dans leurs rangs flotte le

drapeau blanc; ce sont des paysans ou des gentilshommes confondus tous

ensemble.

Le matin, le général Dermoncourt avait quitté Nantes sur l'ordre du

général Solignac. Pendant que les chouans convergent vers Nantes, les

troupes de ligne s'en éloignent. Où aura lieu le choc? Il suffit d'une

étincelle.

Jean-Nu-Pieds et Henry, de Puiseux,--Petit-Bleu, comme disaient les

paysans,--se sont couchés à minuit, leurs postes inspectés.

À trois heures du matin, ils sont sur pied.

--J'ai bien dormi, s'écrie Henry au moment où il s'éveilla, enveloppé

dans son manteau.

--Comme Turenne! répondit Jean.

--Hélas! quel dommage que nous n'en ayons pas un avec nous!

Les deux amis devaient se mettre à la tête de leurs soldats, et ne pas

se séparer.

En effet, dans toute la profondeur du bois de Machecoul, on entendait

des bruits étranges, comme ce murmure sourd et continu qui annonce et

devance la tempête.

De temps à autre, on voyait passer un homme, le fusil sur l'épaule, qui

rejoignait son escouade.

Une ombre s'estompa à l'entrée de la hutte où avaient passé la nuit les

deux chefs.

--C'est toi, Aubin? dit Jean. Entre.

Aubin Ploguen avait revêtu un costume de chasseur. La guêtre montante,

la blouse bleue serrée à la taille par la cartouchière. Au chapeau le

coeur sanglant attaché.

C'était un souvenir de la grande Vendée. Cibot Ploguen, son père, avait

porté ce coeur sanglant pendant les rudes campagnes sous le vieux marquis

de Kardigân.

--Eh bien! qu'en dis-tu, Aubin? s'écria Henry. Une belle matinée pour se

battre!

--C'est mon opinion, murmura le Breton impassiblement.

--As-tu vu nos hommes?

--Tous.

--Déjà?

--Oh! j'ai passé mon inspection sans en avoir l'air.

--Sont-ils en train?

--De vrais terriers! ils vous poursuivront le bleu au fond des enfers!

--Bravo!

Un à un arrivèrent les chefs de bataillon et les chefs de compagnie. Ils

firent leur rapport. Chacun de leurs hommes avait sur lui soixante

cartouches et un jour de vivres.

Jean leur donna l'itinéraire.

Il fallait partir à cinq heures. On irait jusqu'au delà du lac de

Grandlieu, entre Château-Thibaut, et la Maine.

Puis, là, on attendrait ceux de Clisson. Probablement que les gens de

Clisson arriveraient à midi. Alors, si on battait les bleus, on pouvait

marcher droit sur Nantes, l'objectif général.

Dans ces guerres de buissons, où l'avantage n'est pas toujours au

nombre, le tambour et la trompette sont trop bruyants: on ne s'en sert

pas. Aussi, les chefs d'escouades donnaient leurs ordres par de légers

coups de sifflet.

À cinq heures et quart, Henry et Jean-Nu-Pieds, à cheval, sortaient du

bois.

La première étape se fit tranquillement. De temps à autre, le marquis de

Kardigân jetait un regard étonné à ses côtés. Aubin Ploguen n'y était

pas.

Un peu avant d'arriver à Château-Thibaut, le Breton parut.

--Enfin, te voilà! lui dit son maître.

Il n'était pas seul.

Pinson l'accompagnait.

--J'étais avec ce petit, maître, répondit Aubin. Son père me l'a confié.

C'est à côté de moi, et à côté de vous, si vous le permettez, qu'il

tirera son premier coup de feu...

Nous le répéterons, car la chose pourrait paraître invraisemblable.

Jusqu'alors, jamais Jean-Nu-Pieds n'avait remarqué le petit Pinson. Il

est vrai que le jeune garçon se tenait avec soin hors de la portée du

regard du marquis.

Pourtant, ce matin-là, Jean l'aperçut, et ne put s'empêcher de

tressaillir.

--Dieu! balbutia-t-il.

--Hein! qu'as-tu donc? demanda Henry de Puiseux.

--Rien!... rien.

Petit-Bleu jeta un regard à son ami, et pensa:

--Pauvre Jean! il pense à elle!

Par un mouvement brusque, le cheval d'Henry bondit et se trouva à côté

de Pinson; ils marchèrent ainsi l'un près de l'autre.

--Ma parole! murmura le jeune homme, mes soupçons de l'autre nuit me

reviennent en foule ce matin... Il est bien drôle, ce petit Pinson?

Mais Henry n'eut pas le loisir d'approfondir la question.

Deux éclaireurs des chouans arrivaient au petit galop, annonçant que les

troupes de ligne, au nombre de douze cents hommes, et commandées par le

général Dermoncourt en personne, paraissaient au loin sur la côte.

--On va en découdre, dit Aubin Ploguen. C'est mon opinion.

--Préparez vos armes! commanda Jean.

L'ordre se répéta dans toute la colonne.

--Dis donc, mon gars Aubin, prononça gravement Petit-Bleu, nous ne

sommes qu'un contre deux, on pourra les battre.

--C'est mon opinion...

Dans un coin de ce qu'on appelait «l'état-major», se trouvaient deux de

nos connaissances: la Pâlotte et son fils.

Bien qu'ils ne portassent pas de fusils, leur rôle ne devait pas être

moins glorieux, ni moins important. Jacquelin et sa mère traînaient une

petite charrette à bras, contenant de la charpie et des médicaments.

Aller chercher des blessés sur le champ de bataille, c'est aussi beau

que de se battre.

Les bleus arrivaient en masses serrées par la route montante qui va de

Nantes à Pornic et passe par Château-Thibaut, en faisant un coude vers

la Maine.

Quand ils furent arrivés au sommet de la montée, on put apercevoir

briller au loin les canons des fusils, aux reflets des rayons du soleil.

--Allons! dit Henry, dans une demi-heure, le bal commencera.

Jean-Nu-Pieds disposa sa petite armée en deux corps: l'un, commandé par

Henry, alla se poster à l'est du lac de Grandlieu; l'autre resta sur la

route, échelonné en petites bandes serrées.

Le premier devait prendre les bleus de côté, pendant que le second

attaquerait de face.

Aubin Ploguen avait détourné son attention des troupes de ligne pour

examiner Pinson.

Pauvre Pinson! Il semblait bien en peine d'armer son fusil, et même de

glisser une cartouche dans le canon.

Le Breton sourit:

--Ma foi, pensa-t-il, il faut que je lui montre, au petit, que j'ai tout

deviné.

Il s'avança vers Pinson, et lui dit tout bas:

--Mademoiselle, vous allez vous faire tuer, si vous restez là à rien

faire.

Fernande devint pâle.

--Bah!... Tenez! je vous aime, moi, parce que vous l'aimez, lui! Et

puis, il faut que vous soyez brave, et bonne comme vous êtes belle, pour

risquer votre vie comme cela.

--Vous savez donc?

--Tout!... mais chut!... D'abord comprenez-moi bien, voilà ce que vous

allez faire. Savez-vous tirer? Non. Eh bien, la Pâlotte vous fait des

signes, là-bas; elle aura besoin de vous, c'est un poste de combat,

allez! que le sien! Si le maître vous voyait si gauche, il

soupçonnerait...

--Oh! merci! merci!

Pinson ne se le fit pas répéter: il se glissa à travers les chevaux et

rejoignit la Pâlotte.

... Les bleus avançaient. Encore trois minutes, et ils seraient à portée

de fusil. Jean avait défendu qu'on tirât un seul coup de fusil avant

qu'il eût donné le signal en levant son épée.

Il se tourna vers ses hommes:

--La prière! dit-il.

Ce fut un merveilleux spectacle.

L'ennemi était là... et, chose horrible! l'ennemi est le Français, un

frère!--et pas un de ceux que menaçait le danger prochain, ne pensa à se

défendre avant d'avoir prié Dieu.

Sur l'ordre des chefs, répété de rang en rang, ils mirent tous un genou

en terre.

Le vieil aumônier prononça:

_In nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti... Amen!..._

Les bleus étaient à vingt mètres.

--Feu! cria Dermoncourt.

... Et pas un chouan ne bougea.

Qu'importaient les coups de fusil, qu'importaient la mitraille et la

mort! La prière n'était pas terminée!

--_Amen!_ répondirent-ils tous d'une seule voix, quand l'aumônier acheva

la bénédiction...

On entendit Dermoncourt qui répétait:

--Feu!

Une seconde décharge vint faire tourbillonner le plomb et le fer au

milieu des héros pensifs et calmes.

--Debout! dit Jean-Nu-Pieds, debout, et en avant!

Puis se découvrant comme jadis son père à Paris:

--Vive le Roi! prononça-t-il lentement.

Ce fut une trombe.

Les paysans bondissaient comme de jeunes étalons longtemps enfermés dans

une clairière, et qu'on lâche soudain à travers la prairie.

Ils s'étaient jetés en avant, d'un mouvement tellement irrésistible que

les premières lignes des bleus cédèrent.

Ce fut pendant un quart d'heure un combat presque corps à corps. Quand,

à travers la fumée, on distinguait une éclaircie, on voyait s'entremêler

furieusement la blouse et le veston bleu du lignard.

Dermoncourt se multipliait. C'était un lion. Pâle, anxieux, mais calme,

la bride au bras, le sabre pendu au poing et le pistolet fumant à la

main, le général se rappelait, sans doute, ses charges héroïques de

Jemmapes, d'Austerlitz et d'Iéna.

Hélas! ce jour-là, c'étaient des Français qui se battaient contre des

Français!

Jean-Nu-Pieds savait être à la fois le soldat et le chef: le soldat pour

faire sa trouée, le chef pour commander.

Les chouans tiraient au hasard, sans ordre. Les lignards au contraire,

faisaient feu les uns après les autres, lentement, méthodiquement, pour

ainsi dire.

Pendant que le petit corps d'armée de Jean supportait le gros de

l'attaque, Henry de Puiseux harcelait les bleus sur la gauche.

Dermoncourt eut peur d'être tourné, et fit former à ses hommes un

triangle énorme, dont la pointe portait à droite; la base répondait aux

chouans de Petit-Bleu, les deux autres côtés, angles aigus, tiraient sur

ceux de Jean. On n'entendait que les coups de fusil innombrables et les

commandements hâtifs.

Trois fois les Vendéens brisèrent les lignes ennemies, trois fois

celles-ci se reformèrent. Mais, malgré la supériorité de leur nombre,

les soldats de Dermoncourt furent obligés bientôt de reculer.

Ils reculèrent, mais lentement, en ordre, ainsi que le sanglier qui

s'accule contre un fourré pour s'élancer mieux. Le plan de Dermoncourt

était d'entraîner derrière lui les chouans dans le village de Bersaunes.

Bersaunes était alors un hameau de trente feux. Sa petite église se

projette en avant, et fait angle droit avec la route.

Le combat se continua ainsi, en tirailleurs de part et d'autre, les

chouans avançant et les lignards reculant toujours.

Au milieu du village de Bersaunes, les deux corps se réunirent.

Henry était noir de poudre; ses vêtements déchirés comme ceux de

Jean-Nu-Pieds montraient que lui aussi savait aussi bien se battre que

commander.

Quant à Aubin Ploguen, chacun de ses coups abattait un homme.

--Allons! la partie est gagnée, pensa-t-il, en voyant que le mouvement

de retraite des bleus continuait à s'effectuer.

La Pâlotte, Pinson, et Jacqueline ne chômaient pas.

Hélas! les blessés tombaient, les hommes mouraient!

C'était merveille de les voir tous les trois allant relever, panser,

transporter en lieu sur ceux qui restaient en chemin.

Tout à coup, après une décharge furieuse des bleus, Pinson jeta un grand

cri. Jean-Nu-Pieds venait de tomber. Il s'élança. Le jeune chef avait eu

son cheval tué, et sa jambe était prise sous la selle. Pinson l'aida à

se dégager.

--Merci!... balbutia Jean.

Pinson mit la main sur son coeur.

--S'ils l'avaient tué? se dit-il.

Puis, en souriant, il ajouta:

--Eh bien! s'ils l'avaient tué, la mort n'était pas loin...

Le village de Bersaunes était franchi, les bleus reculaient toujours.

Par bonheur, Jean-Nu-Pieds aperçut sur la gauche un bouquet de bois. Il

eut la prudence de deviner que là se cachait un danger.

--Halte! cria-t-il.

En effet, derrière le bouquet de bois, Dermoncourt avait masqué trois

batteries de campagne. Il cria un commandement d'une voix de tonnerre,

qui domina le fracas des coups de fusil, et les canons furent pointés...

Il y eut un instant d'arrêt terrible parmi les chouans. Eux n'avaient

pas d'artillerie. Ces gueules de bronze menaçantes les épouvantèrent

pendant quelques secondes... Mais Jean cria:

--Enfants! nous n'avons pas de canons; prenons ceux-là pour en avoir!

Les Vendéens répondirent par une acclamation, et le combat recommença...

La première partie de la bataille avait duré de neuf heures à onze. Pour

Jean-Nu-Pieds, il fallait tenir bon jusqu'à midi, au besoin une heure du

soir, pour donner le temps à ceux de Clisson de les rejoindre.

Mais la chance avait tourné. Les canons faisaient grand mal. Jean fit

s'éparpiller tous ses hommes, en leur ordonnant de tirailler. Ils

couvraient ainsi un espace considérable. C'était presque annihiler la

portée meurtrière de l'artillerie.

La tactique était bonne, et avait réussi maintes fois en Vendée, pendant

les grandes guerres contre la République, alors que Henri de La

Rochejacquelein disait à ses chouans:

--Egaillez-vous, mes gars!

En ordonnant ce mouvement, le seul qui pût sauver sa petite armée,

Jean-Nu-Pieds savait parfaitement que c'était compromettre le succès de

la journée, jusque-là obtenu.

Mais, au point où on en était arrivé, il ne s'agissait plus de vaincre;

seulement, il fallait tenir, tenir jusqu'à l'arrivée des Vendéens de

Clisson.

Dermoncourt fit cesser le canon. Lui aussi avait fait la guerre, jadis,

en 1799, et il savait que le canon ne peut rien contre des hommes

disséminés à droite et à gauche.

Ce fut la deuxième phase du combat.

Il pouvait être midi.

Midi, et les gens de Clisson ne venaient pas!

Cette seconde partie de la bataille dura deux heures pleines, de midi à

deux heures du soir. De chaque côté les pertes étaient énormes. Mais, de

chaque côté aussi, on continuait à se battre avec le même acharnement.

Les hommes tombaient.

La Pâlotte, Jacquelin et Pinson couraient çà et là sans s'occuper des

balles qui sifflaient à leurs oreilles.

Petit-Bleu et Jean-Nu-Pieds, démontés tous les deux, faisaient le coup

de feu comme le premier venu de leurs paysans.

Jean-Nu-Pieds était pâle.

--Est-ce qu'ils ne viendront pas? murmurait-il.

Ils ne venaient pas!

--Maître, dit Aubin Ploguen en s'approchant du chef, si on faisait le

signal!

--Tu crois qu'ils entendraient?...

--C'est mon opinion.

--Alors, soit... mais pas toi. Holà! un homme pour mourir? appela-t-il.

Il s'en présenta cent.

Qu'était-ce donc que le signal?

Jean ne s'était pas trompé en demandant un homme pour mourir:

Il s'agissait de monter tout en haut du clocher de Bersaunes, et de

recommencer ce qu'avait fait M. de Carlepont à Marseille, c'est-à-dire

de sonner le tocsin.

C'était entreprise folle.

Le clocher se détachait net et clair dans le ciel. Celui qui se

hasarderait à y monter servirait de point de mire aux fusils des

bleus...

Déjà un chouan grimpait. Il grimpait du côté qui regarde le lac de

Grandlieu.

La fusillade, en bas continuait. Parce qu'un homme va mourir entre ciel

et terre, d'autres hommes peuvent bien mourir en même temps...

Le son des cloches commença à tinter légèrement, cloches de petit

clocher. Le chouan frappait de la crosse de son fusil sur le bourdon et

lui arrachait une plainte lente, désolée, lugubre...

Dermoncourt frissonna à ce réveil-matin. Le tocsin! Il se rappelait la

terrible signification que ce signal avait autrefois, quand il appelait

les chouans à la lutte, à travers les bruyères et les genêts!

--Abattez-moi celui-là! cria-t-il, en montrant du doigt le Vendéen qui

frappait sur la cloche.

Déjà un second chouan grimpait à son tour dans la petite tourelle. Au

moment où celui-ci mettait le pied sur la plate-forme de bois, le

premier qui sonnait recevait une balle en plein coeur et tombait du haut

en bas.

La cloche ne s'arrêtait pas. Le vivant prenait la place du mort, voilà

tout. Les cent hommes «pour mourir» étaient prêts. Ce fut à qui

monterait.

Les bleus avaient dans leurs rangs de merveilleux tireurs. En trois

coups, ils abattaient le sonneur.

Les Bretons se relayaient sans hésiter à ce poste sublime...

Tous savaient ce qui les attendait là-haut. Mais il n'y avait pas un

silence d'un instant. Le bourdon résonnait. La cloche ne s'arrêtait pas.

Le huitième sonneur de cloches ne parvint pas jusqu'au sol dans sa

chute. Il resta accroché en chemin.

Le neuvième bondit sur lui-même, et, quoique déjà mort, vint se briser

le crâne sur le chemin.

Le dixième resta sur place.

Les bleus visaient le sonneur, et les sonneurs arrivaient en foule pour

le remplacer. Il fallait bien donner le signal à ceux de Clisson! La

cloche ne s'arrêtait pas.

Le vieil aumônier s'était remis à genoux, et à chaque chouan qui tombait

du haut en bas de l'église, il disait, les bénissant:

_In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen!_

Et la cloche ne s'arrêtait pas!...

Jean-nu-pieds, Vol. 1 chronique de 1832 · 第 177 / 194 题