J’ai signalé rapidement, dans mes _Observations sur l’orthographe
française_, page 58, le mode de composition des mots susceptibles
d’union adopté par les Grecs et les Latins, et les régularisations
qu’on pourrait opérer, dès à présent, dans notre système de figuration
de ce genre de locutions. Je crois devoir revenir ici sur ce sujet pour
exposer les différentes théories des grammairiens sur la matière, et,
d’abord, les principes mis en usage par les étrangers dans les autres
langues.
Tandis qu’en France l’orthographe des mots composés avec ou sans trait
d’union réclamerait presque une étude de plusieurs années, elle est
d’une simplicité merveilleuse et souvent d’un emploi très-ingénieux
dans toutes les langues de l’Europe.
Les ITALIENS et les ESPAGNOLS ne connaissent l’emploi du trait d’union
que dans le troisième cas ci-dessous des Allemands. Ainsi les Italiens
écrivent: _Dizionario italiano-francese; politico-sociale_; mais ils
emploient la séparation, ou plus souvent l’agglutination, dans tous les
autres cas: après-soupée, _il dopocena_; après-demain, _posdomani_;
contre-poids, _contrappeso_; arc-en-ciel, _arcobaleno_, etc. En
espagnol, on emploie les mêmes procédés: _Diccionario frances-español_;
un entr’acte, _entreacto_; un bas-relief, _bajo relieve_; un
arc-en-ciel, _arco íris_; un porte-drapeau, _portaestandarte_,
etc. Donc, dans ces deux langues néo-latines, point de difficulté
orthographique.
En ALLEMAND: 1er cas. _Sprachkunst_, art du langage, grammaire;
_Sprachlehre_, étude du langage, grammaire; _Springzeit_, le temps de
l’accouplement des bêtes.
Ainsi, deux substantifs joints, sans tiret: point de difficulté pour le
pluriel.
De même, s’il y a trois mots: _Sprachwissenschaft_, mot à mot, création
de la connaissance des langues, la philologie.
2e cas. _Haus- und Familien-Lexikon_, dictionnaire de la maison et de
la famille. Le trait d’union après _Haus_ tient lieu du mot _Lexikon_
et en épargne le double emploi, en dispensant également de l’article.
3e cas. _Theoretisch-praktische Grammatik_, grammaire théorique et
pratique. Les deux adjectifs sont unis pour éviter l’emploi de la
conjonction _und_, et le premier demeure invariable.
Le HOLLANDAIS s’est modelé sur l’allemand.
Le POLONAIS écrit: _Grammatyka teoretyczno-praktyczna_, grammaire
théorique et pratique. _Kolor perlowo-szary_, couleur gris-perle. Le
premier composant est un mot invariable.
Le RUSSE: Русско-французкая Грамматика, grammaire russe-française.
Магазинъ-вахтеръ, un garde-magasin; Магазинъ-вахтеры, des
gardes-magasin: le premier composant est toujours invariable; donc, pas
de difficulté.
L’ANGLAIS possède le trait d’union, dont il fait un emploi aussi simple
qu’ingénieux:
_North-wind_, vent du Nord; _herring-woman_, femme au hareng,
harengère; _eye-service_, service qu’on rend sous les yeux du maître;
_jew-like_, mot à mot, à la manière juive; _Jews-ears_, oreille de
Judas. L’invariabilité du premier mot ne permet jamais d’embarras pour
l’orthographe du pluriel.
En résumé: aucune hésitation pour l’emploi du trait d’union et
l’orthographe des mots composés dans les diverses langues de l’Europe.
Nous sommes moins heureux en FRANÇAIS:
Au lieu de la simplicité des procédés de composition de l’ancien
français qui agglutinait les mots, en les fondant au besoin, ou les
laissait séparés, mais ne connaissait pas le trait d’union, voici DIX
règles, accompagnées d’exceptions, règles sur lesquelles on n’est pas
d’accord, et dont quelques-unes contredisent l’orthographe académique.
Je les extrais de la _Grammaire générale de la langue française_ de M.
Poitevin, tome Ier, p. 74 et suivantes.
«I. Lorsqu’un nom composé est formé de deux substantifs dont l’un
qualifie l’autre, ils prennent tous deux la marque du pluriel: des
_faucons pèlerins_ (sans tiret), des _oiseaux-mouches_ (avec tiret).
«II. Mais si le second substantif ne peut être considéré comme
qualificatif de l’autre, l’emploi du nombre est alors subordonné pour
chacun d’eux au sens particulier qu’il éveille. Ex.: un _appui-main_,
des _appuis-main_, un _Hôtel-Dieu_, des _Hôtels-Dieu_, un
_garde-côte_, des _gardes-côtes_, un _bain-marie_, des _bains-marie_,
un _colin-maillard_, des _colin-maillard_, un _brèche-dents_, des
_brèche-dents_, un _porc-épics_, des _porcs-épics_.
«III. Quand un nom est formé d’un substantif et d’un adjectif qui le
qualifie, ils prennent l’un et l’autre la marque du pluriel. Ex.: des
_basses-cours_, des _bouts-rimés_.
«Exceptions: des _grand’mères_, des _grand’messes_, des _grand’rues_,
etc.; des _blanc-seings_, un _terre-plein_, des _terre-pleins_,
un _chevau-léger_, des _chevau-légers_, un _cent-suisses_, des
_cent-suisses_, un _quinze-vingts_, des _quinze-vingts_, un
_courte-haleine_, des _courte-haleine_.
«IV. S’il entre dans la formation du nom composé un mot pris
adjectivement qui ne s’emploie plus seul, il prend, comme le
substantif, le signe du pluriel. Ex.: un _loup-garou_, des
_loups-garous_, une _porte cochère_, des _portes cochères_ (sans
tiret); une _pie-grièche_, des _pies-grièches_, un _loup-cervier_,
des _loups-cerviers_, un _orang-outang_, des _orangs-outangs_.
«V. Quand un nom composé est formé de deux substantifs unis par une
préposition, le premier prend le signe du pluriel, et le second
substantif, qui sert de complément au premier, reste le _plus
souvent_ invariable. Ex.: une _belle-de-nuit_, des _belles-de-nuit_,
un _chef-d’œuvre_, des _chefs-d’œuvre_.
«VI. Mais quand le terme complémentaire éveille une idée de
pluralité, ou est le plus ordinairement usité au pluriel, il prend
un _s_ même au singulier. Ex.: un _serpent-à-sonnettes_, un
_haut-de-chausses_.
«VII. Les noms unis par une préposition sont invariables quand ils
forment une expression où ne figurent que des termes accessoires
et complémentaires du terme principal sous-entendu. Ex.: des
_coq-à-l’âne_, des _pied-à-terre_, des _tête-à-tête_.
«VIII. Quand un nom est formé d’un substantif ou d’un qualificatif et
d’un mot invariable, le substantif ou le qualificatif s’écrit avec
ou sans _s_, selon qu’il éveille une idée d’unité ou de pluralité.
Ex.: des _contre-coups_, des _arrière-saisons_, des _après-dînées_,
etc.; mais on écrira: des _abat-jour_, des _chasse-marée_, des
_coupe-gorge_, des _casse-tête_, des _après-midi_, des _hors-d’œuvre_.
«IX. Les substantifs composés suivants, dans lesquels le second terme
éveille toujours l’idée de pluralité, devraient prendre, au singulier
comme au pluriel, un _s_ à la fin de leur terme complémentaire, et
il serait logique d’écrire: un _brèche-dents_, un _casse-noisettes_,
un _chasse-chiens_, un _chasse-mouches_, un _cent-gardes_, un
_cure-dents_, un _cure-oreilles_, un _essuie-mains_, un _garde-fous_,
un _porte-mouchettes_, un _croque-notes_, etc.
«Si ce n’est pas, ajoute M. Poitevin, l’orthographe de l’Académie,
c’est du moins une orthographe essentiellement rationnelle, qui
subordonne l’expression à l’idée, et, sans considérer l’emploi
matériel du terme, la met en accord avec l’idée qu’il traduit.»
«X. Lorsqu’un mot composé ne renferme que des mots invariables
de leur nature, aucun d’eux ne prend le signe du pluriel: des
_in-douze_, des _ouï-dire_, des _pourboire_ (sans tiret), des
_qu’en-dira-t-on_, des _passe-passe_.»
Tout cela est fort ingénieux et très-bien dit; mais, je le demande aux
hommes pratiques, aux instituteurs de la jeunesse, lorsqu’on dictera
une phrase dans laquelle se présente un de ces singuliers à accord
controversé, un de ces pluriels si épineux, accordera-t-on à l’élève
dix minutes de réflexion, et doit-on surcharger sa mémoire d’aussi
puériles minuties? D’ailleurs, ce trait d’union, si multiplié dans nos
dictionnaires et cause de tant d’embarras pour le pluriel, est-il aussi
utile que nos grammairiens semblent le croire? Dans le discours parlé,
on n’en tient jamais compte, et personne, sans doute, ne s’est aperçu
qu’il en résultât la moindre obscurité.
M. Léger Noël, dans l’ouvrage dont nous avons parlé, p. 187, a émis
sur l’emploi du trait d’union des idées toutes différentes de celles de
nos grammairiens. En voici l’analyse:
«Il faut bien distinguer, dit-il, p. 184, les _noms composés_,
c’est-à-dire les noms qui, quoique formés de plusieurs mots, ne
désignent pourtant qu’un seul objet, comme _arc-en-ciel, cul-de-sac_,
qui équivalent à _iris, impasse_, d’avec certaines locutions
analogues, certains assemblages de mots qui gardent chacun leur sens
direct et présentent à l’esprit deux idées successives, comme _robe
de chambre, billet de logement, billet d’hôpital, aide de camp,
maréchal de camp, garde du corps, pied de mouton, ver à soie_, etc.
«Le _trait d’union_ n’est ainsi nommé que parce qu’il sert à marquer
l’union des parties intégrantes d’un nom composé, lorsqu’elles sont
de nature à ne pouvoir être mises en contact immédiat. Or, partout où
il n’y a pas fusion complète des parties, le trait d’union est plus
qu’inutile, il est nuisible.
«Des locutions telles que: _barbe-de-bouc, dent-de-loup_, etc.,
lorsqu’elles sont détournées de leur signification directe,
et appliquées, par analogie, à certaines plantes, à certains
instruments, etc., sont des noms composés, ne présentant qu’une idée
unique sous plusieurs mots, et prennent en conséquence le trait
d’union. Il ne s’agit ici, en effet, ni de barbe, ni de bouc, ni de
dent, ni de loup; il ne s’agit que de la plante appelée autrement
_salsifis sauvage_, et d’une espèce de cheville de fer qui a quelque
analogie avec une dent de loup. Dans le sens direct et propre, on
voit qu’il faut écrire sans trait d’union.
«D’après ce principe, l’Académie a tort d’écrire _eau-de-vie,
esprit-de-vin, belle-de-jour, écuelle-d’eau, coq-des-jardins_,
etc.[243]. En effet, quelle différence y a-t-il, au point de vue de
la grammaire, entre _eau-de-vie_ et _eau de rose, eau de Cologne,
eau de senteur_? entre _esprit-de-vin_ et _esprit de soufre, esprit
de sel, esprit de vitriol_? Si vous ne considérez _eau-de-vie_ que
comme un seul mot, si vous y attachez un autre sens que celui d’une
_eau_, d’une liqueur _qui donne de la vie_, c’est-à-dire qui excite
les esprits vitaux, qui ranime, alors pourquoi, dans la formation du
pluriel, en isolez-vous les termes? Pourquoi n’écrivez-vous pas des
_eau-de-vies_, sans égard au sens particulier de chaque mot?
[243] Je ne partage pas sur ce point l’avis de M. L. Noel. Tous
ces composés, étant détournés de leur sens naturel et direct,
doivent, selon moi, garder le trait d’union, ou mieux être
agglutinés en un seul mot. Voyez mon observation à ce sujet, p.
415.
«Les mots _de vie, de vin_, dans _eau-de-vie, esprit-de-vin_, comme
_de senteur, de soufre_, dans _eau de senteur, esprit de soufre_,
ne sont pas autre chose que le complément déterminatif des mots
_eau_ et _esprit_. Ces locutions ne sont donc pas plus des noms
composés que _cul d’artichaut, ciel de lit, bouton d’or, arc de
triomphe_, etc., parce que chacun des termes qui les composent est
employé, sinon dans le sens propre, au moins dans un sens naturel et
direct.
«Écrivez donc sans trait d’union tout assemblage de mots
naturellement construits, qui ne s’absorbent pas complètement l’un
dans l’autre, de manière à n’en faire absolument qu’un; qui ne
présentent pas dans leur ensemble un sens tout autre que celui qui
paraît devoir résulter de leurs divers sens particuliers.
«Mais, si les expressions sont détournées de leur sens naturel, de
leur sens direct; si le verbe, si l’adverbe est pris substantivement;
si les adjectifs ne se rapportent plus que d’une manière indirecte
au substantif qui les accompagne; surtout s’il y a renversement,
transposition forcée, contraction, etc., alors, à défaut d’une
intimité plus grande entre les parties, le trait d’union est
indispensable. Exemples: un _haut-le-pied_, un _pied-plat_[244], un
_tout-ou-rien_, etc.
[244] On devrait écrire _piéplat_, comme on écrit _piédestal_
au lieu de _pied d’estal_.
«Dans le cas où la réunion des composant semble indiquée, il ne
faut pas oublier que les consonnes ont entre elles plus ou moins
d’affinité et qu’elles ne s’accolent pas indistinctement l’une à
l’autre; qu’il n’est pas dans la nature des organes de la parole de
pouvoir prononcer rapidement une faible avec une forte, comme _d_,
par exemple, avec _t, b_ avec _p_. Toute consonne immédiatement
précédée d’une autre consonne la veut du même degré qu’elle:
_a_cq_uérir_, _a_ps_ide_, _som_pt_ueux_, etc. De là la nécessité du
trait d’union, dans certains noms composés, pour tenir à distance
respectueuse certaines consonnes antipathiques.
«Pourquoi l’Académie écrit-elle en un seul mot _sangsue, hautbois,
longtemps_, contrairement à tous les principes? puisque alors
il faudrait prononcer _sankeçu, hautebois, lonketan_, attendu
que _toutes les consonnes se prononcent dans le corps des mots_
(Acad.). La simplification de ces mots ne pourrait s’opérer qu’en
supprimant la consonne finale du premier mot composant, ainsi qu’il
suit: _sansue, lontemps, haubois_, etc.; ce qui est du reste tout
à fait conforme au génie de notre langue, comme le prouvent les
simplifications suivantes, tout à fait analogues: _voici, soutenir,
soulever, souligner, soumettre, soupeser, soutirer, souterrain,
soucoupe, béjaune, chafouin, puîné_, etc.
«Mais il faut éviter avec le plus grand soin de mettre en contact
les parties intégrantes d’un nom composé, quand on prévoit que de
leur choc il pourra résulter quelque perturbation sensible dans le
système de la prononciation ou de l’orthographe, déjà compliqué
d’assez de difficultés. N’écrivez donc pas _bouteselle, entresol,
tournesol, havresac, contreseing, parasol_[245], etc., parce qu’on
serait induit à prononcer le _s_, entre deux voyelles, comme _z_, et
que d’ailleurs il est impossible de doubler le _s_ sans rendre fermé
l’_é_ final du premier mot, lequel nécessairement doit rester muet.
[245] Dans ces mots, la lettre _s_ conserve toujours son
véritable son. On ne saurait écrire autrement _parasol_, qui ne
peut être divisé en deux mots, l’un grec, l’autre français; et
l’on doit écrire de même _entresol, sousol_.
«Quand, des deux mots composants, le premier finit par un _e_
muet et que le second commence par une voyelle, le rapprochement
ne peut avoir lieu, à cause de l’élision nécessaire de l’_e_
muet, qui de _porte_, par exemple, ferait _port_, et changerait
ainsi la physionomie propre du nom entier, de manière à le rendre
méconnaissable. Il faut donc écrire _morte-eau, porte-aiguille_,
etc.
«Mais, chaque fois que rien ne s’oppose au rapprochement des
parties intégrantes d’un nom composé, rien de mieux que d’opérer ce
rapprochement, comme l’a fait l’Académie dans _hochequeue, hochepot,
tournebride, tournebroche, entremets, entretaille, entrelacer,
entremêler, porteballe, portecollet, portecrayon, portefeuille,
portemanteau, parterre, atout, trictrac, flonflon_, etc. Pourquoi
donc écrit-elle encore: _chausse-pied, couvre-pied, couvre-chef,
chausse-trape, coupe-cul, coupe-gorge, entre-luire, entre-ligne,
entre-nœud, passe-droit, passe-port, porte-voix, à-compte,
cric-crac_, etc., mots parfaitement analogues aux premiers?»
* * * * *
J’ai encore présente à mon souvenir la discussion qui eut lieu en
1825 au sujet de l’orthographe qu’il conviendrait d’adopter dans le
Dictionnaire de l’Académie pour les mots composés. On reconnaissait
que les mots au nombre de deux, de trois et même de quatre, dont
l’ensemble ne représente qu’un seul objet, qu’une seule idée, ne
devaient pas être laissés écrits séparés les uns des autres, puisque
le sens de chaque mot, pris isolément, offrait une idée tout autre que
celle qu’exprimait leur ensemble. Les grouper en un seul aurait fait
cesser cet inconvénient; mais quoiqu’en eût déjà l’exemple de plusieurs
mots composés ainsi agglutinés, on crut devoir se borner à les réunir
par un tiret plutôt que de les laisser séparés. C’était un acheminement
pour n’en faire plus tard qu’un seul mot, système que je crois le
meilleur. Il est, en effet, le plus logique, et l’Académie, dans ses
diverses éditions, paraît avoir voulu s’y conformer.
Je donne ici, d’après le Dictionnaire de l’Académie, la liste générale
des mots, avec ou sans trait d’union, qui jouent le rôle de mots
composés ou qui méritent véritablement cette dénomination. On jugera
des difficultés qu’offre cette question si compliquée, par l’examen des
contradictions qui ressortent de la comparaison des cas analogues. Il
semble, en y réfléchissant, qu’il soit impossible de sortir d’un pareil
dédale, sans avoir préalablement ramené la théorie de la composition
des mots à des principes simples tirés des lois mêmes qui ont présidé à
la formation de notre langue.
La première colonne de ces tableaux se compose du singulier des
noms composés ou pseudo-composés. Les mots marqués d’un astérisque
ne figurent pas au Dictionnaire de l’Académie. D’après les lexiques
récents, on aurait pu facilement en doubler le nombre.
La seconde colonne contient les pluriels sur lesquels l’Académie s’est
prononcée dans sa dernière édition de 1835.
La troisième colonne renferme les pluriels donnés par M. Poitevin
dans sa _Grammaire générale_, édition de 1856, tome Ier, p. 80. Je
les ai marqués du signe P. Ceux donnés par M. Littré, dans son grand
Dictionnaire historique en cours de publication, sont marqués de
l’abréviation L. Enfin ceux que j’ai fait suivre de la lettre H. sont
tirés du _Code orthographique_ de M. Albert Hétrel, qui a fait de cette
question une recherche approfondie.
La date 1659, que j’ai fait figurer dans quelques cas, se réfère au
_Dictionnaire français-italien_, de Nath. Duez, imprimé à Leyde, chez
Jean Elsevier, cette même année, ouvrage exécuté avec beaucoup de soin
et qui représente fidèlement l’état de l’orthographe française avant
que l’Académie se saisît de cette question.
La quatrième colonne contient les rectifications qu’on pourrait,
peut-être, introduire dès à présent et quelques remarques historiques.