_P.S._ Cet officier engagera celui qui commande à Vohbourg, celui qui
commande à Neustadt et les généraux de division bavarois, de m'envoyer
des officiers et les rapports de ce qui se serait passé ou de ce qu'ils
apprendraient.
_Commission et pleins-pouvoirs donnés aux commandans de place en juin
1815._
NAPOLEON, par la grâce de Dieu et les constitutions, empereur des
Français, etc., etc.
La place de Vitry étant en état de siège, armée, bien approvisionnée, à
l'abri de toute attaque, pouvant soutenir un siège, nous avons résolu
de nommer pour commandant supérieur de cette place un officier d'une
bravoure distinguée, dont nous aurions éprouvé le zèle et la fidélité
dans maints combats; nous avons pris en considération les services du
sieur Baron, adjudant-commandant de nos armées, et nous l'avons nommé et
nommons, par ces présentes signées de notre main, commandant supérieur
de la place de Vitry en état de siège. Nous lui enjoignons de ne plus
sortir des remparts de ladite place, au moins au-delà d'une portée
de fusil de ses ouvrages avancés, sous quelque prétexte que ce soit;
d'inspecter et de visiter fréquemment les approvisionnemens de siège
et les magasins d'artillerie, d'avoir soin qu'ils soient abondamment
fournis et conservés à l'abri des attaques de l'ennemi et de
l'intempérie des saisons. Nous lui enjoignons de prendre toutes les
précautions pour accroître lesdits approvisionnemens et pour que les
babilans aient pour six mois de vivres, faisant sortir de la ville tous
ceux qui n'auraient pas ledit approvisionnement. Nous lui ordonnons
de nous conserver cette place et de ne jamais la rendre sous aucun
prétexte. Dans le cas où elle serait investie et bloquée, il doit être
sourd a tous les bruits répandus par l'ennemi, ou aux nouvelles qu'il
lui ferait parvenir, lors même qu'il voudrait lui persuader que l'armée
française a été battue, que la capitale est envahie, etc. Il n'en
résistera pas moins à ses insinuations, comme à ses attaques, et ne
laissera point ébranler son courage. Sa règle constante doit être
d'avoir le moins de communications que possible avec l'ennemi. Il
aura toujours devant les yeux les conséquences inévitables d'une
contravention à nos ordres ou d'une négligence à remplir les devoirs qui
lui sont imposés. Il n'oubliera jamais qu'une conduite différente lui
ferait perdre notre estime et encourir toute la sévérité des lois
militaires, qui condamnent à mort tout commandant et son état-major,
s'il livre la place sans avoir fixé l'impossibilité de soutenir un
second assaut, et s'il n'a satisfait à toutes les obligations qui lui
sont imposées par notre décret du 24 décembre 1811. Enfin, nous voulons
et entendons qu'il coure les hasards d'un assaut, pour prolonger la
défense et augmenter la perte de l'ennemi. Il songera qu'un Français
doit compter sa vie pour rien, si elle doit être mise en balance avec
son honneur, et que cette idée doit être le mobile de toutes ses
actions; la reddition de la place ne devant être que le dernier terme
de tous ses efforts, et le résultat d'une impossibilité absolue de
résister, nous lui défendons d'avancer cet événement malheureux par son
consentement, ne fût-ce que d'une heure, et sous le prétexte d'obtenir
par là une capitulation plus honorable.
Nous voulons que toutes les fois que le conseil de défense sera réuni
pour consulter sur les opérations, il y soit fait lecture desdites
lettres-patentes, à haute et intelligible voix.
Donné au palais de l'Elysée, le neuvième jour du mois de juin de l'an de
grâce mil huit cent quinze.