INSTALLATIONS DANS LES HOPITAUX ET VOITURES RADIOLOGIQUES

Nous avons vu comment est composé un appareillage radiologique. Voyons

maintenant quelles sont les conditions de son installation dans un

hôpital où il doit être utilisé.

Pour alimenter le primaire du transformateur, il faut disposer d'une

source d'électricité pouvant fournir du courant électrique sous une

tension de 100 à 200 volts. Nous ne pourrons installer les appareils que

si l'hôpital dispose d'une distribution d'électricité, ou si celle-ci se

trouve à proximité et peut facilement être amenée sur place.

Les distributions de courant que l'on trouve en France ne sont pas d'un

type uniforme. Le courant distribué est soit continu, soit alternatif:

la tension ou _voltage_ présente également des différences. Il en

résulte une certaine difficulté pour la généralisation des postes

radiologiques, car les appareils doivent être adaptés à la forme du

courant en divers détails de leur construction; ils ne peuvent donc

être considérés comme interchangeables.

Quand aucune distribution d'électricité ne se trouve dans le voisinage,

on a recours à l'usage d'un _groupe électrogène_, composé d'une dynamo

actionnée par un moteur fonctionnant au gaz ou à l'essence. L'emploi de

groupes à essence s'est particulièrement généralisé pendant la guerre,

pour l'éclairage et le service radiologique des hôpitaux du front. Un

groupe électrogène pouvant fournir un courant de 25 ampères sous une

tension de 110 volts (puissance 3 kilowatts ou 4 chevaux environ),

convient parfaitement pour alimenter un poste radiologique; on peut même

se contenter d'une puissance de 1 à 2 kilowatts pour la plupart des

besoins. Ces groupes ne sont donc ni très lourds ni très encombrants,

et peuvent être transportés sur de fortes voitures. La plupart d'entre

eux étaient d'un type à courant continu, de sorte que les appareils

radiologiques à courant continu sont devenus également les plus nombreux.

Les postes radiologiques de ce type ont, d'ailleurs, pu être alimentés,

en cas de besoin, par le courant alternatif fourni par des stations

électriques. Pour obtenir cette adaptation, on place dans le circuit

primaire une _soupape électrolytique,_ appareil extrêmement simple,

composé de deux électrodes, l'une en aluminium, l'autre en fer,

plongeant dans une solution de carbonate de soude contenue dans un petit

bac; une telle soupape ne laisse passer le courant que dans un seul

sens, du fer à l'aluminium; elle supprime donc l'une des deux phases du

courant alternatif et convertit celui-ci en courant interrompu, mais de

direction invariable.

Dans de petites villes, plusieurs hôpitaux ont eu recours à des groupes

électrogènes, pour suppléer à un manque de distribution électrique. Dans

la zone des armées, ces groupes ont été d'abord peu nombreux, tant que

le Service de Santé était assuré principalement par des ambulances. Mais

le système des ambulances a été peu à peu remplacé par celui de grands

hôpitaux en baraquements qui tous utilisaient des groupes électrogènes

pour leur éclairage; ces mêmes groupes alimentaient les postes

radiologiques.

Quand le problème fondamental de l'alimentation en courant électrique

a été résolu, il reste à installer la _salle de radiologie_ ou

_laboratoire radiologique_. Il est nécessaire de disposer pour cela

d'une pièce assez spacieuse si possible, dans laquelle on doit pouvoir

faire l'obscurité complète, au moyen de rideaux bien agencés. Dans cette

pièce, on installe sur une table ou sur une planche fixée au mur le

transformateur, le tableau de commande et l'interrupteur. On a avantage

également à y établir un _trolley_ composé de 2 fils parallèles tendu

entre des supports isolants fixés aux murs opposés. On fait communiquer

ces fils avec les pôles du circuit secondaire du transformateur, et l'on

s'en sert pour assurer au moyen de contacts glissants, les connexions

avec l'ampoule à rayons X. L'aménagement se compose ensuite de la table

radiologique et du pied porte-ampoule placé auprès de celle-ci (planche

III). Les accessoires sont contenus, si possible, dans une armoire.

Enfin, il faut adjoindre à la salle de radiologie, une chambre noire

pour photographie, pour le développement des plaques radiographiques,

avec installation d'eau et éclairage spécial. Il est utile que la

salle de radiologie et le cabinet de photographie aient leurs parois

recouvertes de peinture brune, pour que les défauts d'obscurité soient

moins à craindre.

[Illustration: Planche III.--Salle de radiographie de l'hôpital n°

112 à Amiens, installé en baraquements (année 1916). On aperçoit

l'appareillage, la table de radiographie, le pied porte-ampoule et le

trolley.]

L'installation des appareils dans la salle n'offre pas de grandes

difficultés. Une personne compétente peut, en un jour ou deux, suivant

les cas, réaliser un aménagement très satisfaisant.

Au point de vue de leur puissance, les appareils utilisés dans ces

postes fixes aux hôpitaux pouvaient être de types différents. On peut,

en particulier, parmi les appareils à interrupteur, distinguer le type

_normal_ et le type _intensif_. Je désigne par normal un appareil qui

permet d'obtenir dans l'ampoule un courant de deux à trois milliampères

sous une tension d'environ 50.000 volts (10 centimètres environ

d'étincelle équivalente, mesurée au spintermètre à pointes de forme

usuelle). Les appareils intensifs permettent d'obtenir une puissance

trois ou quatre fois plus grande. Il existe des appareils plus puissants

encore, qui sont utilisés dans les services centraux importants et qui

permettent d'atteindre 20, 50 ou même 100 milliampères sous une tension

suffisante pour le travail radiologique.

Avec une grande intensité de rayonnement, on peut obtenir des

radiographies rapides et même presque instantanées, ce qui est un

grand avantage quand il s'agit de radiographier une région qui ne

peut être immobilisée, par exemple la région thoracique soumise aux

mouvements respiratoires. L'intensité est également nécessaire pour

la radiothérapie. Mais si les appareils intensifs ont leurs mérites

incontestables, ils sont, en revanche, plus coûteux, plus encombrants et

plus lourds que les appareils normaux.

Au début de la guerre, les ressources en radiologie étaient tout à

fait précaires, et il s'agissait de réaliser au plus tôt un service

radiologique de première nécessité pour les hôpitaux du territoire

et de la zone des armées. L'utilisation des appareils normaux qui

permettent de faire face à la plupart des besoins, et qui, de plus,

peuvent facilement être transportés, s'imposait donc à cette époque.

Partant de ce point de vue, j'ai dirigé les ressources du Patronage

National des Blessés presque exclusivement vers la distribution de

ces postes normaux dont environ 200 ont été établis par cette Œuvre.

A une époque plus avancée de la guerre, quand un matériel important

s'est trouvé constitué, le Service de Santé distribua un certain nombre

de postes intensifs, mais même alors il semblait légitime d'employer

principalement les ressources de l'initiative privée à la distribution

de postes normaux, pour satisfaire aux besoins les plus urgents qui

continuaient à se manifester. Le but qu'il ne convenait pas de perdre de

vue était, en effet, de procurer le bénéfice de l'examen radiologique à

tous les blessés sans exception.

* * * * *

VOITURES RADIOLOGIQUES.--J'arrive maintenant à la description du rôle

très important qui a appartenu, dans la radiologie de guerre, aux

voitures radiologiques.

Nous avons vu qu'au début de la guerre, l'appareillage radiologique

faisait défaut, et il paraissait légitime de réserver les premières

installations fixes aux hôpitaux importants. D'autre part, les nombreux

hôpitaux militaires et auxiliaires (Croix Rouge) qui se sont constitués

dès le début de la guerre et au courant de celle-ci, occupaient dans

bien des cas des locaux de fortune qui ne disposaient pas de courant

électrique: tel était, par exemple, le cas de la plupart des écoles

dont on sait l'utilisation pour les services hospitaliers. Ainsi des

formations, répandues dans toute la France pour recevoir les blessés

qui affluaient du front, se trouvaient sans installation radiologique

et sans possibilité d'en établir une à bref délai. D'un autre côté, les

ambulances qui ont assuré au début de la guerre le service de santé des

armées, occupaient des locaux provisoires où l'installation radiologique

paraissait d'autant moins indiquée que l'on devait toujours s'attendre

à un départ possible. Ainsi, le plan d'organisation primitif comportait

un fonctionnement général des hôpitaux et ambulances, en arrière du

front et près du front, sans le secours de la radiologie. Pourtant quand

apparut clairement l'énormité de la tâche consistant à soigner les

blessés de cette guerre, l'aide merveilleuse des rayons X fut chaque

jour mieux comprise, mieux appréciée et chaque jour plus demandée. C'est

à cette situation que les voitures radiologiques sont venues apporter un

remède et une solution provisoire. Elément actif et bienfaisant, elles

ont assumé pendant les premières années de la guerre la plus grande

partie de la charge du service radiologique.

Une voiture radiologique, généralement automobile, transporte un

appareillage complet pour l'examen des blessés. Elle doit donc contenir

d'une part, la source d'électricité, d'autre part, les appareils

principaux ainsi que tous les accessoires indispensables. La production

de courant peut être assurée par un groupe électrogène installé à

poste fixe sur la voiture. Ce groupe ne doit être ni très lourd, ni

très encombrant, cependant, en raison de la puissance qui lui est

demandée, il ne peut guère peser moins de 100 kilogrammes. On le place

soit à l'avant de la voiture, soit à l'intérieur de la caisse qui sert

de carrosserie. Au lieu d'employer un groupe électrogène, on peut se

servir du moteur de la voiture pour entraîner une dynamo placée à

l'avant ou bien sur le marchepied. Les avantages de ce dispositif se

voient immédiatement: en remplaçant le groupe par une dynamo, on réduit

le poids de moitié, et l'on diminue l'encombrement, ce qui permet

d'employer une voiture plus légère et plus rapide; la dynamo d'ailleurs

coûtait beaucoup moins que le groupe et était beaucoup plus facile à

trouver au début de la guerre. On pouvait donc, par ce moyen, équiper

une voiture quelconque, sans même exiger une carrosserie spéciale.

Les appareils principaux, convenablement attachés, peuvent être

transportés dans une carrosserie de limousine qui peut, en outre,

contenir deux ou trois caisses avec les accessoires. On dispose le

tout, de manière à réserver à l'intérieur une place pour le médecin

radiologiste, tandis qu'un aide prend place à côté du conducteur.

Si la carrosserie est à construire, on rétablit sous forme de caisse,

comme pour une voiture de livraison spacieuse. Elle reçoit un

aménagement propre à l'installation des appareils et des caisses. De

plus, il est bon qu'après fermeture de la porte, l'obscurité y soit

complète, pour que, en cas de besoin, on puisse y développer les plaques

radiographiques. Les trois personnes qui composent l'équipe occupent la

banquette à l'avant de la voiture.

Bien que l'utilisation du moteur de la voiture pour l'entraînement de

la dynamo puisse rendre souvent de grands services, on doit néanmoins

reconnaître que ce système comporte des inconvénients, dont les

principaux sont la dépense d'essence relativement élevée et la nécessité

de faire travailler le moteur de la voiture aussi bien pendant la

circulation entre les hôpitaux qu'à l'arrêt, puisque le moteur doit

entraîner la dynamo pendant la durée du service. Une bonne voiture,

entre les mains d'un bon conducteur, peut, d'ailleurs être ainsi

utilisée sans inconvénient. Si, cependant, la voiture circule peu et

travaille la plus grande partie de la journée à l'arrêt, l'emploi d'un

groupe électrogène est plus rationnel et plus économique.

Au début de la guerre, il s'agissait surtout d'assurer un service

rapide, avec les moyens disponibles, tandis que l'essence ne manquait

pas et n'était guère économisée. La voiture entraînant une dynamo par

son moteur était alors tout indiquée.

J'ai réussi, moi-même, à équiper 18 de ces voitures, grâce à des dons

particuliers et aux ressources du Patronage National des Blessés.

Plusieurs châssis ont été mis à ma disposition par de généreux donateurs

ou donatrices dont certaines ont bien voulu aussi faire les frais de

l'appareillage. Presque toutes ces voitures, offertes au Service de

Santé à une époque de besoin urgent, ont fait un service considérable,

et si quelques-unes ont été usées, d'autres ont continué leur service

jusqu'à la fin de la guerre et même au delà.

Il m'est agréable de rappeler ici que la première des voitures

radiologiques établies sur mon initiative a été fournie par l'Union

des Femmes de France et équipée à ses frais. Cette petite voiture

à carrosserie ordinaire, ne portant que l'appareillage strictement

nécessaire, a, sans aucun doute, laissé de nombreux souvenirs dans la

région parisienne. Desservie d'abord par un personnel bénévole, anciens

élèves de l'École Normale ou professeurs, ensuite régulièrement attachée

au Val-de-Grâce, elle a assuré seule le service du camp retranché de

Paris pendant la plus grande partie de la guerre, en particulier lors de

l'affluence de blessés qui se produisit en septembre 1914 à la suite de

la bataille de la Marne.

Une autre voiture à carrosserie de limousine, équipée aussitôt après

dans mon laboratoire m'a été d'un secours précieux pendant toute

la guerre. Elle m'a permis de transporter fréquemment du matériel

radiologique demandé par des hôpitaux de l'armée et du territoire,

ainsi que d'assurer un service temporaire dans diverses circonstances.

La planche IV représente l'une des voitures suivantes qui a fourni un

service particulièrement intensif dans la zone des armées.

En même temps que des voitures relativement légères étaient offertes

par l'initiative privée, le Service de Santé équipait des camions

radiologiques à groupes électrogènes dont le nombre, peu à peu, devint

important. Ces équipages, munis d'un matériel très complet, furent

distribués principalement dans la zone des armées où ils assurèrent,

quand ils furent assez nombreux, un service radiologique permanent

et régulier. Toutefois, dans les dernières années de la guerre, ce

service ne comportait que peu de déplacements. J'ai déjà eu l'occasion

de parler des grands centres hospitaliers qui ont été établis dans

la zone des armées et qui utilisaient le personnel de plusieurs

ambulances immobilisées. A ces formations venaient se joindre les postes

radiologiques mobiles, pour travailler sur place, souvent pendant

plusieurs mois.

[Illustration: PLANCHE IV.--Voiture radiologique et équipe. On voit sur

le marchepied de la voiture la dynamo qui peut être entraînée par le

moteur.]

[Illustration: PLANCHE IV.--Appareillage transporté par la voiture

radiologique, disposé pour le fonctionnement. On voit, dans leurs

boîtes, les appareils qui servent pour transformer le courant de basse

tension fourni par la dynamo, en courant de haute tension propre à

alimenter l'ampoule. On voit, de plus, la table, le pied porte-ampoule,

l'ampoule et la soupape, ainsi que les caisses d'emballage.]

Le mode de fonctionnement des voitures légères dans la zone des armées

subit une évolution analogue. Alors qu'à leurs débuts, elles avaient

à se déplacer fréquemment dans un rayon de plus de 100 kilomètres,

en vue de service urgent, plus tard, elles se trouvèrent libérées de

cette tâche par la multiplication des installations radiologiques

fixes et des camions automobiles fonctionnant comme postes demi-fixes.

C'est seulement dans certaines régions du territoire, que de grands

déplacements ont pu encore rester nécessaires alors que le matériel

était déjà devenu très abondant aux armées.

Évoquons ici, en quelques lignes, cette vie des voitures radiologiques,

vie que j'ai pu suivre d'assez près, pour apprécier l'œuvre accomplie

par le personnel avec autant d'initiative que de dévouement:

Avisée d'un besoin pressant, la voiture radiologique part pour son

service, emportant son matériel complet et sa provision d'essence.

Cela ne l'empêche pas de se déplacer à la vitesse de 50 kilomètres à

l'heure quand l'état de la route le permet. Le personnel se compose

d'un médecin, d'un manipulateur et d'un chauffeur, mais dans une

bonne équipe chacun fait plus que son métier. Voici la voiture rendue

à destination; elle était attendue avec impatience pour l'examen de

blessés nouvellement arrivés à l'hôpital. Il s'agit de se mettre au

travail le plus tôt possible. On descend les caisses et les appareils

et on les porte dans la salle où l'on s'en servira. Le chauffeur

prépare le groupe ou la dynamo, et établit au moyen d'un long câble

(25 mètres suffisent, en général, à tous les besoins) la communication

avec les appareils que le manipulateur dispose dans la salle. Avec

l'aide d'infirmiers on pose aux fenêtres les rideaux noirs apportés par

la voiture, ou les couvertures de l'hôpital. Le manipulateur et son

chef, d'un coup d'œil, choisissent la disposition des appareils, ils

les placent, ils assemblent les pièces démontables de la table et du

pied porte-ampoule, installent l'ampoule et la soupape, établissent les

connexions. On remplit la turbine de gaz d'éclairage pris à un tuyau ou

apporté par la voiture dans une poche à gaz de 25 litres. Un signe au

chauffeur: voici la dynamo en fonctionnement et l'on envoie un courant

d'essai dans l'ampoule. Si elle donne satisfaction, tant mieux; si non,

on procède rapidement à un réglage délicat, ou bien on prend une ampoule

de secours. On prépare l'écran radioscopique, et toute sorte de petits

accessoires à portée de la main: papier, crayons, gants et lunettes de

protection, fil à plomb; on dispose à l'abri des rayons les plaques et

châssis et on place dans le cabinet de photographie les bains qu'on a

apportés; quelquefois le cabinet lui-même doit être préparé avec des

rideaux. Enfin tout est prêt. Si l'on n'a pas eu de déboires et si l'on

se trouve dans un endroit connu, l'installation a pu être faite en une

demi-heure. Il est rare qu'elle demande une heure.

C'est le moment de se mettre au travail avec les médecins et les

chirurgiens de l'hôpital ou de l'ambulance. On apporte les blessés sur

des brancards ou bien l'on fait venir ceux qui sont moins atteints. On

fait les examens radioscopiques, on prend des clichés, quelquefois on

opère sous les rayons. Un aide inscrit toutes les observations. Cela

dure autant qu'il est nécessaire, l'heure est oubliée, seul importe le

souci d'achever la besogne. Quelquefois un cas difficile occasionne un

retard, d'autres fois le travail progresse rapidement. Enfin, la tâche

est finie. On emballe le matériel dans les caisses, et l'on retourne à

son port d'attache, pour recommencer le même jour ou bien le lendemain.

On comprend facilement que dans ces conditions de travail, une équipe

radiologique pouvait acquérir une expérience considérable ainsi que

l'habitude de «se débrouiller», faire face à toutes les éventualités.

Aussi, quand le service de circulation se fut ralenti en raison de la

multiplication des postes fixes et demi-fixes aux armées, les équipages

mobiles qui avaient rendu les plus grands services ont été constitués

en «équipes de perfectionnement» pour visiter les nouveaux postes, pour

conseiller le personnel et pour contrôler le fonctionnement.

Pour le service de circulation, des voitures légères sont assurément

d'un emploi plus facile. Aussi je pense, qu'à côté des voitures massives

et solides, on devrait toujours conserver un type de voiture très

mobile pour le secours d'urgence. Parmi les voitures radiologiques du

Patronage, la plus légère emportait un matériel de 250 kilos, suffisant

pour les besoins; c'était un petit châssis à carrosserie très légère,

pouvant passer dans des chemins étroits et circulant avec rapidité;

plusieurs chefs de service aux armées m'ont exprimé le vif désir de

disposer de voitures de ce genre pour un service rapide.

Il convient de remarquer que les voitures radiologiques peuvent, dans

certains cas, utiliser le courant électrique des hôpitaux où elles

viennent travailler. Elles ne servent alors que pour transporter le

matériel et le personnel, et s'il s'agit de petites distances dans une

ville et dans ses environs, une voiture à cheval peut remplacer une

voiture automobile.

Les voitures radiologiques qui ont fourni un travail intensif pendant

la guerre (certaines ont permis d'examiner 10 000 blessés et davantage)

ne sont pas condamnées à disparaître dans la période de paix. Elles

continueront à être utilisées, d'abord dans les régions libérées,

puis dans toute la France et ses colonies, pour assurer l'examen

radiologique de malades non transportables dans des localités dépourvues

de postes fixes, et pour suppléer comme postes de secours aux arrêts de

fonctionnement des postes fixes par suite d'accidents. Ainsi pourra-t-on

tirer parti de l'acquit que cette forme particulièrement active du

service de radiologie doit à la guerre.

La Radiologie et La Guerre · 第 8 / 21 题