[1: La place de cette lettre, comme de beaucoup d'autres, est marquée à
la fin du livre, aux autographes dont la collection fera mieux que toute
autre étude apprécier le genre d'esprit de mademoiselle Mars.]
[2: _Débats_, du 13 avril 1840.]
[3: M. Bertin.]
[4: Août 1829.]
[5: Le mot ridicule que l'on prête à Mademoiselle Mars au sujet d'une
prétendue cabale des gardes-du-corps contre elle:
«Il n'y a rien de commun entre _Mars_ et Messieurs les gardes-du-corps?»
est de toute fausseté.--Le seul homme que Mademoiselle Mars ait
cruellement relevé au sujet de ses violettes est M. Papillon de la
Ferté. Cet intendant des Menus lui ayant demandé un certain jour quand
elle cesserait de porter des violettes?
Mademoiselle Mars lui répondit:
«Quand les papillons seront des aigles!» ]
[6: Celui-ci est assez vert, et il peint en même temps mademoiselle
Mars. Un ancien acteur de la Comédie-Française qui jouait les valets à
sa façon, c'est-à-dire fort mal, dit un jour assez rudement à Célimène
qui venait d'entrer au foyer, de fermer sa porte. Mademoiselle Mars
obéit. En revenant s'asseoir elle se contenta de dire: J'avais oublié,
Monsieur, qu'il n'y avait plus de valets à la Comédie.]
[7: M. de Salvandy prononça quelques paroles touchantes sur cette tombe;
elles méritent d'être rappelées et font honneur à sa vive amitié pour
mademoiselle Mars.]
[8: Elle n'avait de plus que 3,000 francs comme inspectrice du
Conservatoire.]
[9: Dans ce testament de mademoiselle Mars, son fils, M. Alphonse
Brummer, est institué son légataire universel.
Il contient entre autres legs une bague pour Armand. Armand, le comédien
par excellence, avait été, on le sait, bien longtemps l'ami de
mademoiselle Mars. Retiré à Versailles depuis longues années, il n'a pas
appris cette perte sans un vif sentiment de douleur.]
[10: A. Soumet.]
[11: La pièce de l'_Amant bourru_, comédie en trois actes et en vers
libres, représentée par les comédiens ordinaires du roi, le mercredi 14
août 1777, est dédiée à la reine, avec une lettre portant pour
signature: BOUTET DE MONVEL. Il est assez étrange que les biographes
n'aient jamais consigné ce _de_. La brochure que nous tenons en main
(imprimée chez la veuve Duchesne, rue Saint-Jacques, au Temple du Goût),
porte la date de 1777, ainsi que la permission de M. Lenoir,
lieutenant-général de police. Que durant la Révolution on ait raccourci
Monvel de ce _de_, passe encore; mais que les _Fastes de la Comédie
Française_, imprimés en 1821, n'en disent pas un mot, c'est un oubli au
moins singulier. Ce même livre l'appelle _Bouvet_ au lieu de _Boutet_.
Monvel était-il noble, se demanderont nos lecteurs, ou seulement
_bourgeois de Paris_, comme il s'intitule plus tard dans l'acte de
naissance de sa fille? S'il n'était pas noble, il faudrait recourir à
une supposition d'état inouïe vis-à-vis de sa signature, adressée à la
reine mère. Mais que l'on se rassure, Monvel s'était vu anobli par le
roi de Suède; les preuves de cet anoblissement subsistent. On sait que
ce prince le nomma son lecteur, et il nous sera facile de prouver, en
temps et lieu, quelle part Monvel eut constamment dans ses amitiés, d'un
choix si difficile. Les pseudonymes d'auteurs et d'acteurs ont été
fréquents, et ils le sont encore aujourd'hui; nous pensons, nous, que
Monvel n'y eut point recours; dans tous, les cas, se fût-il nommé
simplement _Boutet_, il n'eût fait que suivre l'exemple des auteurs
suivants:
Poquelin (Molière), Carton (Dancourt), Arouet (Voltaire), Fusée
(Voisenon), Leclerc (de Buffon), Carlet (Marivaux), Jolyot (de
Crébillon), Burette (du Belloy), Chassebœuf (Volney), etc, etc.
Monvel eut beaucoup d'enfants naturels. Un de ses fils, qui portait son
nom, était secrétaire de Cambacérès. Ce ministre l'appelait toujours à
sa table M. _de_ Monvel.]
[12: Cette faute existe.]
[13: En 1830, on supprima cette pension de 500 livres à mademoiselle
Mars. Elle en reçut la nouvelle, sans faire paraître la moindre émotion.
--Eh bien! oui, disait-elle à un ami qui lui parlait de cette
suppression,--c'est vrai, ils m'ont supprimé _mes bonbons_, mais je ne
suis plus d'âge à en demander.]
[14: 20 frimaire de l'an XI (samedi 11 décembre 1802.)]
[15: Monvel revint de Suède en 1788.]
[16: Mademoiselle Mars a toujours conservé dans ses divers appartements
deux portraits de sa mère, l'un fait à l'âge de quinze ans, l'autre à
celui de vingt-cinq. Le premier représente une jeune fille ravissante
avec une coiffure à racines droites, robe blanche à échelle de roses
pompon, petit ruban de velours noir autour du cou, une vraie bergère de
trumeau du temps de Louis XV. L'autre, dont la perruque poudrée fait
plus la corbeille et se termine en boucles déroulées sur ses épaules, a
une couronne de roses sur le côté. Deux signes délicieux, placés comme
deux mouches sur ce visage exquis, en réveillent un peu l'aspect
langoureux et nonchalant. Les deux cadres de ces portraits sont ovales
et parfilés de grosses perles.]
[17: Dans ce rôle, Molé, se jetant aux genoux de la comtesse,
parcourait, à proprement parler, une partie du théâtre sur ses genoux,
dans la chaleur de son jeu.]
[18: _Si vis me flere, dolendum est primo ipse tibi_.]
[19: Andrieux avait la voix très faible, un filet de voix, comme chacun
sait; c'était Monvel qui lisait et faisait valoir à l'Institut ses
épîtres en vers.]
[20: L'_Émigrante ou le Père Jacobin_, comédie en trois actes en vers,
jouée le 25 octobre 1792, au Théâtre de la République; le _Modéré_,
comédie en un acte et en vers, au même théâtre, 30 octobre 1793.]
[21: MM. Samson, de la Comédie-Française, et Lockroy, à qui nous devons
de charmantes pièces.]
[22: Mademoiselle Mars joua _Louison_.]
[23: Mademoiselle Mars aînée prit le nom de madame Salvetat; elle jouait
à Montansier, où parut mademoiselle Mars à treize ans (1792). Elle
laissa en mourant sa fortune (18,000 livres de rente) à sa sœur.]
[24: 1791.]
[25: Ce ne fut en effet que vers trente ans que mademoiselle Mars devint
une femme véritablement complète au point de vue des formes et de
l'optique théâtrale; jusque-là elle était fort maigre, et n'avait pour
elle que l'éclat de ses beaux yeux noirs et profonds. Le peintre
Lagrenée, l'admirant un jour à cette époque dans sa loge, lui disait
qu'elle n'avait pas perdu pour attendre.--«Je désespérais d'être jamais
belle, répondit-elle; mais c'est à Paris que la Providence est plus
grande qu'ailleurs, me voilà grasse!»]
[26: Les vengeances d'acteurs fourniraient à elles seules un chapitre
très étendu. Ce même abbé Geoffroy, mis en scène par Dugazon, eut à
subir, de la part de Talma et de mademoiselle Contat, des représailles
plus directes.
On sait que Talma se fit ouvrir un soir une loge que Geoffroy occupait
aux Français, et qu'il l'apostropha d'abord en termes assez durs au
sujet des articles que publiait contre lui le feuilletoniste. Il y eut
même voie de fait, et à cette occasion deux lettres parurent dans les
journaux le lendemain, l'une de Talma, l'autre de Geoffroy.
Mademoiselle Contat ne se montra pas moins rancunière envers le même
critique. L'éventail de Célimène devint entre ses mains une arme
vengeresse, et elle aussi s'étant fait ouvrir la loge de l'abbé, elle se
vengea de ses épigrammes en le couvrant des paillettes brisées de son
éventail. De compte fait, l'abbé avait donc pleinement satisfait aux
préceptes de l'Évangile, il avait tendu la joue gauche et la joue droite
aux deux premiers talents de la Comédie.]
[27: À Trianon, presque tous les proverbes exécutés par la reine étaient
de sa composition, et il les faisait répéter lui-même.]
[28: Le foyer de la Comédie-Française possède un fort beau portrait de
Grandménil dans l'_Avare_.]
[29: 1791. Ce divertissement est imprimé.]
[30: Grammont abandonna la scène pour les armes; il jouait à Montansier
avec Valville; il devint général de la République, et il fut
guillotiné.]
[31: En effet, Monvel fut inconstant avec la Comédie. Il partit pour la
Suède, où il demeura plusieurs années. Les motifs de ce départ si
brusque seront expliqués plus tard.]
[32: N. de Bièvre était petit-fils de Georges Mareschal, premier
chirurgien de Louis XIV, lequel Mareschal enserra cette place sous Louis
XV, qui lui accorda des lettres de noblesse pour avoir contribué, avec
Lapeyronie, à la fondation de l'Académie de chirurgie.--Il avait à
Bièvre, village à deux lieues de Versailles, un fort beau château, qui
passa à ses descendants, et que Louis XIV érigea en marquisat.]
[33: V. Mémoires de Dazincourt.]
[34: Hamilton, on le sait, comparait leur teint à du lait dans lequel on
aurait effeuillé des roses.]
[35: Il offrit pourtant à mademoiselle Olivier Rosalie dans le
_Séducteur_; elle y mit un abandon touchant et une grâce incomparable.]
[36: Ordre de M. Lenoir, lieutenant de police.]
[37: 27 avril 1784. Beaumarchais disait ce soir-là même à Rivarol:
Plaignez-moi un peu, mon cher! j'ai tant couru ce matin auprès des
ministres, auprès de la police, que j'en ai les cuisses rompues!
--Quoi déjà! repartit Rivarol toujours méchant.]
[38: Ce fut Beaumarchais qui devina mademoiselle Contat; jusque-là cette
comédienne n'avait joué que des rôles fort secondaires. Celui de
_Suzanne_ la révéla au public.]
[39: C'est ce même Beaumarchais qui, déclinant l'honneur d'un duel avec
un homme de condition médiocre, lui disait:--J'ai refusé mieux!]
[40: Mademoiselle Mars joua les trois rôles, Chérubin, Suzanne, la
comtesse.]
[41: Nous n'écrivons pas ici la _Chronique scandaleuse_; on ne trouvera
donc aucun détail sur l'attachement de Dazincourt pour mademoiselle
Olivier, ni sur ses relations avec la princesse Sh...]
[42: Un des traits les plus curieux de Dazincourt à la scène, le seul
dont nous prendrons texte pour donner une idée de son respect religieux
pour la tradition, est celui-ci:
À la suite d'une représentation de _Polixène_ (tragédie qui n'en eut que
quatre), on en donnait une de l'_Homme à bonnes fortunes_, de Baron,
dans l'hiver de l'an XII; Dazincourt y jouait Pasquin. Un étourdi du
parterre venu probablement pour siffler la tragédie, et mécontent, sans
doute, d'avoir été contenu par les nombreux amis de l'auteur, crut se
dédommager en sifflant Dazincourt dans l'instant d'un lazzi consacré par
la tradition. On sait qu'au moment où Pasquin fait sa toilette, il
inonde son mouchoir d'eau de Cologne, le tord ensuite, et en exprime le
contenu sur la tête du souffleur qui, d'avance, a grand soin de faire le
plongeon. Le connaisseur prétendu lâcha à cet endroit un coup de
sifflet. Sans rien perdre de sa fermeté, Dazincourt s'avance sur le bord
de la rampe, et, s'adressant au parterre: «Messieurs, dit-il, lorsque
Préville jouait ce rôle, il faisait ce que je viens de faire, et il
était applaudi par tout ce qu'il y avait de mieux en France.»