LES GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS

ÉTUDES SUR LA VIE LES ŒUVRES ET L’INFLUENCE DES PRINCIPAUX AUTEURS DE

NOTRE LITTÉRATURE

Notre siècle a eu, dès son début, et léguera au siècle prochain un goût

profond pour les recherches historiques. Il s’y est livré avec une

ardeur, une méthode et un succès que les âges antérieurs n’avaient pas

connus. L’histoire du globe et de ses habitants a été refaite en entier;

la pioche de l’archéologue a rendu à la lumière les os des guerriers de

Mycènes et le propre visage de Sésostris. Les ruines expliquées, les

hiéroglyphes traduits ont permis de reconstituer l’existence des

illustres morts, parfois de pénétrer jusque dans leur âme.

Avec une passion plus intense encore, parce qu’elle était mêlée de

tendresse, notre siècle s’est appliqué à faire revivre les grands

écrivains de toutes les littératures, dépositaires du génie des nations,

interprètes de la pensée des peuples. Il n’a pas manqué en France

d’érudits pour s’occuper de cette tâche; on a publié les œuvres et

débrouillé la biographie de ces hommes fameux que nous chérissons comme

des ancêtres et qui ont contribué, plus même que les princes et les

capitaines, à la formation de la France moderne, pour ne pas dire du

monde moderne.

Car c’est là une de nos gloires, l’œuvre de la France a été accomplie

moins par les armes que par la pensée, et l’action de notre pays sur le

monde a toujours été indépendante de ses triomphes militaires: on l’a

vue prépondérante aux heures les plus douloureuses de l’histoire

nationale. C’est pourquoi les maîtres esprits de notre littérature

intéressent non seulement leurs descendants directs, mais encore une

nombreuse postérité européenne éparse au delà des frontières.

* * * * *

Depuis que ces lignes ont été écrites, en avril 1887, la collection a

reçu la plus précieuse consécration. L’Académie française a bien voulu

lui décerner une médaille d’or sur la fondation Botta. «Parmi les

ouvrages présentés à ce concours, a dit M. Camille Doucet dans son

rapport, l’Académie avait distingué en première ligne la _Collection des

Grands Ecrivains français_.... Cette importante publication ne rentrait

pas entièrement dans les conditions du programme, mais elle méritait un

témoignage particulier d’estime et de sympathie. L’Académie le lui

donne.» (Rapport sur le concours de 1894.)

La vie en France au moyen âge d'après quelques moralistes du temps · 第 61 / 69 题