LES SCANDALES AU PALAIS DE JUSTICE SOUS LA TERREUR

Nous avons, dans le chapitre Ier de ce livre, parlé de l'envahissement

du Palais de justice par les filles publiques, les filous et de moins

recommandables citoyens. Mais les rapports des observateurs de police ne

signalaient que des incidents, des faits isolés, quelques scandales dont

ils avaient, personnellement, été témoins. Sur l'état général du Palais,

sur sa physionomie particulière et intime, nous avons un autre document

d'un intérêt bien plus considérable en cette matière. C'est la plainte

adressée au ministre de la justice par les membres du Comité civil et de

police de la Section Révolutionnaire. Mais, outre les scandales qu'elle

signale, cette pièce demeure surtout curieuse par le règlement de police

qu'elle propose et qui exclut, à la fois, du Palais, les chiens («ou

autres quadrupèdes»), les filles publiques et les bonnes d'enfants.

Nous donnons _in extenso_ ce document inédit qui éclaire si

singulièrement ce dessous de la vie publique de la Terreur et cet à-côté

de la vie judiciaire.

[Illustration: La première page de la plainte de la _Section

Révolutionnaire_ au ministre de la justice.

(_Archives Nationales._)]

Les Filles Publiques sous la Terreur D'après les rapports de la police secrète, des documents nouveaux et des pièces inédites tirées des Archives Nationales · 第 46 / 53 题