AU BORD DU DÉSERT

Les coteaux secs, rongés du soleil, pleins de trous,

Vont mourant vers la plaine en monticules roux;

La plaine montueuse, où le désert commence,

C’est déjà l’abandon, la solitude immense.

On a, pour y venir, passé des monts affreux,

Où les maigres chacals se dévorent entre eux,

Tant l’âpre sécheresse y dépeuple la roche.

La désolation du grand désert est proche;

Là, tout, l’oiseau lui-même, alouette ou perdrix,

Tout est couleur de sable;--et pelés, fauves, gris,

Et bossus, les chameaux, en troupe ou solitaires,

Sont des morceaux vivants de ces étranges terres.

Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe · 第 51 / 87 题