Un dernier mot au sujet des autruches: elles sont encore assez
abondantes en Afrique mais sont appelées à disparaître partout en dehors
des réserves. Elles ont disparu spontanément du Sahara sans qu'on puisse
en connaître la cause, probablement par suite d'une fatalité qui plane
sur toutes les espèces géantes. Elles disparaîtront ailleurs pour
d'autres raisons qui sont la chasse et la recherche trop active de leurs
oufs. Il n'y aura évidemment là que demi-mal puisqu'on est entré partout
dans la voie de leur domestication, source de richesse future pour nos
possessions africaines. D'ailleurs, l'autruche est rustique et
s'accommode des climats froids: je l'ai rencontrée à 2.000 mètres
d'altitude; dans le midi de la France il existe une ferme d'autruches,
et à Hambourg même elles résistent admirablement aux températures
hivernales.
Puissent ces quelques notes de voyage décider les amateurs de chasses
fructueuses, ainsi que les admirateurs de nature sauvage et primitive, à
organiser des expéditions cynégétiques dans ces régions privilégiées.
Mais je conseille à ces lecteurs de se hâter s'ils ne veulent pas
arriver trop tard.
La civilisation qui marche à pas de géant fait disparaître les animaux,
abat les arbres, détruit toute couleur locale. C'est le sort qui attend,
comme tant d'autres, ces contrées si admirables par le nombre et la
variété de leur faune.