25 juin.

Le premier après-midi du président fut consacré aux visites au roi et à

la reine, à Buckingham palace; à la reine Alexandra, à Marlborough house

où le président eut l'honneur de rencontrer l'impératrice douairière de

Russie; au duc et à la duchesse de Connaught, à Clarence house. Après

quoi avait lieu, à l'ambassade, la réception de la colonie française. La

journée se termina par le «banquet d'État», le dîner officiel à

Buckingham palace, où furent prononcés, par le roi et le président, des

toasts empreints de la plus chaleureuse cordialité.

Ce matin, par le même temps gris que la veille, mais qui, aux approches

de midi s'illumina joyeusement, à travers des rues doublement en

fête--car c'était le cinquante-deuxième anniversaire du premier voyage

en Angleterre de la reine Alexandra et l'on vendait en son honneur au

profit d'oeuvres de bienfaisance de fraîches églantines roses dont se

parait toute boutonnière--ce matin, donc, le président de la République

allait porter ses hauts encouragements aux diverses oeuvres françaises

de Londres: hôpital, institut français, home des institutrices, avant de

se rendre à la réception et au banquet du Guildhall, l'une des

solennités les plus sensationnelles et les plus caractéristiques de

toute visite officielle à Londres.

Dans le cadre vénérable et d'une sobre beauté de la vieille maison de la

corporation de Londres, la fête se déroula selon les rites immuables en

usage depuis tant de siècles. Elle eut grand caractère.

Ce fut d'abord la suite des présentations au lord-maire, sir David

Burnett, dans la bibliothèque, de ses invités,--tout ce que Londres et

l'Angleterre comptent d'illustre! Puis la réception de M. Raymond

Poincaré, salué, à l'arrivée, d'enthousiastes bravos; le vote par le

Conseil, réuni en séance devant une assistance de huit cents personnes,

de l'adresse traditionnelle, et la remise du coffret contenant le

précieux parchemin sur lequel elle est enregistrée; enfin, le banquet

somptueux, abondant, dans le hall gothique dont chaque pierre, chaque

dalle, évoque un souvenir.

_Gustave Babin._

[Illustration: LE VOYAGE PRÉSIDENTIEL A LONDRES.--Au Guildhall (25 juin)

avant le banquet: lecture protocolaire, devant le Conseil réuni en

séance, d'une adresse à M. Raymond Poincaré.--_Phot.

Chusseau-Flaviens._]

[Illustration: Le banquet au Guildhall: au fond, sous le dais, à la

droite du lord-maire en costume d'apparat, M. Poincaré; à gauche du

lord-maire, la lady-mayoress.]

[Illustration: Les manifestations populaires sur le passage du

Président: entre le palais de Saint-James et le Guildhall M. Poincaré

reçoit une adresse du maire du quartier de Holborn. LE PRÉSIDENT DE LA

RÉPUBLIQUE EN ANGLETERRE]

[Illustration: FAUNE D'AFRIQUE Dans une clairière, une femelle

d'éléphant, aux défenses longues et minces, broute l'herbe nouvelle.

_Phot. du Dr Em. Gromier._]

[Illustration: FAUNE D'AFRIQUE Un éléphant surpris dans tout le naturel

de ses gestes par le zoologiste-photographe. C'est un mâle de grande

taille qui, après avoir rompu d'un coup de trompe une branche de mimosa,

recueille avec patience les gousses qui jonchent le sol et agite sa

queue en témoignage de satisfaction. _Phot. du Dr Em. Gromier._]

L'Illustration, No. 3670, 28 Juin 1913 · 第 11 / 39 题