_La nouvelle de la reddition de Janina a été connue jeudi à Paris par
une dépêche officielle reçue à la légation hellénique. Ce télégramme
précisait que, jeudi matin, à une heure, le commandant en chef des
forces turques à Janina avait fait informer le prince héritier de son
désir de se rendre. Deux heures après, trois parlementaires se
présentaient au camp grec et confirmaient la capitulation._
[Illustration: L'AVIATION A LA GUERRE D'ORIENT
L'hydro-aéroplane du lieutenant grec Montoussis, tombé à la mer, après
avoir volé sur Gallipoli, est remorqué vers Lemnos à 20 noeuds à
l'heure.
_Phot. S. Vlasto._]
Le lieutenant aviateur Montoussis, de l'armée hellène, de qui nous avons
signalé naguère les prouesses devant Janina, s'était rendu à la reprise
des hostilités, à Lemnos, avec un hydroaéroplane français, afin
d'apporter son concours aux troupes engagées à Gallipoli. Le 6 février
dernier, convoyé par le contre-torpilleur _Vélos_ qui, parti avant lui
de Moudros, le port de l'île, devait l'attendre à la hauteur d'Imbros,
pour l'assister en cas d'accident, le lieutenant Montoussis,
qu'accompagnait, comme observateur, un de ses camarades, prenait son vol
vers la terre. Le _Vélos_ vit le biplan passer au-dessus de sa route et
disparaître derrière la côte turque. Pendant quarante minutes
angoissantes, il demeura invisible. Puis il reparut, au loin, et à une
grande hauteur,--plus de 1.300 mètres, on devait le savoir plus tard. Il
se dirigeait droit vers Imbros et Lemnos, mais soudain on le vit
descendre en vol plané, puis se poser doucement sur la mer, à quelque
vingt mètres du rivage d'Imbros. Un canot fut mis à la mer. Il ramena
l'appareil jusqu'au _Vélos_ qui le prit en remorque et l'entraîna,
toujours flottant, jusqu'au port, à la vitesse de 20 noeuds. Alors, on
apprit ce qui s'était passé: le tube qui porte l'essence du carburateur
au mélangeur s'était rompu, par suite d'un défaut du métal, et le moteur
s'était arrêté. Dix minutes plus tôt, le lieutenant Montoussis tombait
sous le feu des batteries turques.