MEXICAINE

Tant de meurtres et de fusillades que nous relations la semaine passée

et qui ont eu des suites--car l'un au moins des frères de l'ancien

président, Emilio Madero, a subi, troisième de sa famille, le même sort

que lui--ne semblent pas avoir mis un terme à la guerre civile allumée,

à Mexico, par la révolte armée du 9 février passé. Les dernières

nouvelles annonçaient que les troupes de Zapata avaient attaqué, dans le

district même de Mexico, un train militaire, tandis que, d'autre part,

l'anarchie qui règne dans les provinces s'est traduite par un échange de

coups de feu à la frontière entre des soldats mexicains et des troupes

des États-Unis. Du moins assure-t-on que, dans la capitale même, la vie

normale a repris son cours, que les ateliers, les usines et les magasins

sont rouverts.

Les photographies que nous reproduisons ici, prises au cours de la

lutte, ont à tout le moins un mérite d'exactitude, de précision qui

manquait aux dépêches par lesquelles nous avons jusqu'ici été

renseignés.

La première fut prise le jour même du coup d'État, un quart d'heure

après le premier combat. Elle représente le front nord du palais

national, gardé par les troupes fédérales, l'arme au poing, jusque sur

les terrasses. Le sol est jonché encore de cadavres d'hommes et de

chevaux abattus au cours de la fusillade. On voit, sur la troisième, un

groupe de morts, tombés également dans ce premier engagement.

L'insurrection, alors, semble battue. Le président Francisco Madero,

avec une crânerie de belle allure, est monté à cheval et parcourt les

principales rues de la ville, bien escorté, sans doute, mais salué

chaleureusement par la foule de ses partisans. La fortune ne devait pas

continuer à lui sourire, et, quoiqu'on affirme officiellement qu'il a

bien été tué dans les conditions que nous avons dites, tandis qu'on le

conduisait, de nuit, de son palais à la prison, un doute continuera

toujours de planer sur les circonstances de sa fin tragique.

[Illustration: LA TRAGEDIE DE MEXICO En haut: le Palais national,

défendu par les fédéraux, après le premier engagement avec les rebelles,

le jour du coup d'État (9 févr.). Au centre: le président Madero

parcourant à cheval les rues voisines du Palais, acclamé par ses

partisans, quelques jours avant sa fin tragique. En bas: victimes de

l'émeute, dans un jardin devant la cathédrale.]

[Illustration: Le train du généralissime turc Izzet pacha, au camp

d'Hademkeui.--_Phot. G. Rémond._]

L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913 · 第 23 / 45 题