LA FOULE PARISIENNE UN JOUR DE FÊTE

_Photographie L. Gimpel._

_C'est la foule parisienne, la foule sage et calme des «dimanches et

fêtes», prise sur le vif, le jour de la Mi-Carême, à un moment

psychologique, si l'on peut dire... Le traditionnel cortège de la reine

des reines, qui s'est formé boulevard Voltaire, a gagné, par la place de

la République et le boulevard Beaumarchais, la place de la Bastille, et

a contourné la colonne de Juillet, sur laquelle veille, tout près du

Génie, un photographe avisé. Les chars carnavalesques, aux figurations

coutumières, ne donnent, du haut de son observatoire, que des images un

peu décevantes. Mais voici que les derniers d'entre eux se sont engagés

dans la rue Saint-Antoine, et le service d'ordre, qui barrait les voies

tout autour de la vaste place,_ vient d'être levé: seul un cordon

d'agents protège encore la fin du cortège. Tandis qu'une file de

voitures, où se remarquent les longs toits plats des autobus, débouche

lentement, au fond du boulevard Beaumarchais et à droite du boulevard

Richard-Lenoir la foule reprend sa liberté et, de nouveau, circule à

l'aise, ici pressée encore en groupes compacts, là moins dense. D'en

bas, vue en perspective fuyante, elle offrirait l'aspect d'une

multitude; du poste élevé ou le cliché a été pris, elle semble, grâce au

raccourci des personnages, étrangement diminuée, mais, dans le détail,

quelle variété de mouvements et d'attitudes y découvre l'oeil amusé!

[Illustration: A l'établissement des Pupilles de la Marine:

l'apprentissage de la menuiserie.]

L'Illustration, No. 3654, 8 Mars 1913 · 第 10 / 45 题