LES MEMES, sauf LE JOURNALISTE
ANDREE
Comment as-tu osé?... c'est fou!
BELVAL
Peuh! S'il fallait répondre à tous les journalistes en mal
d'interview!... (il se lève) Et maintenant Bardichon venez-vous avec
moi faire un tour de canot.
BARDICHON
Volontiers.
ANDREE
Vous allez encore me laisser seule.
BELVAL
Une demi-heure, à peine, le vent est bon. Nous n'irons que jusqu'aux
Roches-Noires. (Ervoan entre, aviron sur l'épaule) Justement, voici
Ervoan! (à Ervoan) Ca marche?
ERVOAN
L'embarcation est prête. Je suis aux ordres de monsieur.
BELVAL
C'est bien! Allez, nous vous suivons. (Ervoan descend l'escalier) (à
Bardichon) Vous venez, Bardichon?
BARDICHON, s'examinant
Mais ce costume... un peu négligé, hein?
BELVAL
Il est superbe! Si vous êtes à votre aise, c'est le principal.
BARDICHON, à Andrée
Alors, à tout à l'heure, ma chère amie. (Il va vers l'escalier,
négligeant de prendre sa vareuse).
ANDREE
Ne soyez pas trop longtemps... Nous dînerons de bonne heure.
BELVAL
Oui. Fais préparer un solide repas: le grand air creuse.
(Ils sortent)
(Dans le lointain, un biniou commence à se faire entendre).
ANDREE, penchée sur le rebord de la terrasse
Bonne promenade!
La voix de BARDICHON, qui s'éloigne
Merci.
ANDREE, un temps
Hein?... Vous avez oublié?... Ah bon!... Ne montez pas, je vais vous la
jeter... (Elle va vers la vareuse, la prend, puis la laisse tomber dans
le vide). Voilà... à tout à l'heure! (Elle agite un peu son mouchoir et
pendant quelques instants semble suivre des yeux le groupe qui
s'éloigne. Puis elle s'accoude rêveuse sur le rebord de la terrasse. Le
biniou se rapproche, Andrée prête l'oreille).