Note 965: _Vita Ludov. Pii.--LIV._

En cette assmblée fist sa complainte, devant tous les princes, des évesques

qui avoient esté contre luy, et qui estoient cause de sa déposicion et de

sa honte; mais aucuns s'en furent fouis en Lombardie, et aucuns, tout

feussent-ils semons, ne vouldrent ou ils n'osèrent avant venir. De tous

ceulx que l'empereur accusoit n'en y eut que un seul qui avoit nom

Ébons[966]. Contraint fu à rendre raison de son meffait; si se complaignoit

moult durement de ce, et disoit que l'en se prenoit à luy tant seulement de

ce dont les autres devoient estre aussi en coulpe, et en laquele présence

ce eut esté fait. A la parfin, quant la chose luy tourna à ennuy, il

confessa tout plainement sa coulpe par le conseil d'aucuns évesques, et

conferma par sa parole meisme qu'il n'estoit plus digne d'estre évesque né

prestre, et jugea-il meisme qu'il devoit estre déposé d'office et de

bénéfice, et puis bailla à l'empereur le libelle de cette sentence par les

évesques meismes. Après ce fu Agobart, arcevesque de Lyon, deposé de

l'arceveschié, pour ce qu'il avoit esté semons trois fois, né point

n'estoit venu avant.

Note 966: _Ébons._ C'est le fameux archevêque de Reims.

Tous les autres évesques parçonniers de ce cas s'en estoient fouis en

Italie. Le dimanche, qui fu après devant la Quarantaine, l'empereur et tout

le peuple qui eurent esté à ce parlement vindrent à Mez; tandis comme l'en

chantoit la grand messe, vint devant le maistre autel de l'églyse et fist

lire, sur son chief, sept oroisons par sept arcevesques, en réconciliation

de luy à sainte Églyse. Car ce ne suffisoit pas, si, comme il luy sembloit,

il n'estoit réconcilié et restabli selon la manière qu'il avoit esté

déposé; et moult en fu le peuple lie et en rendirent graces à nostre

Seigneur; car ils virent qu'il fu restabli plainement en l'empire.

Après s'en retourna l'empereur et le peuple à Théodone, et le dimanche qui

fu le premier jour de la Quarantaine, donna congié à chascun de retourner

en sa contrée. Mais il se mut de la ville jusques à la fin de caresme et

fist à Mez la sollempnité de la Résurrection. Après la Pentecoste, ala

tenir général parlement en la cité de Garmaise.

En cette assemblée furent les deux fils Pepin et Loys. Lors n'entrelaissa

pas l'empereur qu'il ne pensast du prouffit de la chose commune selon la

coustume; car il fist avant venir les messages qu'il avoit envoyés par tout

le royaume, et enquist diligeament à chascun coment ils avoient exploitié.

Et quant il sceut que aucuns de ses comtes avoient esté lasches et

péresceux en leurs terres garder et en prendre vengence des larrons et des

malfaiteurs, il les condempna par diverses sentences, et les punit de

telles sentences comme ils avoient desservi par leur paresce. ([967]Ci ne

doit-on pas entendre que ce feussent comtes qui feussent princes, né hauls

barons qui teinssent les comtés par héritages; ains estoient ainsi comme

ballifs que l'on ostoit et mettoit à certain temps et punissoit de leurs

meffais, car ils le desservoient; et si releva et adréça aucuns preudommes

que ses fils avoient mal menés et grevés à tort.) Et reprist ses fils des

griefs qu'ils faisoient à ceulx qu'ils devoient garder, et leur deffendit

que plus ne le féissent, s'ils ne voulloient estre inobédiens à ses

commandemens, et sé ils ne le faisoient il l'amanderoit selon droit

jugement. Mais avant qu'il départist, on fist crier un autre parlement

après Pasques à Théodone. Après ces choses, se traist à Ais-la-Chapelle

pour yverner. A son fils Lothaire manda qu'il luy envoyast aucuns de ses

plus nobles hommes pour traitier d'amour et de concorda entre eulx deux.

Note 967: Cette parenthèse n'est pas traduite du latin. Notre moine

de Saint-Denis s'exprime ainsi pour expliquer une sévérité qui auroit

scandalisé les barons du XIIIème siècle.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 295 / 316 题