Note 822: _Nanthules._ «Nonantulæ.» Je pense que ce doit être
_Nonantola_, ville d'Italie, dans le duché de Modène, dont l'abbaye
est des plus anciennes.
Note 823: _Leon, évesque de Regie._ Contre-sens. Il falloit _à Léon,
nouvellement substitué empereur, Nortbert, évêque_, etc.
En celle année tint l'empereur général parlement à Ais-la-Chapelle. Par
toutes les provinces de son royaume envoia preudes hommes et loiaulx de son
palais, et esprouvés en droit pour amender les forfais et pour faire à
chascun droit et justice. Bernart son nepveu, le roy de Lombardie, manda:
cil y vint volentiers, et l'empereur luy donna grans dons et le congéa.
En ce temps vindrent à court les messages Grimoart, le prince de Bonivent,
pour obéir à la volenté l'empereur. Pour leur seigneur jurèrent qu'ils
rendroient, chascun an, sept mille souls de deniers d'or ès trésors
l'empereur.
[824]Trois fils avoit l'empereur: Lothaire, Pepin et Loys. L'istoire ne
parle pas quand né coment ils furent nés, et pour ce nous en convient
taire. [825]Lothaire envoia en Bavière, pour le pays gouverner; Pepin en
Acquitaine; Loys, le tiers, retint encore avec luy pour ce qu'il estoit
trop jeune.
Note 824: Cette phrase est une addition du traducteur.
Note 825: _Vita Ludovici Pii.--XXIV_.
En ce temps vint à court Heriols, le prince de Dannemarche, que les fils le
roy Godefroy avoient chacié du royaume. A l'empereur vint à garant; si se
rendit à luy et luy fist hommage à la coustume de France[826]. L'empereur
le reçeut et luy dist qu'il alast en Sassoigne, et attendist tant qu'il li
peust envoier secours pour sa terre recouvrer. Et en ce mesme temps
rendit-il aux Saisnes et aux Frisons leurs terres et leurs héritages qu'ils
avoient perdus au temps de son père.
Note 826: _Et lui fist hommage._ «JuxtLa morem Francorum, manibus
illius se tradidit.» De là sans doute l'expression que nous
conservons encore: _se mettre entre les mains de quelqu'un_.
De cette chose parlèrent plusieurs diversement, qui diversement estoient
meus: car les uns disoient qu'ils cuidoient qu'il eust ce fait par
debonnaireté et par franchise de son cœur; les autres disoient que c'estoit
par non sens et mauvaise pourvéance, et disoient que tels gens sont par
nature cruels et desloyaux, et devroient tousjours estre si restrains et si
chastiés qu'ils n'eussent povoir de guerre esmouvoir né rebeller. Mais
l'empereur qui mieulx amoit à vaincre par débonnaireté que par armes, le
fist pour ce que il les peust vaincre par franchise et par amour, et que
ils feussent plus tenus à luy, pour ce que il leur faisoit plus grant
miséricorde. Si ne fu pas deceu d'espérance, car ils obéirent tousjours
depuis humblement et dévotement à luy.
[827]En tour un an après ces choses, fu racompté à l'empereur que aucuns
des plus puissans de Rome estoient jurés et aliés encontre l'apostole Léon.
La chose fu descouverte et attainte: et pour ce les fist l'apostole décoler
selon les lois et les anciens establissemens des empereurs de Rome[828].
L'empereur qui oï ce dire, porta grief de ceste vengeance, et non pas pour
ce qu'elle ne feust bien selon les lois, mais pour ce que le souverain
preslat et le chief spirituel de tout le monde avoit osé faire si roide
justice. Bernart son nepveu, le roy de Lombardie, y envoia pour savoir sé
c'estoit voir ou non. Et luy commanda par un messagier qui avoit nom
Girout, qu'il en sçeut amander la vérité.
Note 827: _Vita Ludovici Pii.--XXV_.
Note 828: Les annales attribuées à Eginhard racontent le même fait,
mais sans les réflexions de l'astronome limousin: «Lege Romanorum in
id conspirante.» Elles omettent également la réflexion de la phrase
suivante, dont voici le texte latin: «Velut à primo orbis sacerdote
tam severè animadversa.» Or, ce passage des _Annales d'Eginhard_ doit
donner à penser que le mécontentement de l'empereur venoit de ce que
le pape avoit fait, dans ce cas, acte d'usurpation sur les droits de
l'empereur, unique souverain de Rome et seul juge des crimes
politiques.
Quant le roy Bernart fu à Rome, il enquist de la chose et manda à
l'empereur ce qu'il avoit trouvé. L'apostole Léon qui bien sçeut que
l'empereur estoit meu contre luy pour ceste chose, envoia tantost ses
messages à l'empereur; les messages furent Jehan, abbé de Blanche-Selves,
Théodore le donneur et le duc Serges.