Note 761: _Neuscie._ «Ad Neusciam venit, Rhenum _ibidem_ transiit.»

Note 762: _Ostephale._ «Ostfaloa.» Les _Ostfaliens_ ou _Est-phaliens_

étoient établis entre l'Elbe et le Weser; mais on ne connoît plus de

lieu particulièrement nommé _Ostphale_.

A la par fin, quant les batailles et les longues guerres furent finées que

l'empereur eut si longuement maintenues contre la gent de Sassoigne, et qui

trente trois ans dura, si comme nous avons parlé plus plainement et devisé

en ses fais, il cessa de guerroier, et le roy Loys son fils se départit de

luy et s'en ala yverner au royaume d'Acquitaine.

[763]Après la fin de l'yver, l'empereur vist qu'il avoit temps et lieu de

visiter aucunes parties de son royaume. Et pour ce meismement qu'il avoit

toutes guerres affinées et estoit en paix demouré, il s'en ala ès parties

d'Occident et avironna le royaume de France, selon le rivage de la mer de

Bretaigne et de Normendie[764]. Quant le roy Loys le sceut, il luy manda et

pria par un message qui avoit nom Adimaires, qui à luy vint en la cité de

Rouen, qu'il daignast venir en Acquitaine et visiter le royaume qu'il luy

avoit donné, et veoir son nouveau palais de Cassinoge[765]. L'empereur

receut volentiers la prière de son fils, et moult le loua et mercia de ce

qu'il luy avoit mandé; mais toutes voies ne luy octroia-il pas sa requeste,

ains luy manda qu'il venist encontre luy à la cité de Tours. A luy vint, et

le père le receut à grant joie. Au retourner en France le convoia jusques à

Vernon, et de là s'en retourna en Acquitaine.

Note 763: _Vita Ludovici Pii.--XII_.

Note 764: Le latin dit seulement: «Coepit circuire loca sui regni mari

contigua.»

Note 765: _Son nouveau palais de Cassinoge._ «Ad locum qui

Cassinogilum vocatur venire.» Il est assez probable que notre

traducteur aura lu: «Ad locumque Cassinogil novum castrum, veniret.»

[766]Ainsi passa l'yver. Zadon, le duc de Barcinone, vint jusques à

arbonne par l'amonnestement d'un sien ami, si comme il comptoit; là fu pris

et amené au roy, et le roy le renvoia tantost à son père[767].

Note 766: _Vita Ludovici Pii.--XIII_.

Note 767: _Ermoldus Nigellus_, dans son poëme historique sur

Louis-le-Débonnaire, fait prendre Zado à la suite du siége du

Barcelone.

En ce temps tint le roy parlement à Thoulouse. En ce point mourut

Burgondion, le comte de Frédence[768]. Sa conté donna le roy à un autre qui

avoit nom Liutaire. De ce furent les Gascons si courrouciés, et montèrent

en si grant présumpcion qu'ils tuèrent assez des hommes à celluy conte

Liutaire. Pour ce, furent semons en parlement. Premièrement refusèrent à y

venir: à la par fin vindrent avant, à quelque paine. Et le roy les fist

juger selon leurs fais. Si en furent les uns ars et les autres occis; car

d'autelle mort avoient-ils fait les autres tous mourir. Si n'est nulle loi

plus droiturière que faire mourir les homicides d'autelle manière de mort

comme eulx mesmes occirent[769].

Note 768: _Fredence._ «Fedentiacus.» C'est _Fesenzac_.

Note 769: Cette dernière réflexion, qui réduit à leur mince et juste

expression tous les arguments des adversaires de la peine de mort,

est du moine de Saint-Denis.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 242 / 316 题