Note 585: _Clops._ Éclopés. «Claudi.»

Note 586: _Hostieux._ Hôtels, logis.

Note 587: _Contraits._ C'est un mot que celui de paralytique ne rend

qu'imparfaitement. «Contracti.»

Ce chastel fist l'empereur reffaire et rappareillier en partie, pour tant

comme il y demoura. Là sont escripts presque tous les faits qu'il fist

oultre le Rhin en son temps[588].

Note 588: «Illud etiam castrum rex Karolus construxit studiosè, magnâ

ex sui parte. Illic quoque ejusdem regis omnia _fermè_ gesta quæ

ultra Renum fecerat certissimè sunt scripta.» Ce passage est assez

curieux; il faut en conclure qu'au commencement du XIIème siècle,

époque à laquelle je crois pouvoir faire remonter cette légende

latine, la ville de Durazzo ou Duras (non pas _Ligmedon_ ou

_Limecon_) passoit pour posséder un ancien manuscrit des véritables

actions de Charlemagne; peut-être les Annales d'Eginhard, qui sont

effectivement presque en entier consacrées aux expéditions

d'Allemagne.

Quant il eut là demouré six mois et sept jours, si comme nous avons dit,

pour son ost reposer et mesmement pour les grans miracles que la divine

vertu faisoit en ce lieu pour luy, il se remist en chemin et s'en revint à

Ais-la-Chapelle, puis y fist faire une églyse de grant œuvre en l'onneur de

nostre Dame Sainte-Marie. Dedens mist les saintes reliques moult

honnourablement, et après envoia ses coursiers ainsi comme par tout le

monde, et fist crier que tous venissent à Ais-la-Chapelle aux ides de

juing, pour veoir et pour aourer les saintes reliques qu'ils avoient

apportées de Jhérusalem et de Constantinoble la riche; c'est à savoir huit

des espines de la sainte couronne que nostre sire eut sur son chief le jour

de sa passion, et une partie du fust de la sainte croix; le suaire en quoy

il fu envelopé en sépulture, la chemise nostre Dame qu'elle eut vestue à

son glorieux enfantement, et le bras destre saint Siméon, dont il receut

nostre Seigneur au temple, le jour de la Chandeleur; et maintes autres

précieuses reliques.

En pou de temps après ce qu'il eut fait crier, il assembla tant de gens que

nul ne le porroit esmer[589]. Quant ce vint au jour qui y fu mis, c'est à

savoir au second mercredi de juing, l'empereur eut conseil aux arcevesques,

aux évesques, aux abbés et aux autres personnes de dignité, coment il

ouvreroit. Et pour ce que la multitude estoit si grand que nul ne la povoit

nombrer, fist-il prêchier aux prélas en trente lieus, et amonnester le

peuple que chascun feust bien confés et repentant de ses péchiés avant

qu'il approuchast aux saintes reliques.

Note 589: _Esmer._ Estimer.

Les grandes chroniques de France (2/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 178 / 316 题