Note 250: _Abrodiciens_. Les Abodrites, ou _Obotrites_, avoient pour
ville principale Mecklenbourg.
En ces parties couroit un bras de mer qui vient de la grant mer d'Occident
et court droit vers Orient; si est si long que nul n'est certain de sa
longueur. En aucuns lieux à cent milles de large, en aucuns mains[251]. Sur
ce bras de mer habitent moult de manières de gens, Thamsiens,
Soionois[252], que nous appellons Normans. Ceulx tiennent le rivage et les
isles, par devers Septentrion; ceulx de par deçà tiennent les Esclavons et
les Haistes. De toutes ces manières de gens sont plus nobles et plus
puissans les Esclavons ausquels le roy appareilloit bataille; contreulx se
combatit et les chastia si et dompta à sa première venue qu'ils n'osèrent
plus rien faire contre sa volonté.
Note 251: Les _pas_ d'Eginhard sont ici assez mal traduits.
«Longitudinis quidem incompertæ, latitudinis verò quæ nusquàm centum
millia passuum excedat, cùm in multis locis contractior inveniatur.»
La plupart des leçons portent même _cent mille lieues de large_, et
Dom Bouquet a suivi ce mauvais texte. Au reste, _la mer Baltique_ a
plusieurs fois, comme on sait, une largeur de deux cent mille pas.
Note 252: _Thamsiens_, _Soionois_. Latin: «Dani ac Sucones quos
Nordmannos vocamus.»
[253]Après ceste bataille fut l'uitiesine contre les Huns (qui ores sont
appellés Hongres). Selon l'opinion d'aucuns, ceste fut la plus longue et la
plus griefve que le roy emprist oncques après celle de Sassoigne, et celle
qu'il maintint et admenistra tousjours plus efforciement et à plus grant
appareil. Une seule bataille fist par lui en Pannonnie contre eulx; car ils
habitoient lors en cette terre. Les autres fist par son fils Pepin, par les
contes et par les ballifs[254] de ses provinces. Si bien et si sagement fut
cette guerre admenistrée, que elle fut affinée en l'uitiesme an qu'elle fut
commenciée.