J'étais là seule... seule avec Emma, attendant son réveil... attendant
un moment lucide de son agonie pour interroger son coeur... pour lui
révéler un amour qu'elle ressentait et qu'elle ignorait peut-être...
Moi... moi... lui révéler cet amour!
Et cet amour... elle l'éprouvait.
Une fois cette terrible voie ouverte à ma pensée, j'y marchai avec une
effrayante rapidité; je ne pouvais concevoir mon aveuglement passé.
Je m'expliquai certaines bizarreries de la conduite et des paroles
d'Emma. Mille ressouvenirs me frappèrent alors... ainsi, entre autres,
elle éprouvait une émotion pénible en voyant tomber de la neige... et la
neige avait failli servir de linceul à M. de Rochegune.
Enfin dernière preuve, fatale preuve! depuis quelque temps
n'éprouvait-elle pas, à son insu sans doute, un vif sentiment de
jalousie contre moi?
Ce premier mouvement de répulsion que je lui inspirais, auquel Emma
cédait d'abord en rougissant, puis qu'elle surmontait ensuite, ne
démontrait-il pas la force de son amour?
Et d'ailleurs cet amour n'était-il pas probable, inévitable?... cette
enfant voyant chaque jour un homme tel que M. de Rochegune, n'entendant
que ses louanges, pouvait-elle s'empêcher de l'aimer?
Un moment j'accusai amèrement madame de Richeville d'imprudence...
Pauvre malheureuse mère!...
Ensuite ce fut sur M. Lugarto que tomba tout le poids de mon exécration.
Oh! il se vengeait du mal qu'il m'avait déjà fait... il s'en vengeait
d'une manière bien atroce...
Mais comment, lui qui ne voyait jamais Emma, avait-il pénétré un secret
que madame de Richeville et moi nous ignorions, un secret que le docteur
Gérard soupçonnait seulement?
La duchesse se croyait sûre de ses gens; mais M. Lugarto n'avait-il pu
en corrompre quelques-uns? et d'ailleurs comment ses gens mêmes
avaient-ils lu dans le coeur d'Emma mieux que sa mère, mieux que moi?
En y songeant, cela ne se concevait que trop... J'étais constamment
préoccupée de mon amour, madame de Richeville portait elle-même un vif
intérêt à cet amour; certaines remarques, certaines évidences avaient dû
nous échapper: le soupçon de la passion d'Emma était à mille lieues de
notre pensée...
Emma avait-elle donc une confidente parmi les femmes de madame de
Richeville? Cela n'était pas dans son caractère, et ces femmes
semblaient toutes dévouées à sa mère. Quant à ce dévouement... l'or est,
hélas! un puissant corrupteur... et M. Lugarto était bien riche.
Ces réflexions paraissent calmes, froides, presque puériles, en présence
du coup dont j'étais menacée; mais elles ne m'empêchaient pas d'être en
même temps assaillie de terreurs bien déchirantes.
Comme l'oeil de Dieu embrasse à la fois toutes choses, j'embrassais en
un instant et d'un seul regard tous les mondes de la douleur... tous les
espaces du désespoir... depuis les causes les plus formidables jusqu'aux
effets les plus infimes.
D'autres fois je ne pouvais pas moralement croire à cet anéantissement
foudroyant de mes espérances.
Cela me paraissait surnaturel. C'était le contraire des miracles; si
palpable que fût la réalité... je me refusais d'y croire.
J'opposai à l'évidence des faits des raisons qui me semblaient aussi
puissantes, aussi immuables que les lois de la nature.
--Non... non... me disais-je, Emma ne peut pas aimer M. de Rochegune;
elle ne le peut pas: cet amour causerait ou sa mort ou mon malheur
éternel... et je ne veux pas la mort de cette jeune tille, et je ne veux
pas être éternellement malheureuse.
Il est impossible que je renonce à mon amour, que je retourne auprès de
M. de Lancry; il est impossible que j'aie touché de si près le bonheur
pour le voir ainsi s'abîmer à mes yeux... il est impossible que je me
voue à un avenir aussi affreux que serait le mien...
L'accomplissement de ces craintes m'eût semblé un rêve monstrueux. Cette
accumulation de malheurs sur une seule créature ne passait-elle pas les
bornes du possible?
Dieu ne pouvait pas vouloir cela; c'était damner trop sûrement et trop
facilement une âme... Je me révoltais contre cette implacable
persécution de la destinée... Je demandais ce que j'avais fait... moi,
pour que le sort me fût si fatal!
Alors je ne sais quelle voix à la fois sévère et paternelle me
répondait:
«Et cette enfant, cet ange qui agonise, qu'a-t-elle fait? et elle
meurt... Son âme est si pure, qu'elle ignore même l'amour qu'elle
ressent... Elle ne l'a dit à personne... elle a langui... elle a
souffert, elle ne s'est jamais plainte, elle ne se plaindra jamais, et
elle meurt!...
«Comme les fleurs qui se flétrissent quand le soleil leur manque, et
qui ignorent ce que c'est que le soleil... elle a senti l'amour qui
ferait sa vie lui manquer... et elle s'est flétrie... Elle n'avait pas
besoin... elle... de sophismes, de subtilités, pour justifier son
amour... Elle était jeune et libre... Elle a aimé un homme jeune et
libre comme elle... Son amour a été selon les lois de Dieu et des
hommes... Elle a seize ans, et elle meurt...
«Ferme à jamais les yeux, pauvre enfant; ton amour virginal sera
enseveli avec toi... Ne crains rien... tout le monde l'ignorera comme
toi. A voir tes deux petites mains pâles et amaigries croisées sur ton
sein, on dirait que ton pudique instinct veut cacher cet amour, comme si
on pouvait le deviner à travers la limpidité de ton âme... Dors... dors
du sommeil éternel... Pauvre enfant.»
Et alors je me sentais attendrie malgré moi. Je jetais des yeux humides
sur la douce et mourante figure d'Emma... La nuit était proche; son beau
visage, blanc comme l'albâtre, semblait resplendir au milieu des ombres
qui envahissaient son alcôve.
Elle sommeillait légèrement; sa pauvre figure, endolorie, abattue, avait
en ce moment une magnifique expression de résignation et de souffrance
candide...
--O mon Dieu! mon Dieu! m'écriai-je en tombant à genoux, elle est bien
affreusement malheureuse! Mais au moins elle ignore la cause de ses
maux; elle mourrait sans regrets... et moi, je ne vivrais pas dans un
désespoir éternel...
Puis songeant à ce que ce voeu avait d'horrible, comprimant mes
sanglots, je demandais pardon à Emma.
Dans mon remords d'avoir conçu cette criminelle pensée, je m'exaltais
jusqu'à l'héroïsme. J'entendis de nouveau la voix mystérieuse, elle
faisait vibrer presque malgré moi les plus généreuses cordes de mon âme.
«Courage... courage... pauvre femme...--me disait-elle,--ta croix est
lourde; courage, un pas encore, et tu auras gravi la dernière cime de
ton calvaire...
«Alors... de là... du haut de ton renoncement sublime, comme le Christ
du haut de sa croix, placée entre les hommes et Dieu, tu contempleras
au-dessous de toi cette enfant que tu auras sauvée, sa mère qui te
bénira.. Quant à l'homme si digne de toi, que tu aimais si dignement...
tu diras en cachant tes larmes... _S'il savait_...
«Courage... oh! il faut une résolution plus qu'humaine pour ceindre
ainsi volontairement la couronne saignante d'un martyre ignoré. Mais
aussi quel baume épandront sur tes blessures les ineffables, les
maternelles consolations de ta conscience!
«Oh! tu ne sais pas encore, pauvre femme, ce que c'est que d'avoir
acquis, à force de sacrifices, le _droit de pleurer sur soi_!
«Oh! tu ne sais pas la pieuse douceur de ces larmes saintes et
fécondes... Tu ne sais pas avec quel miséricordieux orgueil on les sent
couler en sachant que d'autres les verseraient, mais plus âcres, mais
plus brûlantes encore...
«Tu ne sais pas les religieuses voluptés de la douleur! Tu ne sais pas
comme on souffre et comme on jouit à la fois, en se disant, le coeur
brisé, les yeux noyés de larmes, les lèvres tressaillantes de
sanglots:--«_Je suis bien malheureuse, oh! bien affreusement
malheureuse! mais au moins ils sont heureux... ceux-là pour qui je
souffre tant..._
«Oh! oui... sois fière de cet amour, au nom duquel tu vas t'immoler...
Sois-en fière... c'est ton premier, ton seul, ton noble amour. Vois les
pensées qu'il t'inspire, vois ce que tu ressens, au lieu d'une jalousie
grossière comme celle qui autrefois t'animait contre Ursule...
«Qu'éprouves-tu pour Emma? Les plus hautes, les plus touchantes
aspirations... Elle meurt d'amour pour celui que tu chéris... tu vas
arracher ce pudique secret à ses lèvres défaillantes... tu renonceras
toi-même en sa faveur à ton rêve d'or, à ton ciel... et tu n'as pour
Emma que des larmes de tendresse et de pitié.
«Oui... oui... Mathilde, ton amour est grand, ton amant te le
disait...--De cet amour doivent jaillir un jour de magnifiques
dévouements, de sublimes exemples.
«Autrefois tu n'as su que passivement souffrir pour une cause indigne...
l'heure est venue de souffrir et d'agir pour la plus sainte des causes.
Garde ta divine auréole de vertu; ne déchois ni à tes yeux, ni aux yeux
de ceux que tu aimes; sacrifie-toi pour une enfant innocente et pure,
sauve-la de la mort... travaille à son bonheur... Courage... Dieu te
voit.. Dieu te sourit dans son éternité.».....
* * * * *
Et, ainsi qu'on cherche à résister à une fascination coupable, à
l'entraînement de honteux conseils, je tâchais de fermer mon coeur aux
accents de cette voix généreuse.
J'étais lasse de souffrir.
Pourquoi donner à cette malheureuse enfant une espérance que M. de
Rochegune ne réaliserait jamais? car il m'aimait, moi... il m'aimait
éperdûment, et mon épouvantable sacrifice serait vain pour le bonheur de
cette jeune fille.
Au milieu de ces réflexions si poignantes, Emma fit un léger mouvement,
tourna languissamment la tête de mon côté, ouvrit les yeux en soupirant,
et me regarda.
Oh! je le vois encore, ce regard profond, à la fois si doux, si triste,
si résigné...
Il me sembla qu'il m'implorait, qu'il me demandait la vie, le bonheur...
Après m'avoir un instant contemplée avec étonnement, elle ferma ses
longues paupières; deux larmes roulèrent sur ses joues, qui se
colorèrent un instant d'un rose pâle.
--Emma, qu'avez-vous?--lui dis-je doucement,--vous pleurez!...
souffrez-vous?
--Oui,--me dit-elle d'une voix faible sans ouvrir les yeux,--je vous
aime... et pourtant votre présence me fait mal... Ne m'en voulez pas...
il faut avoir pitié des mourants.
--Que dites-vous!... n'ayez pas de pareilles idées, pauvre enfant, vous
affligeriez et moi et votre bonne amie.
--Je sais bien que je vais mourir... dans mon rêve, Dieu me l'a dit.
--Quel rêve?
--Oh! un rêve étrange,--continua-t-elle tenant toujours ses yeux
fermés,--je n'ose pas vous le dire.
--Emma, je vous en prie...
--Je me sentais mourir; je sentais en moi comme une grande force qui
voulait m'enlever aux cieux... et puis... il m'a semblé entendre une
voix qui disait: _Faut-il quelle meure, faut-il qu'elle meure?_
--Et à qui parlait cette voix, mon enfant?
--Oh! c'est la fièvre... qui me donnait ces idées... Elles sont folles.
--Mais à qui cette voix disait-elle: _Faut-il qu'elle meure?_
--Elle le disait... à une femme... à une femme dont je ne voyais pas la
figure...--se hâta de dire Emma.
Je compris... la malheureuse enfant me trompait; c'était moi qu'elle
avait vue en songe.
--Et cette femme?--lui dis-je.
--Elle n'a rien répondu, et la voix a dit:--_Emma, il faut mourir!_
Puis se reprochant sans doute en elle-même d'avoir été impressionnée
contre moi par ce rêve, et revenant à son doux et charmant naturel, elle
ouvrit les yeux, et me regarda cette fois avec une expression de
tendresse, de repentir, si ingénue, que je ne pus retenir mes larmes.
Elle se pencha vers moi, prit ma main dans les siennes, la porta à ses
lèvres, hélas! froides, bien froides... puis elle la posa sur son sein
en me disant:
--Il me semble que la chaleur de votre main va réchauffer mon coeur,
qui s'était glacé tout à l'heure...
--Emma, vous m'aimez donc bien?
--Maintenant... oui... après ma seconde mère... je n'aime rien au monde
plus que vous...
--Vous n'aimez personne autant que moi... mon enfant?
--Personne... J'aurais voulu vous ressembler en tout... être
vous-même...
--Et pourtant quelquefois... vous me haïssez,--dis-je assez vivement.
Elle fit un brusque mouvement, pressa davantage encore ma main sur son
coeur: je sentis ses faibles battements s'accélérer un peu.
Emma reprit en souriant douloureusement:
--Voyez quel mal vous me faites en me disant cela... Je vous assure que
je vous aime... Ces mouvements... que je pouvais quelquefois réprimer en
vous voyant, j'ai découvert ce que c'était...--et elle tâcha de sourire
encore...
--Vraiment... Et qu'était-ce?...
--C'était l'instinct de mon coeur qui m'avertissait qu'à mon insu je
vous avais causé quelque chagrin... Alors j'osais à peine m'approcher de
vous, j'éprouvais comme un remords de ma faute; mais votre tendre bonté
le faisait bien vite évanouir, et je me jetais dans vos bras.
Comment n'aurais-je pas été attendrie en entendant Emma s'efforcer
d'interpréter ainsi cette jalousie qu'elle se reprochait, et dont elle
ne pouvait s'expliquer la cause?...
--Vous me croyez, n'est-ce pas?--ajouta-t-elle...--Je vous jure que je
ne vous hais pas... Au moment d'aller devant Dieu, je ne voudrais pas
mentir.
--Vous parlez toujours de mourir, mon enfant... Heureusement il n'en est
rien... Ne seriez-vous donc pas désolée de quitter ceux qui vous aiment,
de quitter la vie?...
--Oh!... oui, je serais désolée de quitter madame de Richeville, vous;
mais la vie... je ne la regrette pas.
--Et pourquoi cela?
--Parce que... sans raison... oh! sans aucune raison, je me sentais
chaque jour plus malheureuse... Tout devenait sombre autour de moi...
toutes mes pensées se brisaient contre un obstacle invisible.
--Mais avant d'être ainsi malheureuse?
--Oh!--dit-elle en joignant ses deux mains et en levant au ciel ses
beaux yeux rayonnants d'une sorte d'extase, de ressouvenir;--oh! avant
cela il me semblait que je devais vivre toujours; le temps passait comme
un songe béni, j'avais les idées les plus riantes... J'étais si
heureuse... si heureuse, qu'il me semblait qu'un jour... je retrouverais
ma mère... quoique je susse qu'elle était morte...
--Et au couvent étiez-vous aussi heureuse, chère enfant?
--Au couvent c'était un autre bonheur: c'était l'amitié de mes
compagnes, la bonté de madame de Richeville; ce bonheur-là, ainsi que
mes chagrins d'alors, je me l'expliquais... L'autre bonheur... bien plus
vif, bien plus grand, je le ressentais sans me l'expliquer... non plus
que les chagrins qui l'ont suivi.
--Mais... c'était peut-être la joie d'être sortie du couvent qui vous
rendait si contente?
--Non... j'ai regretté mes compagnes, et, au couvent, je voyais madame
de Richeville comme je la vois maintenant.
--Tâchez de vous rappeler à peu près quand a commencé pour vous cette
félicité qui a presque changé l'aspect de votre vie... qui a donné un
but à votre existence... qui a jeté sur tout, n'est-ce pas? comme une
clarté plus brillante et plus belle.
--Oui... oui... c'est bien cela... que j'ai ressenti...
Après un mouvement d'indécision terrible, j'ajoutai d'une voix
tremblante, altérée:
--Ce bonheur... n'a-t-il pas commencé peu de temps après le retour... de
M. de Rochegune à Paris, alors que vous le voyiez tous les jours?
Elle me regarda avec une expression de candeur et de céleste
ravissement.
Je sentis son coeur battre plus vite qu'il n'avait encore battu, et
elle me dit avec une sorte de joie à la fois étonnée, reconnaissante, et
passionnée:
--Oui... oui... c'est vrai... Oh! mon Dieu!... c'est vrai!
--Et votre malheur! votre malheur!! n'a-t-il pas commencé peu de temps
après mon arrivée... à moi?
Hélas! le désespoir donna sans doute à mes paroles, à ma physionomie,
un accent de reproche à la fois effrayant et cruel; car Emma, se levant
à demi, se précipita dans mes bras en fondant en larmes, et cacha sa
tête dans mon sein en s'écriant d'une voix déchirante:
--Pardon!... pardon!...
Puis, après m'avoir étreinte avec une force convulsive, je la sentis
défaillir...
Épouvantée, je la replaçai sur son oreiller et je courus prendre un
flacon.
Elle était d'une pâleur mortelle, ses joues livides... ses mains froides
comme du marbre.
Les sels que je lui fis respirer ne la ranimèrent pas; je mis ma main
sur son coeur, il ne battait plus.
J'approchai ma joue de ses lèvres entr'ouvertes... je ne sentis pas un
souffle...
Je crus l'avoir tuée.
Ce fut un moment horrible; je tombai à genoux en m'écriant:
--Pardon! pardon! mon Dieu! rappelez-la à la vie; je fais voeu de me
sacrifier pour elle, d'employer tout ce qu'il me restera de force à
travailler à son bonheur, comme si elle était ma soeur... ma fille...
Seigneur, je vous le jure... je me sacrifierai... dût-il m'en coûter la
vie! mais faites que je ne l'aie pas tuée... Mon Dieu! faites que je ne
l'aie pas tuée!...
Après quelques minutes d'effrayantes angoisses pendant lesquelles,
penchée sur Emma, j'épiais son moindre souffle, son moindre mouvement,
Dieu m'exauça...
Elle soupira légèrement... la circulation du sang, un moment suspendue,
reprit son cours. De livides, ses joues redevinrent pâles... Elle
vivait... Dieu avait entendu mon serment...
Je devais me dévouer... tout était consommé, tout était fini pour moi...
tout...
De ce moment il fallait ensevelir mon amour, mon pauvre et triste amour,
au plus profond de mon coeur comme dans un sépulcre... Il me fallait
éclairer cette malheureuse enfant, tâcher de la rattacher à la vie par
l'espérance...
Je n'en pouvais plus douter, l'infortunée se mourait d'amour et de
jalousie.
Mais lui... lui, pour qui elle se mourait... comment le détacher de
moi?... comment l'intéresser à l'amour d'Emma? comment le lui faire
partager?
Alors, je l'avoue... la pensée me manquait... il me restait à peine
assez de force pour instruire Emma de ce qui pouvait la sauver... Avant
tout il fallait la sauver.