«Je suis très-généreuse au moins... je vous renvoie votre lettre; elle
m'a beaucoup divertie: il y règne un mélange de défiance et du fatuité,
d'aveuglement et de clairvoyance, de dévouement et d'égoïsme, de
tendresse et de cruauté, très-amusant à observer; tout cela manque de
grandeur, de charme et même d'esprit (quoique vous en ayez
certainement); mais, comme tout cela est naturel, je dirai même d'une
horrible naïveté, vous m'avez persuadée.
«Je crois donc à votre passion, oui... je crois que vous aimez pour la
première fois; je crois que vous ferez tout au monde pour vous faire
aimer de moi. Je vous crois capable des tentatives les plus insensées,
des actions les plus noires, pour arriver à ce beau résultat; je vous
crois enfin susceptible de véritable dévouement pour moi: c'est à ne pas
vous reconnaître, mon pauvre cousin.
«Sans avoir la prétention de mériter les qualifications diaboliques dont
vous me gratifiez dans votre orgueilleux étonnement, comme s'il fallait,
en vérité, avoir recours aux sciences occultes pour être digne ou
capable de vous séduire, je crois avoir sur vous beaucoup d'influence:
cette influence sera fatale si vous le voulez, cela dépendra de vous.
«Je crois encore, comme vous, que ce sont mes vilains défauts qui vous
ont irrésistiblement tourné la tête.
«D'abord vous ne m'avez pas du tout inspiré l'envie d'avoir des vertus
si je n'en possède pas... ou le désir d'en faire montre si j'en possède:
ces perles virginales sont enfouies au fond de l'âme comme les perles au
fond de la mer; ces trésors n'appartiennent jamais à ceux qui s'arrêtent
à la surface des flots... dont ils sont les jouets... Il est des
profondeurs solitaires et mystérieuses que les vues courtes ou débiles
ne pénétreront jamais.
«Nous sommes donc parfaitement d'accord sur beaucoup de points, mon cher
cousin, seulement nous différerons toujours sur le plus important de
tous: vous croyez fermement qu'à force d'amour _vous m'obligerez à vous
aimer_, je vous déclare non moins fermement que jamais je ne vous
aimerai et qu'_à force d'amour_ vous finirez par vous faire détester,
l'amour qu'on inspire étant généralement en raison inverse de l'amour
qu'on ressent; vous devriez savoir au moins votre A B C, seigneur don
Juan.
«Si la passion ne vous rendait pas aussi inintelligent qu'un écolier,
vous verriez une profonde vérité dans ce passage de votre lettre qui n'a
été qu'une boutade de votre vanité froissée:
«_Jamais impératrice romaine n'a plus audacieusement prouvé qu'un
esclave n'était pas un homme._
«J'ai souligné ces mots, ils le méritent; vous avez deviné juste cette
fois: en d'autres termes, cela signifie que _la vengeance n'est pas de
l'amour_. Eh bien! comprenez-vous l'énigme? Devinez-vous-maintenant les
motifs de ma conduite bizarre? Non? Pas encore? Allons, vous n'êtes
décidément pas en veine de sagacité. Je reprends donc les faits d'un peu
haut; tout mon espoir est que cette confession vous donnera de moi une
horrible aversion. Il est malheureusement trop tard maintenant pour que
je puisse vous paraître _respectable_; avec ce _paraître_ j'aurais
sûrement éteint votre folle passion.
«Or donc, en venant à Maran, en pensant même à profiter de l'offre que
m'avait faite autrefois Mathilde, d'occuper à Paris un appartement de
votre maison, mon projet bien arrêté était de vous rendre amoureux fou
de moi; entendez-vous, amoureux fou... et de me servir de votre fol
amour... je vous dirai tout à l'heure dans quel but.
«Je réunissais tontes les conditions nécessaires pour vous séduire:
d'abord je ne vous aimais pas, je me sentais sur vous beaucoup de
supériorité; et de plus je m'étais imaginé que le moyen le plus sûr
d'enamourer un nomme blasé par de nombreux succès était de se moquer de
lui, d'irriter ainsi vivement son orgueil, et, pour l'achever, de le
convaincre que tout en restant parfaitement indifférente à son mérite,
on devait ne pas l'être à celui d'un autre.
«Tout ce beau système, développé avec assez de malice, a obtenu près de
vous le succès que j'attendais.
«A Rouvray, vous m'avez fait, le matin même de votre arrivée chez moi,
une déclaration assez brusque et assez impertinente; j'y ai répondu
comme il fallait pour mes desseins.
«Ici, vous avez renouvelé vos tendres protestations, je vous ai répondu
et prouvé que je ne me souciais pas de vous le moins du monde; par
esprit de contradiction, vous vous êtes passionné: c'était tout simple.
Pendant quelques jours j'ai augmenté votre amour, non pas en le
partageant, mais en le raillant, mais en me montrant à vous sous des
aspects bizarres, mais en affectant un cynisme de principes, une
hardiesse de pensées, qui auraient révolté tout homme d'une âme élevée.
«Je ne pouvais croire moi-même aux progrès que je faisais dans votre
coeur par de si misérables moyens. Si j'avais eu de vous une haute
opinion, la facilite de mon succès l'eût détruite.
«Rappelez-vous encore ceci, seigneur don Juan, ordinairement les femmes
de mon caractère aiment d'autant plus qu'elles ont eu plus de peine à se
faire aimer. Elles dédaignent les succès faciles, la lutte leur agrée,
les obstacles les charment, elles se passionnent pour l'impossible...
«En un mot, profitez de l'avis... si jamais vous retrouvez une de mes
_pareilles_: le seul moyen de la séduire sera de lui montrer de
l'éloignement.
«Pour que vous me plaisiez, mon cher cousin, sous bien des rapports nous
nous ressemblons beaucoup trop (j'espère que je suis humble); notre
nature est de subir la loi de _l'attraction des contraires_. Quand vous
restez dans cette _voie normale_, comme nous disait le savant M. Bisson,
vous réussissez... Voyez... peut-être Mathilde vous adore-t-elle, parce
qu'elle est aussi pure que vous êtes perverti... Quand, au contraire,
vous vous adressez à moi, qui suis peut-être théoriquement aussi avancée
que vous, vous faussez votre destinée, vous perdez vos avantages, et je
me moque de vous.
«Les augures ne pouvaient se regarder sans rire, c'est pour cela que
votre sérieux amour me cause une incroyable hilarité. Prenez garde, un
fripon qui devient dupe est mille fois plus sottement dupe qu'un honnête
homme.
«Ceci dit, mon cher cousin, revenons au sujet de votre étonnement.
«Un jour, brusquement, sans motif (à vos yeux du moins), _vous avez été
à moi sans que j'aie été à vous_, selon votre expression... De ce moment
vous m'avez toujours trouvée froide, dédaigneuse, et aussi insouciante
du passé que s'il n'existait pas... Vous vous étonnez de cette soudaine
indifférence, vous criez au démon, à la fatalité, que sais-je? Vous me
demandez si je vous aimais, si j'avais au moins pour vous un vif
caprice? Nullement; vous êtes charmant, mais j'ai le malheur d'avoir
très-mauvais goût. Comment donc, direz-vous, vous ne ressentiez pour moi
ni passion, ni amour, ni même le plus léger penchant, et... vous... Non,
non, c'est impossible, répétez-vous.
«Vous oubliez, mon cher cousin, qu'il est des passions de toutes sortes,
et que l'amour n'est pas la plus violente de toutes... Vous ignorez donc
que pour satisfaire sa haine et sa vengeance, une femme comme moi ose ce
qu'elle n'oserait jamais si elle éprouvait un amour passionné, ou si
elle ne ressentait même qu'un tendre penchant. Dans ce dernier cas, elle
obéirait à un instinct de coquetterie qui lui dirait qu'un triomphe trop
facile éteint un goût passager.
«Si elle aimait au contraire passionnément, oh! elle ne raisonnerait
pas... L'amour, le véritable et profond amour lui inspirerait les plus
exquises délicatesses... Si elle succombait, elle succomberait avec une
sorte d'enivrement chaste et pudique. Dans son aveugle entraînement,
elle n'aurait la conscience de sa faute qu'après l'avoir commise; elle
en aurait les remords, la honte, la volupté ardente et amère. Enfin ses
ressentiments seraient ceux de la plus noble des femmes, car un amour
sincère élève souvent les coeurs les plus perdus à la hauteur des
coeurs les plus purs...
«Quel est donc ce mystère? Qu'êtes-vous donc pour moi? demandez-vous
encore.
«Écoutez... depuis que j'ai pu analyser mes impressions et me rendre
compte du bien et du mal, j'ai haï votre femme.
«Je l'ai haïe, parce que depuis que je vis il n'y avait pas eu de jour,
d'heure où je ne lui eusse été sacrifiée, où elle ne m'eût écrasée de
ses avantages.
«Jamais l'envie, la jalousie, ne furent exaltées à ce point... Pour la
frapper plus sûrement je voulus la frapper dans ce qu'elle avait de plus
précieux au monde... Je résolus de vous enlever à elle, non parce que
vous me plaisiez, il n'en était rien, mais parce qu'elle vous adorait.
«Quelques jours après cet entretien que Mathilde entendait à mon insu,
j'ai eu avec elle une longue conversation; elle m'a accablée de
reproches. Elle m'a menacée par ses mépris, et maintenant je dois dire
par ses _justes mépris_; elle a exaspéré mes plus mauvais sentiments.
Vous m'aviez donné un rendez-vous, j'ai hâté le moment d'assurer à la
fois et ma vengeance et mon empire sur vous; car alors... Mais, non,
non, vous ne saurez jamais quels odieux desseins je méditais... vous
m'aimeriez trop, et je veux vous détacher de moi.
«Maintenant, souvenez-vous que le soir de ce _jour de bonheur, sans
lendemain_, comme vous dites, mademoiselle de Maran a reçu des lettres
de Paris, et que devant moi elle vous a appris toutes les abominables
calomnies dont Mathilde était victime.
«Malgré les méchantes exagérations de mademoiselle de Maran, j'ai bien
vite compris que la réputation de Mathilde était aux yeux du monde
horriblement compromise. Le hasard m'apprit ainsi que cette femme, dont
le bonheur m'exaspérait depuis mon enfance, était la plus malheureuse
des créatures.
«Jusqu'alors elle avait vécu pour vous et pour la vertu; elle avait
toujours été digne de tous les amours et de tous les respects... et sa
bonne renommée était presque perdue... et vous la délaissiez pour moi,
pour moi...
«C'était trop.
«Maintenant, qui m'a inspiré l'intérêt, la pitié qui a succédé tout à
coup à la haine que je portais à Mathilde? Est-ce un noble et bon
sentiment? Ne serait-ce pas plutôt la conviction que votre femme, étant
à tout jamais malheureuse, ne peut plus être pour moi un sujet
d'envie?... ou bien encore, ne serait-ce pas la connaissance parfaite
que j'ai de votre caractère et de ce qu'il présage à Mathilde?... Oui,
c'est plutôt cela qui m'a désarmée... Ma vengeance étant plus que
satisfaite par l'avenir que vous ménagez à votre femme, votre amour me
devient parfaitement inutile. Excusez-moi, mon cousin, de _vous avoir
séduit pour rien_.
«En ce qui touche cette pauvre Mathilde, je ne puis malheureusement rien
sur le passé; mais je puis pour l'avenir...
«Je suis une femme si singulière, que du moment où je me suis sentie
apitoyée sur elle, j'aurais regardé comme un crime de lui donner le
moindre motif de jalousie à votre égard.
«Voilà le pourquoi de ma froideur subite, voilà pourquoi vous devez
absolument renoncer à l'espoir assez coquet de _me changer de panthère
en brebis, de partager mon ciel ou mon enfer_. Mon Dieu! mon cher
cousin, je ne suis ni une panthère, ni un ange, ni un démon; je ne
pratique ni le ciel ni l'enfer... je suis tout simplement une pauvre
femme qui ne vous aime pas, et je fais d'autant plus aisément le voeu
de vous rendre à mon amie d'enfance, que ce sacrifice m'est fort
agréable, de sorte que mon dévouement peut passer pour de l'égoïsme.
«Vous me permettrez donc de ne _pas briser les liens_ qui m'unissent au
meilleur homme du monde, _afin d'aller cacher notre amour dans un pays
lointain_: il n'est pas besoin d'aller si loin pour cacher quelque chose
qui n'existe pas... J'abdique aussi très-volontairement toute
_souveraineté_ sur votre âme; mille grâces de ce beau royaume que vous
mettez si gracieusement à mes pieds. J'aime mieux vivre esclave à
l'ombre protectrice d'une fraîche oasis que de régner sur un désert
aride et desséché. N'oubliez pas surtout, je vous en conjure, de
m'épargner ces preuves de dévouement, ces sacrifices inouïs dont vous me
menacez et dont je suis très-indigne... Vous me gêneriez infiniment dans
la secrète recherche que je veux faire de mon tyran futur, car je me
sens destinée à éprouver pour je ne sais quel mystérieux idéal une
passion aussi _immuable_, aussi _fatale_ que celle que vous éprouvez
pour moi.
«Où s'est jusqu'ici caché ce mystérieux et futur despote de tout mon
être?... c'est ce que j'ignore... Mais ce qui est certain, c'est que
votre sombre aspect l'effaroucherait.
«Ne comptez pas, je vous en conjure, sur votre intimité avec mon mari
pour venir me voir à Paris, dans le cas où vous feriez la folie de m'y
suivre.
«Pour expliquer à M. Sécherin mon brusque départ, je serai forcée de lui
avouer que vous vous occupiez un peu trop de moi, et que pour la
tranquillité de Mathilde et pour m'épargner votre obsession, j'ai jugé à
propos de quitter Maran.
«Vous le voyez donc bien, vous seriez très-mal venu à vouloir faire le
_cousin_ auprès de nous.
«Restez avec Mathilde. Vous parlez de bon et de mauvais génie; si vous
avez, je ne dirai pas quelque générosité, mais seulement l'instinct de
votre conservation, vous reviendrez à elle. C'est elle qui sera votre
bon ange.
«Si, malgré ma profonde indifférence pour vous, vous vous opiniâtrez à
vous faire aimer de moi, je serai, sans le vouloir, votre mauvais démon.
«Vous m'aimez passionnément, je le crois; mais on a toujours raison
d'une passion sans espoir... aussi, dans l'intérêt de Mathilde et dans
l'intérêt de ma _tranquillité_ (prenez, je vous prie, ce mot dans cette
acception prosaïque: n'être pas importunée par un fâcheux), je m'efforce
de vous convaincre de la vanité absolue de vos tentatives à venir.
«Toute ma crainte est que vous conserviez quelque espérance. Malgré
votre apparente humilité, vous avez un fond d'amour-propre intraitable,
d'autant plus dangereux que vous avez de quoi le justifier auprès de
tous... excepté auprès de moi. C'est ce que vous ne croyez peut-être
pas... On n'admet jamais les exceptions blessantes...
«Plutôt que de vous avouer que vous ne me plaisez pas, vous êtes capable
de vous persuader que je romps avec vous d'une manière brusque et
cynique pour échapper à un sentiment dont je redoute et dont je prévois
l'empire... Homme trop dangereux!!! ah! mon cousin... mon cousin... si
vous vous laissiez prendre à l'une de ces amorces, que votre orgueil
révolté vous tendra certainement, vous seriez à jamais perdu.
«Plus je vous témoignerais de dédain et d'aversion, plus vous vous
croiriez redoutable et redouté; selon cet axiome: Que l'on n'éloigne que
les gens dangereux... comme si les ennuyeux n'étaient pas de ce nombre.
«Prenez garde... prenez garde... tous vos avantages alors ne vous
sauveraient pas d'un ridicule ineffaçable; je serais impitoyable, car je
prendrais en main la cause de Mathilde; je la vengerais en vous
tourmentant, et pour la venger, je serais capable de feindre la pitié,
de feindre d'être enfin touchée d'un si profond et si constant amour, de
vous faire quelques fausses promesses, et de me jouer de vous de la
manière la plus sanglante...
«Une fois pour toutes, défiez-vous de moi, dès que je vous paraîtrai
éprouver à votre égard autre chose que la plus complète indifférence.
«Ainsi donc, mon cousin, oubliez-moi pour qui vaut mille fois mieux que
moi. Revenez à Mathilde: c'est un coeur d'or, c'est une âme qui n'est
ni de ce temps ni de ce monde.
«Maintenant que, par une bizarre contradiction, elle m'intéresse autant
par son malheur qu'elle me révoltait par son bonheur, je puis le dire,
c'est une de ces natures tellement excellentes, tellement riches,
tellement portées à croire au bien et à nier le mal, parce qu'elles sont
pétries de noblesse et de générosité, qu'il suffit de quelques semblants
pour les rendre complétement heureuses.
«Incapables de croire au mensonge, ces pauvres âmes ont la confiance
ingénue des enfants. Il faut si peu, si peu, pour exciter leur joie
naïve et candide, qu'on serait un monstre de les affliger.
«Vous l'avez vu... depuis huit jours, par prudence, vous avez feint un
retour à elle; comme sa charmante figure rayonnait de bonheur!... et
puis elle est mère!... elle est mère!... monsieur... et vous avez eu le
honteux courage de m'écrire: «_L'état dans lequel se trouve ma femme
l'empêchera de venir à Paris..._»
«Tenez, monsieur de Lancry, je suis capable et coupable de bien des
mauvaises actions, je ne sais pas ce que l'avenir me réserve de
commettre encore; mais jamais, je le jure, je n'aurai à me reprocher
l'équivalent de ces odieuses paroles.
«Décidément, vous êtes le plus ingrat, le plus égoïste, le plus
insensible des hommes, car la passion vous déprave... au lieu de vous
ennoblir! C'est d'ailleurs naturel, une passion dépravée ne peut élever
le coeur...
«Gardez-vous encore de votre vanité, qui vous dira peut-être que
Lovelace et don Juan ne valaient pas mieux que vous, et que mon reproche
signifie _adorable scélérat_...
«Vous vous tromperiez singulièrement: moi qui suis un don Juan femelle,
je sais ce que vaut le don-juanisme; j'ai même honte de voir les
passions que j'inspire se traduire par de si mauvais instincts: comme le
sorcier du conte allemand, je recule épouvantée du monstre que j'ai
produit, et qui vient à grands cris me demander d'être sa compagne.
«Oubliez-moi donc, mon cousin; encore une fois, si vous vous opiniâtrez
dans votre fol amour, je vous prédis la plus malheureuse fin du monde,
et vous me ferez croire à ces rémunérations et à ces punitions divines
dont parlait toujours mon insupportable belle-mère.
«A un coupable tel que vous il fallait une _punition_ telle que moi:
seulement, comme ce rôle de vengeance divine est un peu sérieux pour mon
âge, je vous saurais un gré infini de me l'éviter en vous amendant et en
devenant le plus honnête et le plus fidèle des maris, ce qui veut dire
le plus heureux et le plus adoré des hommes, puisque Mathilde est votre
femme.
«Adieu, adieu, et pour toujours adieu... Souvenez-vous surtout qu'il ne
s'est jamais agi d'amour entre nous, mais d'une infâme trahison envers
la plus noble des femmes. _Vous avez été mon_ COMPLICE, jamais mon
AMANT.»