A toi, le premier de mes vieux camarades qui me souhaita une chaleureuse
bienvenue à mon retour en France, après mes longues années d’exil, à toi
ces pages écrites sous les splendeurs du ciel, au milieu des parfums des
orangers qui penchent leurs fruits d’or sur le rivage d’azur! Tu les
aimes comme moi, les sites ensoleillés parcourus ensemble le dernier
hiver; car, nous avons conservé tous deux la nostalgie de cette belle
Algérie qu’ils rappellent en tant de points, et où sous le burnous rouge
nous fîmes nos premières chevauchées de guerre, jetant à tous les vents
de l’Espérance notre insouciance et notre jeunesse. Combien lointains
sont ces temps! combien de déceptions, d’amertumes, et combien profonds
sont les vides! Mais notre vieille et sincère amitié est restée debout
au milieu des ruines du passé, et c’est pourquoi je suis heureux et fier
de le répéter ici en t’offrant la dédicace de ce livre.