En effet, il fallait le voir pour le croire.
Je la contemplais goulûment. Crédieu, qu'elle était jolie en peignoir!
La valse marchait toujours. Nous étions assis à côté l'un de l'autre,
sur un divan.
--À quoi penses-tu? fit-elle brusquement.
--Je suis en train de calculer la surface approximative de ton joli
corps, et, divisant mentalement cette superficie par celle d'un baiser,
je calcule combien de fois je pourrais t'embrasser sans t'embrasser à la
même place!
--Et ça fait combien?
--C'est effrayant!... Tu ne le croirais pas.
La valse était finie. Il était 10 h 35. L'artiste s'épongeait.
--Superbe, superbe, superbe!
--Seulement, ajouta Nanette, monsieur ne la trouve pas assez longue.
Monsieur me faisait remarquer avec raison qu'après le grand machin
brillant, tu sais, ploum, ploum, ploum, pataploum, tu devrais reprendre
la mélodie, tu sais, tra la la la, tra la la la la!
--C'est votre avis, monsieur?
--Je crois que ça ferait mieux!
Je pris congé. Il était temps. J'allais mourir de rire.
Mais je revins le lendemain.
_Mon_ compositeur était sorti. Ce fut Nanette qui me reçut, en peignoir,
les cheveux sur le dos, comme la veille.
Le divan était là-bas, large, tentant.
Je devins pressant.
Nanette se défendait mollement:
--Non, pas maintenant.... Quand il sera là!
--!!!!!...
--Oui, ce sera bien plus drôle.... Pendant sa valse!