Sitôt rentré dans sa case, Mathias s'affaissa sur sa couchette et, pour
la première fois de sa vie, cet homme d'ébène pleura.
Il pleura longuement, copieusement, des larmes de rage et de désespoir.
Puis une lassitude physique s'empara de lui, il désira se coucher.
Un regard jeté sur son miroir lui arracha un cri.
Ses larmes sur ses joues lui avaient laissé comme une large traînée
blanche.
Que s'était-il donc passé?
Oh! rien que de bien simple et de bien explicable.
Les larmes de Mathias, rendues fortement caustiques par l'excès
_sodo-magnésien_ du désespoir, détruisaient le pigment noir de la peau,
et du rose apparaissait[5].
[Note 5: Des personnes ignorantes pourront s'étonner de ce que des larmes
assez caustiques pour détruire le noir, puissent respecter le rose.
Parce que, tas de brutes, la coloration rose de la peau n'est pas due à
un pigment, mais bien au sang qu'on aperçoit par transparence.]
Trait de lumière!