PREMIER VOYAGE AUX ÉCHELLES

Il faut parler de mon oncle, cet homme aimable qui portait la joie dans

la famille quand des _Échelles_ (Savoie), où il était marié, il venait

à Grenoble.

En écrivant ma vie en 1835, j'y fais bien des découvertes; ces

découvertes sont de deux espèces: d'abord, 1° ce sont de grands

morceaux de fresques sur un mur, qui depuis longtemps oubliés

apparaissent tout-à-coup, et à côté de ces morceaux bien conservés

sont, comme je l'ai dit plusieurs fois, de grands espaces où l'on ne

voit que les briques du mur. L'éparvérage, le crépi sur lequel la

fresque était peinte est tombé[2], et la fresque est à jamais perdue.

A côté des morceaux de fresque conservés il n'y a pas de date, il faut

que j'aille à la chasse des dates actuellement, en 1835. Heureusement,

peu importe un anachronisme, une confusion d'une ou de deux années. A

partir de mon arrivée à Paris en 1799, comme ma vie est mêlée avec les

événements de la gazette, toutes les dates sont sûres.

2° en 1835, je découvre la physionomie et le pourquoi des événements.

Mon oncle (Romain Gagnon) ne venait probablement à Grenoble, vers 1795

ou 96, que pour voir ses anciennes maîtresses et pour se délasser des

Échelles où il régnait, car les Échelles sont un bourg, composé alors

de manants enrichis par la contrebande et l'agriculture, et dont le

seul plaisir était la chasse. Les _élégances_ de la vie, les jolies

femmes gaies, frivoles et bien parées, mon oncle ne pouvait les trouver

qu'à Grenoble.

* * * * *

Je fis un voyage aux Échelles, ce fut comme un séjour dans le ciel,

tout y fut ravissant pour moi. Le bruit du _Guiers_, torrent qui

passait à deux cents pas devant les fenêtres de mon oncle, devint un

son sacré pour moi, et qui sur-le-champ me transportait dans le ciel.

Ici déjà les phrases me manquent, il faudra que je travaille et

transcrive les morceaux, comme il m'arrivera plus tard pour mon séjour

à Milan; où trouver des mots pour peindre le bonheur parfait goûté avec

délices et sans satiété par une aine sensible jusqu'à l'anéantissement

et la folie?

Je ne sais si je ne renoncerai pas à ce travail. Je ne pourrais, ce

me semble, peindre ce bonheur ravissant, pur, frais, divin, que par

l'énumération des maux et de l'ennui dont il était l'absence complète.

Or, ce doit être une triste façon de peindre[3] le bonheur.

Une course de sept heures dans un cabriolet léger par Voreppe, la

Placette et Saint-Laurent-du-Pont me conduisit au Guiers, qui alors

séparait la France de la Savoie[4]. Donc, alors la Savoie n'était

point conquise par le général Montesquiou, dont je vois encore le

plumet; elle fut occupée vers 1792, je crois. Mon divin séjour aux

Échelles est donc de 1790 ou 91. J'avais sept ou huit ans.

Ce fut un bonheur subit, complet, parfait, amené et maintenu par

un changement de décoration. Un voyage amusant de sept heures fait

disparaître à jamais Séraphie, mon père, le rudiment, le maître de

latin, la triste maison Gagnon de Grenoble, la bien autrement triste

maison de la rue des Vieux-Jésuites.

Séraphie, le cher père[5], tout ce qui était si terrible et si

puissant à Grenoble me manque aux Échelles. Ma tante Camille Poucet,

mariée à mon oncle Gagnon, grande et belle personne, était la bonté et

la gaieté même. Un an ou deux avant ce voyage, près du pont de Claix,

du côté de Claix, au point A[6], j'avais entrevu un instant sa peau

blanche à deux doigts au-dessus des genoux, connue elle descendait de

notre charrette couverte. Elle était pour moi, quand je pensais à

elle, un objet du plus ardent désir. Elle vit encore, je ne l'ai pas

vue depuis trente ou trente-trois ans, elle a toujours été parfaitement

bonne. Etant jeune, elle avait une sensibilité vraie. Elle ressemble

beaucoup à ces charmantes femmes de Chambéry (où elle allait souvent,

à cinq lieues de chez elle) si bien peintes par J.-J. Rousseau

(Confessions)[7]; elle avait une sœur de la beauté la plus fine, du

teint le plus pur, avec laquelle il me semble que mon oncle faisait

un peu l'amour. Je ne voudrais pas jurer qu'il n'honorât aussi de ses

attentions la _Fanchon_, la femme de chambre factotum, la meilleure et

la plus gaie des filles, quoique point jolie.

Tout fut sensations exquises et poignantes de bonheur dans ce voyage,

sur lequel je pourrais écrire, vingt pages de superlatifs.

La difficulté, le regret profond de mal peindre et de gâter ainsi un

souvenir céleste, où le sujet surpasse trop le disant, me donne une

véritable peine au lieu du plaisir d'écrire. Je pourrai bien ne pas

décrire du tout par la suite le passage du Mont-Saint-Bernard avec

l'armée de réserve (16 au 18 mai 1800) et le séjour à Milan dans la

Casa Castelbarco ou dans la Casa Bovara.

Enfin, pour ne pas laisser en blanc le voyage des Échelles, je noterai

quelques souvenirs qui doivent donner une idée aussi inexacte que

possible des objets qui les causèrent. J'avais huit ans lorsque j'eus

cette vision du ciel.

Une idée me vient, peut-être que tout le malheur de mon affreuse vie

de Grenoble, de 1790 à 1799, a été un bonheur, puisqu'il a amené le

bonheur, que pour moi rien ne peut surpasser, du séjour aux Échelles et

du séjour à Milan du temps de Marengo.

Arrivé aux Échelles, je fus l'ami de tout le monde, tout le monde me

souriait comme à un enfant rempli d'esprit. Mon grand-père, homme du

monde, m'avait dit: «Tu es laid, mais personne ne te reprochera jamais

ta laideur.»

J'ai appris, il y a une dizaine d'années, qu'une des femmes qui m'a le

mieux ou du moins le plus longtemps aimé, Victorine Bigillion, parlait

de moi dans les mêmes termes après vingt-cinq ans d'absence.

Aux Échelles, je fis mon amie intime de _la Fauchon_, comme on

l'appelait. J'étais en respect devant la beauté de ma _tatan_ Camille

et n'osais guère lui parler, je la dévorais des yeux. On me conduisit

chez MM. Bonne ou de Bonne, car ils prétendaient fort à la noblesse, je

ne sais même s'ils ne se disaient pas parents de Lesdiguières.

J'ai, quelques années après, retrouvé trait pour trait le portrait

de ces bonnes gens dans les _Confessions_ de Rousseau, à l'article

Chambéry.

Bonne l'aîné, qui cultivait le domaine de Berlandet, à dix minutes des

Échelles, où il donna une fête charmante avec des gâteaux et du lait,

où je fus monté sur un âne mené par Grubillon fils, était le meilleur

des hommes; son frère M. Biaise, le notaire, en était le plus nigaud.

On se moquait toute la journée de M. Blaise, qui riait avec les autres.

Leur frère, Bonne-Savardin, négociant à Marseille, était fort élégant:

mais le courtisan de la famille, le roué que tous regardaient avec

respect, était au service du roi à Turin, et je ne fis que l'entrevoir.

Je ne me souviens de lui que par un portrait que Mme Camille

Gagnon a maintenant dans sa chambre à Grenoble (la chambre de feu mon

grand-père; le portrait, garni d'une croix rouge, dont toute la famille

est fière, est placé entre la cheminée et le petit cabinet[8]).

Il y avait aux Échelles une grande et belle fille, Lyonnaise réfugiée.

(Donc la Terreur avait[9] commencé à Lyon, ceci pourrait me donner

une date certaine. Ce délicieux voyage eut lieu avant la conquête de la

Savoie par le général Montesquiou, comme on disait alors, et après que

les royalistes se sauvaient de Lyon.)

Mlle Cochet était sous la tutelle de sa mère, mais

accompagnée par son amant, un beau jeune homme, M...[10], brun et

qui avait l'air assez triste. Il me semble qu'ils venaient seulement

d'arriver de Lyon. Depuis, Mlle Cochet a épousé un bel

imbécile de mes cousins (M. Doyat, de La Terrasse, et a eu un fils à

l'École polytechnique. Il me semble qu'elle a été un peu la maîtresse

de mon père). Elle était grande, bonne, assez jolie et, quand je la

connus aux Échelles, fort gaie. Elle fut charmante à la partie de

Berlandet. Mais Mlle Poncet, sœur de Camille (aujourd'hui

madame veuve Blanchet), avait une beauté plus fine; elle parlait fort

peu.

La mère de ma tante Camille et de MMlle ...[11], madame

Poncet, sœur des Bonne et de madame Giraud, et belle-mère de mon oncle,

était la meilleure des femmes. Sa maison, où je logeais, était le

quartier général de la gaieté[12].

Cette maison délicieuse avait une galerie de bois, et un jardin du côté

du torrent le Guiers. Le jardin était traversé obliquement par la digue

du Guiers[13].

* * * * *

À une seconde partie à Berlandet je me révoltai par jalousie, une

demoiselle que j'aimais avait bien traité un rival de vingt ou

vingt-cinq ans. Mais quel était l'objet de mes amours? Peut-être cela

me reviendra-t-il comme beaucoup de choses me reviennent en écrivant.

Voici le lieu de la scène[14], que je vois aussi nettement que si je

l'eusse quitté il y a huit jours, mais sans physionomie.

Après ma révolte par jalousie, du point A je jetai des pierres à ces

dames. Le grand Corbeau (officier en semestre) me prit et me mit sur un

pommier ou mûrier en M, au point O, entre deux branches dont je n'osais

pas descendre. Je sautai, je me lis mal, je m'enfuis vers Z.

Je m'étais un peu foulé le pied et je fuyais en boitant; l'excellent

Corbeau me poursuivit, me prit et me porta sur ses épaules jusqu'aux

Échelles.

Il jouait un peu le rôle de _patito_, me disant qu'il avait été

amoureux de Mlle Camille Poncet, ma tante, qui lui avait

préféré le brillant Romain Gagnon, jeune avocat de Grenoble revenant

d'émigration à Turin[15].

J'entrevis à ce voyage Mlle Thérésine Maistre, sœur de M.

le comte de Maistre, surnommé Bance, et c'est Bance, auteur du _Voyage

autour de ma Chambre_, dont j'ai vu la montée à Rome vers 1832; il

n'est plus qu'un ultra fort poli, dominé par une femme russe, et

s'occupant encore de peinture. Le génie et la gaieté ont disparu, il

n'est resté que la bonté.

Que dirai-je d'un voyage à la Grotte[16]? J'entends encore les

gouttes silencieuses tomber du haut des grands rochers sur la route. On

fit quelques pas dans la grotte avec ces dames: Mlle Poncet

eut peur, Mlle Cochet montra plus de courage. Au retour,

nous passâmes par le pont Jean-Lioud (Dieu sait quel est son vrai nom).

Que dirai-je d'une chasse dans le bois de Berland, rive gauche du

Guiers, près le pont Jean-Lioud? Je glissais souvent sous les immenses

hêtres. M..., l'amant de Mlle Cochet, chassait avec ... (les

noms et les images sont échappés). Mon oncle donna à mon père un chien

énorme, nommé Berland, de couleur noirâtre. Au bout d'un an ou deux, ce

souvenir d'un pays délicieux pour moi mourut de maladie, je le vois

encore.

Sous les bois de Berland je plaçai les scènes de l'Arioste.

Les forets de Berland et les précipices en forme de falaises qui les

bornent du côté de la route de Saint-Laurent-du-Pont devinrent pour moi

un type cher et sacré. C'est là que j'ai placé tous les enchantements

d'Ismène de la Jérusalem délivrée. A mon retour à Grenoble, mon

grand-père me laissa lire la traduction de la _Jérusalem_ par Mirabaud,

malgré toutes les observations et réclamations de Séraphie.

Mon père, le moins élégant, le plus finasseur, le plus politique,

disons tout en un mot, le plus Dauphinois des hommes, ne pouvait pas

n'être pas jaloux de l'amabilité, de la gaieté, de l'élégance physique

et morale de mon oncle.

Il l'accusait de _broder_ (mentir); voulant être aimable comme mon

oncle à ce voyage aux Échelles, je voulus broder pour l'imiter.

J'inventai je ne sais quelle histoire de mon rudiment. (C'est un volume

caché par moi sous mon lit pour que le maître de latin (était-ce M.

Joubert ou M. Durand?) ne me marquât pas (avec l'ongle) les leçons à

apprendre aux Échelles.)

Mon oncle découvrit sans peine le mensonge d'un enfant de huit ou neuf

ans; je n'eus pas la prudence d'esprit de lui dire: «Je cherchais à

être aimable comme toi!» Comme je l'aimais, je m'attendris, et la

leçon me fit une impression profonde.

En me _grondant_ (reprenant) avec cette raison et cette justice, on

eût tout fait de moi. Je frémis en y pensant: si Séraphie eût eu la

politesse et l'esprit de son frère, elle eût fait de moi un jésuite

[17].

(Je suis tout _confit de mépris_ aujourd'hui. Que de bassesse et de

lâcheté il y a dans les généraux de l'Empire! Voilà le vrai défaut du

genre de génie de Napoléon: porter aux premières dignités un homme

parce qu'il est brave et a le talent de conduire une attaque. Quel

abîme de bassesse et de lâcheté morales que les Pairs[18] qui

viennent de condamner le sous-officier Samto à une prison perpétuelle,

sous le soleil de Pondichéry, pour une faute méritant à peine six mois

de prison! Et six pauvres jeunes gens ont déjà subi vingt mois (18

décembre 1835)!

Dès que j'aurai reçu mon _Histoire de la Révolution_ de M. Thiers, il

faut que j'écrive dans le blanc du volume de 1793 les noms de tous les

généraux Pairs[19] qui viennent de condamner M. Thomas, afin de

les mépriser suffisamment tout en lisant les belles actions qui les

firent connaître vers 1793. La plupart de ces infâmes ont maintenant

soixante-cinq à soixante-dix ans. Mon plat ami Félix Faure a la

bassesse infâme sans les belles actions. Et M. d'Houdetot[20]! Et

Dijon! Je dirai comme Julien: Canaille! Canaille! Canaille!)

Excusez cette longue parenthèse, ô lecteur de 1880! Tout ce dont

je parle sera oublié à cette époque. La généreuse indignation qui

fait palpiter mon cœur m'empêche d'écrire davantage sans ridicule.

Si en 1880 on a un gouvernement passable, les cascades, les rapides,

les anxiétés par lesquelles la Fr[ance] aura passé pour y arriver

seront oubliées, l'histoire n'écrira qu'un seul mot à celui du nom de

Louis-Philippe: _le plus fripon des Kings._

M. de Corbeau, devenu mon ami depuis qu'il m'avait rapporté sur son dos

de Berlandet aux Échelles, me menait à la pêche de la truite à la ligne

dans le Guiers. Il pêchait entre les portes de Chailles, au bas des

précipices du défilé de Chailles, et le pont des Échelles, quelquefois

vers le pont Jean-Lioud. Sa ligne avait quinze ou vingt pieds. Vers

Chailles, en relevant vivement l'hameçon, sa ligne de crin blanc passa

sur un arbre, et la truite de trois-quarts de livre[21] nous apparut

pendant à vingt pieds de terre au haut de l'arbre, qui était sans

feuilles. Quelle joie pour moi[22]!

[Footnote 1: Le _chapitre XIII_ se trouve dans un cahier séparé, côté B 300

(Bibl. mun. de Grenoble), en même temps que les chapitres V et XV. Il

va du feuillet 15 au feuillet 38, et porte une foliotation spéciale,

de 1 à 24. En tête, Stendhal indique: «Dicter ceci et le faire écrire

sur le papier blanc à la fin du 1er volume. Relier ce chapitre à la

fin du second volume. 18 décembre.» Il ajoute: «Placer ce morceau vers

1792 à son rang, vers 1791.» Un feuillet intercalaire porte encore:

«A placer à son époque, avant la conquête de la Savoie par le général

Montesquiou, avant 1792. A faire copier sur le papier blanc. Placer

a la fin du 1er volume.»--Le chapitre XIII a été écrit n Rome le 18

décembre 1835, par un «froid de chien».]

[Footnote 2: ... _le crépi sur lequel la fresque était peinte est tombé

..._--On lit en tête du fol. 2: «18 décembre 1835. Omar. Froid de

chien, avec nuages au ciel.»]

[Footnote 3: ... _triste façon de peindre le bonheur._--Variante: «_Rendre._»]

[Footnote 4: ... _qui alors séparait la France de la Savoie._--On lit en tête

du fol. 5: «18 déc. Froid de loup près du feu.»]

[Footnote 5: ... _le cher père ..._--Lecture incertaine.]

[Footnote 6: _ ...du côté de Claix, au point A ..._--En face, dans la marge,

est un dessin représentant une coupe du pont de Claix. Le point A est

sur la route, au sud du pont, sur la rive gauche du Drac.]

[Footnote 7: ... _J.-J. Rousseau (Confessions) ..._--On lit en tête du fol. 7:

«18 décembre 1835. Froid à deux pieds de mon feu. Omar.»]

[Footnote 8: ... _entre la cheminée et le petit cabinet._--En face, est un

plan de la chambre, avec la place du portrait, près de la cheminée.]

[Footnote 9: _Donc la Terreur avait commencé ..._--Variante: «_Etait

commencée._»]

[Footnote 10: ... _un beau jeune homme, M ..._--Le nom est en blanc.]

[Footnote 11: _La mère de ma tante Camille et de Mlle ..._--Le nom est en

blanc. Il s'agit sans doute de Marie Poncet, sœur de madame Romain

Gagnon.]

[Footnote 12: _Sa maison, où je logeais ..._--Plan des Échelles et de ses

environs, avec la maison Poncet (M). «Aux points AA étaient les poteaux

avec les armes de Savoie du cité de la rive droite.»]

[Footnote 13: ... _par la digue du Guiers._--Ici, un plan de la maison Poncet,

avec le jardin traversé par la digue du Guiers.]

[Footnote 14: _Voici le lieu de la scène ..._--Suit un plan grossier de la

scène: derrière une haie se trouve Beyle jetant des pierres aux dames,

assises sur une «pente rapide en gazon». C'est une «pente de huit ou

dix pieds où toutes ces dames étaient assises, On riait, on buvait du

ratafia de Teisseire (Grenoble), les verres manquant, dans des dessus

de tabatière d'écaillé». Plus haut est l'arbre M dans la fourche duquel

fut placé Beyle, en O; tout près est un ruisseau, le long duquel il

s'enfuit.]

[Footnote 15: ... _revenant d'émigration à Turin._--En tête du fol. 17 on lit:

«18 décembre 1835. Froid; jambe gauche gelée.»]

[Footnote 16: _Que dirai-je d'un voyage à la Grotte?_--Au verso du fol. 17 est

un plan des environs des Échelles. La grotte y est figurée, avec son

entrée sur la «route de Chambéry», non loin des «roches énormes coupées

par Philibert-Emmanuel» et de la «coupure dans le roc par Napoléon».

Y sont figurés l' «ancienne route» des Échelles, la «nouvelle route

que je n'ai jamais vue, faite vers 1810», et le sentier conduisant, au

«pont Jean-Lioud, à 100 pieds ou 80 au-dessus du torrent».--Au verso du

fol. 18 est encore un plan du défilé de Chailles; Stendhal y a indiqué

la situation de «Corbaron, domaine de M. de Corbeau». Dessous est un

«détail des Portes de Chailles»: «là sont quatre diocèses».]

Le pont Jean-Lioud, que Stendhal orthographie Janliou, est jeté

sur le Guiers-Mort, lequel avait son cours entièrement en France.

C'est le Guiers-Vif qui servait de frontière entre la France et la

Savoie.--Actuellement, le pont Jean-Lioud est une passerelle en bois,

utilisée par le charmant chemin qui va d'Entre-deux-Guiers à Villette,

près Saint-Laurent-du-Pont.]

[Footnote 17: ... _elle eût fait de moi un jésuite._--Ms.: «_Tejé._»]

[Footnote 18: _ ...les Pairs ..._--Ms.: «_Sraip._»]

[Footnote 19: ... _tous les généraux Pairs ..._--Ms.: «_Sairp._»]

[Footnote 20: ... _M. d'Houdetot ..._--Ms.: «_Detothou._»]

[Footnote 21: ... _la truite de trois-quarts de livre ..._--Suit une

parenthèse comprenant trois ou quatre mots illisibles.]

[Footnote 22: _Quelle joie pour moi!_--Le chapitre est inachevé. On lit à la

fin: «A 4 h. 50 m., manque de jour; je m'arrête.»]

Vie de Henri Brulard, tome 1 · 第 45 / 82 题