Une édition nouvelle et forte augmentée était entreprise; malheureusement

il n’a paru que la première livraison. On assure que tous les matériaux

de ce livre sont réunis et classés de façon qu’il serait facile d’en

achever la publication. Tous les bibliophiles, tous les amis de l’étude

doivent faire des vœux pour qu’un éditeur intelligent et zélé se charge

de placer sous les yeux du public cette œuvre à laquelle le meilleur

accueil est réservé d’avance.

On serait dans une complète erreur si l’on croyait pouvoir apprécier

l’activité de M. Quérard d’après les publications qu’il a fait paraître.

Quelque étendues qu’elles soient, elles ne constituent qu’une faible

partie de ce qu’il avait écrit; sa main n’avait pas de repos, sa tête ne

connaissait pas de relâche; le mot impossible n’existait point pour lui.

Il caressait le projet de l’_Encyclopédie du bibliothécaire_, répertoire

très-étendu, trop développé peut-être, dont il fit paraître le prospectus

il y a une dizaine d’années, et qui devait devenir le _Manuel du

travailleur_; il préparait une bibliographie complète des _Ana_; il

voulait continuer la série des monographies bibliographiques qu’il

avait ouverte par ses excellents travaux sur Voltaire et sur Lamennais;

George Sand, le comte de Maistre, Victor Hugo, d’autres personnages

célèbres devaient tour à tour figurer dans cette galerie. La suite de la

_France littéraire_ contient, en ce genre, une bibliographie relative

à Robespierre qui ne laisse rien à désirer. Une autre, qui concerne

Marie-Antoinette, se trouve aujourd’hui incomplète, mais elle renferme

d’excellents matériaux.[55]

La vie de Quérard, il faut le reconnaître, ne fut pas toujours prospère;

il n’avait pas de fortune, et les travaux bibliographiques ne conduisent

pas à la richesse. Il eut des procès avec des éditeurs, des querelles

avec d’autres savants. Son humeur était assez belliqueuse, et la

polémique avait des charmes pour lui. Il éprouva des accès d’humeur et

de dépit; il se crut parfois victime de torts qu’il s’exagérait, des

inimitiés que se créait son imagination. Il laissa trop souvent ses

écrits devenir les organes de ses rancunes. Divers personnages, plus ou

moins en renom, sont assez maltraités sous sa plume, et l’on prétend

que le manuscrit qu’il destinait à l’impression était encore bien plus

accentué, mais que les imprimeurs exigeaient des modifications et des

suppressions. L’auteur se dédommageait dans ses conversations, où il

laissait courir sa verve malicieuse, soutenue par une connaissance intime

des hommes et des faits de la littérature contemporaine.

Ces critiques, souvent acerbes, et parfois sans doute dénuées de base

réelle, avaient procuré à Quérard bien des inimitiés; il ne s’en

affligeait pas, mais il se trouva exclu des faveurs de l’administration.

Personne mieux que lui n’était désigné pour entrer dans une de ces

bibliothèques où l’on a des loisirs. C’eût été, comme disent les Anglais:

_The right man in the right place_; il n’obtint rien, fut laissé à

l’écart, et peu de mois avant sa mort, une décoration seule vint lui

prouver que ses longs et rudes travaux avaient enfin attiré l’attention

d’un des ministres de l’instruction publique.

Quérard est mort comme il avait vécu, pauvre, mais indépendant, sachant

se contenter de peu, n’existant que pour et par les livres. Une autre

fois, nous pourrons chercher à dresser la liste de ses travaux trop

souvent restés inachevés, l’auteur les interrompant pour les recommencer

ou pour les continuer d’après de nouvelles idées. C’est ainsi que le

_Dictionnaire des auteurs déguisés_, entrepris en 1845,[56] fit place

au _Dictionnaire des auteurs anonymes et pseudonymes_ qui en est resté

au mot _Almanach_, et qui, à partir de 1854, a reparu sous une forme

différente, arrivant au public par livraisons que séparaient de longs

intervalles et qui restent interrompues. Une publication périodique, à

laquelle il avait donné son nom, le _Quérard, Archives littéraires_,[57]

n’a vécu que deux ans. D’autres périodiques vécurent moins encore,

et nous laissons de côté divers opuscules qui ne furent pas toujours

dictés par le sentiment du pardon des injures, injures quelquefois fort

exagérées.

Nous ne croyons pas qu’on revoie de bien longtemps un bibliographe de la

trempe de Quérard; ce dévouement exclusif, absolu à la connaissance des

livres, cet amour de la science pour la science, sont des qualités qui

ne se montrent qu’à de bien rares intervalles; il faut avoir foi dans la

bibliographie, se résigner d’avance au martyre, et cette perspective ne

séduit presque personne. Ce que nous pouvons du moins affirmer, c’est

que les livres de Quérard, étant du nombre de ceux qu’on n’est pas tenté

de refaire, deviendront de plus en plus recherchés, qu’ils resteront les

témoignages les plus précieux, les plus irrécusables de la véritable

histoire littéraire de la France pendant une période longue et brillante,

et que les amis des bonnes et solides études prononceront toujours avec

sympathie le nom d’un homme qui ne connut jamais d’autre loisir qu’un

travail incessant et opiniâtre.

G. BRUNET.

* * * * *

Quelques amis accompagnaient samedi [2 Déc. 1865] à sa dernière demeure

le corps de J.-M. Quérard, enlevé soudainement à sa famille et aux

lettres dans le cours de sa soixante-huitième année. Homme modeste autant

que savant distingué, l’auteur de _la France littéraire_ avait su gagner

pour son nom une gloire méritée; il n’avait pas su conquérir en même

temps la fortune et l’indépendance. Il s’était fait du travail qu’il

s’était choisi un devoir, et ne lui demandait que la satisfaction que

donne le devoir strictement accompli. Depuis le jour où, modeste commis

libraire en Allemagne, il avait jeté les premières assises du monument

bibliographique que son plus grand désir était de compléter et de rendre

plus digne encore de sa critique exigeante, il n’avait cessé d’entasser

les matériaux les mieux choisis et les plus variés en même temps que les

plus exacts. La mort l’a surpris corrigeant les dernières feuilles de

l’Introduction de la nouvelle édition de ses _Supercheries littéraires_,

trompant ainsi le plus cher de ses vœux, celui qu’il émettait devant

nous il y a peu de jours encore: faire de cette seconde édition une

œuvre achevée, et surtout y confesser ingénument, en les rectifiant, les

erreurs de la première. Ses désirs s’étendaient plus loin encore; on

dirait qu’ils ne sont jamais plus vifs chez l’homme que lorsque vient le

moment où il ne pourra plus les accomplir. Il rêvait une _Encyclopédie

du bibliothécaire_, dont il laisse les matériaux à sa veuve pour tout

héritage. Sous le titre de _Greffes et Glanes_, il comptait compléter

le _Dictionnaire des contemporains_. Tout cela n’était pour lui que le

besoin de chercher la vérité et de la dire. Il l’aimait trop, il la

disait trop crûment peut-être. Il en a été bien cruellement puni par une

sorte de silence qui se faisait autour de ses œuvres, et qui trompait le

public sur leur véritable valeur.

Ceux que l’amour des livres rapprochait de lui savaient seuls ce qu’il

valait, et c’est à eux qu’il a dû d’obtenir, il y a quelques mois à

peine, une distinction qu’il avait moins souhaitée qu’il ne la méritait,

et qu’il ne s’est décidé à solliciter que pressé par le ministre même

qui devait la lui accorder. Ramené à confiance par cet acte de tardive

justice, il reprenait avec une nouvelle ardeur ses travaux interrompus

lorsque la mort est venue, mort cruelle accompagnée de souffrances

terribles. Il l’a subie avec courage, c’est à nous de la déplorer. Il

aura eu à peine, après quarante ans de dévouement à la science, quelques

jours embellis par le mirage trompeur de l’espérance; ç’a été assez pour

qu’il ne nous dit plus, dans ces derniers temps, avec la même amertume,

ce mot qu’il nous répétait souvent: “Si la bibliographie n’est pas un

métier de sot, c’est à coup sûr un sot métier.”

M. Paul Lacroix a payé sur la tombe de Joseph-Marie Quérard le juste

tribut d’éloges qui était dû à sa mémoire. Ne resterait-il pas à ses amis

quelques chose à faire pour qu’une sépulture digne de lui et des services

qu’il a rendus à tous lui soit élevée?

J. ASSEZAT.

(_Journal des Débats_, 5 déc., 1865.)

* * * * *

Voici le discours de M. Paul Lacroix:

Messieurs,

Ne nous séparons pas sans dire un dernier adieu à notre ami, à notre

émule, à notre modèle, à notre admirable bibliographe Joseph-Marie

Quérard.

Il était né bibliographe, il a vécu, il est mort bibliographe, sans

avoir eu jamais d’autre passion, d’autre but, d’autre avenir, dans son

existence érudite et laborieuse, que contribuer le plus et le mieux

possible, pour sa part, aux progrès de la bibliographie française. Parler

de ses nombreux ouvrages, les apprécier, en faire l’éloge, c’est raconter

sa vie.

_La France littéraire_, ce beau livre, ce livre si utile, si

indispensable à ceux de nous qui s’occupent d’histoire littéraire, ce

livre presque excellent, malgré quelques erreurs, quelques imperfections,

qui, on peut le dire, étaient inévitables dans un ouvrages de ce genre,

restera comme un monument de cette bibliographie française à laquelle

Quérard s’était consacré corps et âme, avec toute l’ardeur d’un goût

exclusif et d’un dévouement sans bornes. Je ne crains pas de dire que

cet ouvrage serait devenu un chef-d’œuvre, en passant par plusieurs

éditions où il se fût successivement complété et perfectionné. Tel qu’il

est, nous pouvons l’opposer avec avantage aux meilleurs compilations

bibliographiques publiées à l’étranger, et surtout dans cette savante

Allemagne où Quérard avait appris en quelque sorte le métier de

bibliographe.

La bibliographie, cette science magnifique que devrait être

l’introduction magistrale de toutes les sciences, et qui n’a pourtant

pas, comme celles-ci, des chaires à elle, des professeurs spéciaux, des

places et des pensions attribuées à ses modestes et fidèles adeptes (je

parle ici du passé, car le ministre actuel de l’instruction publique

se prépare, dit-on, à réparer une vieille injustice à l’égard des

bibliographes), la bibliographie n’a jamais fait la fortune de personne,

et notre pauvre ami Quérard n’a que trop constaté, pour son propre

compte, qu’elle ne conduisait pas même les plus dignes à un simple emploi

de bibliothécaire.

Les bibliothèques publiques en France, à aucune époque, n’ont été

un champ clos ouvert aux preux de la bibliographie. Gabriel Martin,

l’illustre libraire de Paris, qui a toujours eu et qui a encore de si

habiles, de si consciencieux imitateurs; Gabriel Martin, qui a créé

chez nous l’art de rédiger des catalogues de livres, et qui possédait

a fond la science du bibliographe, s’est vu constamment éloigné de la

Bibliothèque du roi, où il y avait alors cependant des bibliographes,

les abbés Sallier, Boudot, Capperonnier, etc., capables de comprendre la

valeur de ses travaux. Eh bien! Quérard n’a pas été plus heureux à cet

égard que Gabriel Martin.

Il a donc fallu que ce bibliographe incorrigible demandât sa vie à

un labeur assidu, permanent, inépuisable. Pendant quarante ans, il a

fait de la bibliographie, à l’example de notre brave ami M. Merlin, le

savant rédacteur du catalogue de la Bibliothèque de Silvestre de Sacy

et d’une foule d’autres bons catalogues, à l’example de notre maître

à tous, l’auteur du _Dictionnaire des Anonymes et des Pseudonymes_,

Antoine-Alexandre Barbier, à l’exemple du maître des maîtres, le

vénérable auteur du _Manuel du Libraire_, qu’on peut appeler à juste

titre le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre bibliographiques. Le champ de la

bibliographie est si vaste, si incommensurable, que c’est déjà beaucoup

d’en défricher un petit coin.

Quérard avait choisi pour son domaine de prédilection l’étude

bibliographique des œuvres de la littérature moderne, et nous aimons à

reconnaître, que, dans cette partie de la bibliographie, il n’avait pas

de rival.

Il était aussi biographe, et, le dirai-je, s’il avait obéi à ses

instincts et suivi sa vocation, il eût été exclusivement biographe. Il

ne se bornait pas à décrire et à classer les livres; il voulait classer

et juger les hommes, j’entends les hommes de lettres, les écrivants, les

savants. Il se préoccupait avant tout de cette exactitude rigoureuse et

mathématique, pour ainsi dire, dans les faits, dans les dates, dans les

noms, sans laquelle la biographie n’est qu’un portrait, un panégyrique,

une satire. Il pensait d’ailleurs que la biographie était inséparable

de la bibliographie, quand il avait à écrire une notice sur un de nos

contemporains obscurs ou célèbres. De là ses _Supercheries littéraires

dévoilées_, qui ne sont, dans la première édition, qu’une revue curieuse

et piquante des grands et petits mystères de la littérature ancienne et

moderne et qui, dans la seconde édition, allaient devenir un immense et

nouveau _Dictionnaire des Pseudonymes_, riche en révélations imprévues,

en particularités singulières, en indications utiles et vraiment

précieuses.

La mort est venue, comme toujours, arrêter l’œuvre commencée. Quérard a

succombé à la fatigue de ses longs et pénibles travaux; il a succombé

peu de temps après avoir obtenu, bien tardivement, hélas! une récompense

honorifique qu’il avait méritée depuis tant d’années; il a eu, en sortant

de la lutte, comme un athlète épuisé, mais non vaincu, le regret de ne

pouvoir achever ce qu’il avait entrepris, de laisser là, au début, la

seconde édition de ses _Supercheries littéraires dévoilées_, et d’avoir

la douloureuse certitude que personne, après lui, ne se sentira le

courage de continuer et de terminer son œuvre. Cette triste pensée, qui

a dû le tourmenter à l’heure de la mort, avait été précédée de longue

date par une déception non moins vive et non moins cruelle, qui avait

mis un amer chagrin au fond de son cœur, quand il s’était vu forcé de

renoncer à son rêve favori, à cette _Encyclopédie du bibliothécaire_ dont

les innombrables matériaux dorment accumulés dans ses cartons.

Il nous a du moins légué ses ouvrages, qui renferment des trésors de

recherches et de documents; il nous a légué aussi son souvenir, celui

d’un bibliographe actif, ingénieux, infatigable; celui d’un biographe

minutieux, patient, intrépide; celui d’un homme de cœur, d’un homme

de conviction, d’un honnête homme, d’un excellent homme. _Bulletin du

Bouquiniste, 15 Déc., 1865. Paris: Aubry, 1865; 8ᵛᵒ; p. 655 et seq._

* * * * *

A name as familiar to the lovers of literature in England as in France.

With regard to the extent and utility of his biographic and bibliographic

productions, I can scarcely point out his compeer; and it grieves me to

reflect that so devoted a prompter to writers of all classes should leave

the world with no other consolation than the certainty of future fame!

BOLTON CORNEY in _Notes and Queries, 3rd S., VIII., 517_.

FOOTNOTES:

[55] “Les monographies insérées par moi dans mes divers ouvrages sont

celles de: CORDAY (Charl.), le Q. II, p. 440;—DUMAS (Alex.) Sup.

1;—FALLOUX (Le vicomte de), le Q. II, p. 241;—GŒTHE, IBID., II, p.

164; GUIZOT (La famille), IBID., II, p. 608;—INSTITUT (L’), IBID., II,

317;—LAMENNAISE, (l’abbé de), Sup., t. III;—LOUIS XVII (les faux),

IBID., t. III;—MARAT, le Q. II, p. 489;—MARGUERITE D’AUTRICHE, IBID.,

II, p. 163;—MARIE-ANTOINETTE (la reine), IBID., II, p. 401;—RICHELIEU

(le card. et le mar.), Fr. litt. XII;—ROBESPIERRE (les), IBID.,

XII;—ROUMANIE (la), Moldavie, Valachie et Transylvanie (ancienne Dacie),

la Servie, Montenegro et Bosnie, le Q. II, p. 567;—ROUSSEAU (J. J.), Fr.

litt., VIII, 179;—SAND (G.), Sup. IV;—STAEL Holstein (les), le Q., II,

506;—THOMAS À KEMPIS, Sup. IV, 481. Nomenclature de quatre-vingt-onze

ouvrages sur la question de l’auteur de l’imitation de J.-C.;—VOLTAIRE,

Fr. litt., X. Parmi beaucoup d’autre monographies disposées pour

l’impression, je citerai celles de ABAILARD, ABD-EL-KADER, ANAS ET LEURS

SIMILAIRES (les), ARTISANS POÈTES (les), BONALD (les de), MAISTRE (les

de), etc., etc.” See a note by Quérard in DE LA BIB. GEN., (XXVIII,) p.

22.

[56-57] This title is incorrectly quoted. See No. (X.) The writer must

have taken it from his namesake’s (J.-C. Brunet) MANUEL.

A LIST OF TECHNICAL BIBLIOGRAPHICAL TERMS, AFTER PIERQUIN DE GEMBLOUX.

ADULTERISM.—Name altered or adulterated, as Veyrat (Verat), d’Alembert

(Dalembert), de Foe (Defoe).[1]

ALLONYM (ALLONYMOUS).—False proper name. Work published in order to

deceive, under the name of some author, or person of reputation, but not

by him, as Peter Parley, (Annual).[2]

ALPHABETISM.—As A B C—X Y Z. Frequently used.

ANAGRAM (ANAGRAMMATIC).—The letters of the name or names arbitrarily

inverted,[3] with or without meaning, as d’Erquar (Quérard), de Ravanne

(de Varenne), Riand Jhevey (Jean Divry), Yomns (Simon).

ANANYM.—See Boustrophedon.

ANONYM (ANONYMOUS).—Book without a name on the title-page. Strictly

speaking, a book would not be an anonym if the author’s name were to be

found anywhere in it; but a book is generally considered anonymous if

there is no name on the title-page.

APOCONYM.—Name deprived of one or more initial letters.

APOCRYPHAL.—Book whose author is uncertain.

ARISTONYM.—Title of nobility, converted into or used as a proper name.

ASCETONYM.—The name of a Saint used as a proper name: Saint-Jean, (la

mère Angélique de), (i.e., Angélique d’Arnauld d’Andilly).

ASTERISM.—One or more asterisks or stars used as a name, as S*** ******

****** D.C.L. (Experiences of a Barrister. Lond., 1856).

AUTONYM (AUTONYMOUS).—Book published with the author’s real name.

BOUSTROPHEDON (—YM—ISM).—The real name written backwards, as John Dralloc

(Collard).[4]

CRONOGRAM.—Where the date is expressed by letters. In Lowndes’ BIB.

MAN. 1843, this is improperly spelled “cronogam,” repeated in the last

edition. See Tisdale, R.

CRYPTONYM (CRYPTONYMOUS).—Hidden, subterfuge. Applied to authors who

disguise or alter their names; but more particularly to those who

disguise it by transposing the letters so as to form another name, which

is the anagram of the real name.

DEMONYM.—Popular or ordinary qualification or description taken as a

proper name, as an Amateur, a Bibliophile.

ENIGMATIC-PSEUDONYM.—As (Bibliothèque Bibliophilo-Facétieuse, éditée par)

les frères Gébéodé, (i.e., Gustave Brunet and Octave Delpierre,) thus:

G[ustave,] é b[runet]é, o[ctave,] d[elpierre]e.[5]

GEONYM.—Name of Country, Town, or Village, as an Englishman, (frequently

used) a Londoner, de Gembloux (Pierguin).

HAGIONYM.—The name of a Saint taken as a proper name.

HIERONYM.—Sacred name used as a proper name.

INITIALISM.—Only the initials of the real author, as R. B. (Brathwaite),

T. B. (Brewer).[6] S. E. B. (Sir E. Bridges).

IRONYM.—Ironical name, as Satyricon (Blondet, D.M.)

PHARMACONYM.—The name of a substance or material taken for a proper name,

as Trognon de chou (cabbage-stump), i.e., Barre, dessinateur de Lille.

PHRASEONYM.—A phrase used instead of a proper name, as Ecrlinf (écrasons

l’infâme), a Gentleman of great learning and understanding.

PHRENONYM.—Moral quality taken for a proper name, as John Search

(Archbishop Whately and others have used this phrenonym), Benedick

Whipem,[7] Alethenos (Hardinge Furenzo Ivres).[8] This kind of pseudonym

is very popular, as Justitia, etc., etc.

POLYNYM.—Work by several authors.

PRENONYM.—Name taking the place of the family name.

PSEUDANDRY.—Woman signing a man’s name: as, Bob Short (A. L. Barbauld),

John Search (Miss Austin).

PSEUDO-INITIALISM.—False initials, or not the initials of the author’s

name.

PSEUDOJYN.—Man signing a woman’s name, as Clara Gazul (P. Mérimée), Sarah

Search (F. Nolan).

PSEUDO-TITLONYM.—False quality or title, as a Lincolnshire Grazier (T. H.

Horne).

SCENONYM.—Theatrical name of author or actor, as Edmund Falconer,

(O’Rourke).

SIDERONYM.—Celestial or astronomical name.

STIGMONYM.—Dots instead of name.

SYNCOPISM.—Name deprived of several letters.

TELONISM.—The terminal letters of the real name, as N. S. (John Anstis).

TITLONYM.—Quality or title taken instead of a proper name, as an

Academicien, a Barrister, a Member of Parliament, Saint-Cyran, (l’abbé

de), J. Daverger (de Hauranne, abbé de.)

TRANSLATIONYM.—A translation of the real name, as Books Nabonag, (“Books”

is a translation, and “Nabonag” an anagram; i.e., Le comte Georges Libri

Bagnano.) G. Forrest (Rev. J. G. Wood), Theodore de la Garde (Nathaniel

Ward. See NOTES AND QUERIES, 3 S., xi., 237).

FOOTNOTES:

[1] We have been frequently obliged to give instances of French names,

not that there is a paucity of English ones, but they did not come to

mind. All the French names will be found in the _Supercheries_, where one

or two other words are used besides those given in this list.

[2] A gross imposition; S. G. Goodrich having had nothing to do with

this, and fifty others published under his pseudonym of Peter Parley.

[3] Il est permis de changer une lettre, pourvu que l’anagramme

soit heureuse; car au fond, c’est un pauvre métier. _Namure Man. du

Bibliothécaire. 1834, 8ᵛᵒ; p. 76._

[4] The length of this word—frequently used by Quérard—we think a great

drawback to its adoption, we much prefer “Ananym.” Any name will be

better than a phrase which has hitherto been the only method English

bibliographers have described this kind of pseudonym by.

[5] London, 1852, sm. 8ᵛᵒ; xii, 116, only 60 copies printed for sale.

[6] Both wrote under their initials, a very common practice in earlier

times. Mr. Hazlitt in his _Hand-book_, 1867, does not give cross

references from either of these, perhaps he considered them sufficiently

known.

[7] “New Nobility,” a novel. 1867.

[8] “The Audibleness of Thought Demonstrated, and its use explained.” 2

edit. By Alethinos. Lond.: J. PAUL, 1866. 12mo.

INDEX.

ABAILARD, a monograph ready for the press, 41

Abbreviations, few used in this book, 8

Académie, articles on, 21

Accuracy, one of chief essentials of bibliography, 38

Adulterism, 47

A’KEMPIS, Thomas, 41

Allemagne, Q. a clerk in Germany, 43, 44

ALLIBONE S. AUSTIN, his Crit. Dict. of Eng. Lit., a splendid work, 20

Allonym—ous, 47

Alphabetism, 47

Americans, The, good catalographs, 21

—— —— join in Q. subscription, 33, and Note 45.

Anagram, 31, 47

Anagrammes, des, 46

Ananym, 27

Anas et leur similaires (les), 41

ANDRÉ AIMÉ, 15

Anonyms, Dict. of English, a desiratum, 21

Anonym, 47

Anonymes, dictionary of, 45

Apoconym, 47

Apocryphal, 47

ARCET, J.-P.-J., 19

Aristonym, 47

AROUET DE VOLTAIRE, 24, 40, 41

Artisans poètes, les, monograph ready for the press, 41

Ascetonym, 47

ASSEZAT, J., 1, 43

Astéronymes, des, 26

Astor Library, New York, 33

Athenæum, The, no general index to, great literary want, (and the

Athenæum reproached the Edinburgh Review for remissness in not

keeping up its indexes!), 16

—— The, 21

—— (l’) Français, a trade publication, organ of the Chartists, 16

AUBRY, M. the publisher, 46

AUDOT, M., 15

Austria, Q. sent to, 9, 33

Auteurs apocryphes, les, the title of the first (four) parts of the

SUPERCHERIES, 24

—— déguisés, les, a pamphlet by Q., 19

(Chiefly taken from his notes in the MONITEUR (No. VIII.) &

the Bibliothécaire (No. IX). He had collected upwards of

6000 articles for this work. 186 of the articles were first

published in the REVUE BIBLIOGRAPHIQUE.)

Autonym—ous, 27, 37, 47

B. DU B. B., an abbreviation for Bulletin du Bibliophile Belge.

BABOU, H., ignorance of, with regard to biographical arrangement, 17

BAILLIÈRE, J.-B., 33, 34

BAJOT, M., notice of, 30

BALZAC, H., on the family of, 31

BARBIER, A.-A., the celebrated author of the Dictionnaire des

anonymes et pseudonymes, 19, 45

BEAUMARCHAIS, 11

Belgians, 33

Bibliograph, indiscretions of an old, 31

Bibliographical knowledge, 37

Bibliographical studies, the English too inattentive to, 3

Bibliographie de la France ou journal général de l’imprimerie et de

la librairie, a journal or bookseller’s catalogue, published

under different titles since 1810. (See L. F. L., xi., 285.), 28

Bibliographie, Générale, de la, a rather caustic pamphlet addressed

to J.-C. Brunet by Q., 35

Bibliographie la Mennaisienne, a monograph by Q., 28

Bibliographie, moderne, 12

—— its origin, 13

—— universelle, nouvel manuel de, 29

Bibliographiques, notice des travaux, de Q., 29

Bibliography, generally uninteresting, an Exception, 23

A martyr to bibliography · 第 4 / 5 段