1
Holà meïa
Te sevinte de ma,
Du tinque deri ta peurta
Te m'invitauve lou cha
O ma meïa ressevinte de ma.
1
Hola mie
Te souviens-tu de moi,
Du temps que derrière ta porte
Tu m'invitais le soir
O ma mie ressouviens-toi de moi.
2
Oh lou magna, presqua vin-te vè ma
Què ma mezhe pi ma tanta
Aprè ta che chon faushia,
Pî qu'à nautrou ma fa me si premia.
2
Oh le magnat, pourquoi viens-tu chez moi
Quand ma mère et puis ma tante
Après toi se sont fâchées,
Et qu'à un autre, je me suis promise.
3
Meïa què bin à nautrou tè premia
Va, nè si guézhou è pin-na,
Me fou de te n'amitia,
Dè treuvezhe na chie brauva que ta.
3
Mais quand même à un autre tu es promise
Va, je n'en suis guère en peine,
Je me fiche de ton amitié,
j'en trouverai une plus belle que toi.
4
Tè mio, magna, mais rè me mon foula,
Mon foula de brauva chaïa
Que t'ava ballia on cha,
On cha, que n'amauva que ta.
4
Tant mieux, magnat, mais rends-moi mon foulard,
Mon foulard de jolie soie
Que je t'avais donné un soir,
Un soir, que je n'aimais que toi.
5
Oh non, Meïa, t'nazhé pau ton foula,
Le vé nou dedè ma shombra,
Dè on croufou bien froumau;
Depi lontè dè n'ai perdu la liau.
5
Oh non, Mie, tu n'auras pas ton foulard,
Il est chez nous dedans ma chambre,
Dans un coffre bien fermé;
Depuis longtemps j'en ai perdu la clef.
6
Gazha magna, ch'te ne rè pau tou,
Ya de gachon u velazhou
A qui n'azhe qu'à parlau
Pe te fauzhe ballië dessus lou nau.
6
Gare magnat, si tu ne rends pas tout,
Il y a des garçons au village
A qui je n'aurai qu'à parler
Pour te faire donner sur le nez.
7
Meïa, teu galon ne leu cregnou pau,
Ma qu'ai fait mon tou de Fronche
Depi Veria tin qu'à Crau,
Jamais nion ne m'a ballia su lou nau.
7
Mie, tes galants je ne les crains pas,
Moi qui ai fait mon tour de France
Depuis Viriat Jusqu'à Cras,
Jamais personne ne m'a donné sur le nez.
8
Fellie, gachon, vou date vou jamau,
Mais che l'exèplon trou laidou,
Pe shourshië à l'imitau
Ne vou j'amau que tè què peut dezhau.
8
Filles, garçons, vous devez vous aimer,
Mais si l'exemple est trop vilain,
Pour chercher à l'imiter
Ne vous aimez que tant que cela peut durer.