L'ÉBAUDE

1

Uvre me don ta peurta

Uvre me don Meïon,

E pleu quemé na queurda.

On ne sin paumé nion,

Etéte chouliau l'euzha.

De greloutou de fra,

Aqueurde me don n'ozha

A pachau avoué ta.

1

Ouvre-moi donc ta porte

Ouvre-moi donc Mion,

Il pleut comme une corde.

On ne sent plus personne,

Entends-tu souffler le vent.

Je grelotte de froid,

Accorde-moi donc une heure

A passer avec toi.

2

E chetivoui ta féta

Pourre te bin dremi,

Què dechou ta fenétra

Choupizhe te n'ami,

Fa te don va la téta

Pe me parlau Meïon,

Te va bin que chou l'étra

Avouai ma é n'a nion.

2

C'est aujourd'hui ta fête

Pourrais-tu bien dormir,

Quand sous ta fenêtre

Soupire ton ami,

Fais-toi donc voir la tête

Pour me parler Mion,

Tu vois bien que sous l'hangar

Avec moi il n'y a personne.

3

Boncha mon peuvrou Liaudou

Ne fin pau trou de via,

Mon pèzhe è de pau n'autrou

Revozhe dè chon lia;

Eye bin va que t'amou

Mé te n'eu dezhé pau,

Che nou parlin mariazhou

Té sui d'ètre èconviau.

3

Bonsoir mon pauvre Claude

Ne faisons pas trop de vie,

Mon père, ce n'est pas un autre

Bouge dans son lit;

C'est bien vrai que je t'aime

Mais tu ne le diras pas,

Si nous parlons de mariage

Tu es sûr d'être renvoyé.

4

Sé ne tin qu'à ton paizhe

De t'époujau Meïa,

De m'énizhe te braizhe

Lou réchtou de ma via,

L'é vedre on ple reshou

Preté lou bin ne l'eu

Meïa te gazhètashou

Ne fon pau lou beneu.

4

S'il ne tient qu'à ton père

De t'épouser Mie,

Je m'en irai te braire

Le restant de ma vie,

Il en voudrait un plus riche

Pourtant le bien ni l'or

Mie, je te le garantis

Ne font pas le bonheur.

5

Lou deri mou de Liaudou

N'ézhe pau abadau,

Qu'arrevi tou de quatrou

Lou paizhe pe leu z'égrau,

Meïon teu qu'éya pretië

Que t'épashe de dremi?

—Eye l'euzha que seulië

Que fa pretou creci.

5

Le dernier mot de Claude

N'était pas sorti,

Qu'arriva tout de quatre

Le père par l'escalier,

Mion, qu'y a-t-il par là

Qui t'empêche de dormir?

—C'est le vent qui souffle

Qui fait partout craquer.

6

—Te me di qu'éye l'euzha

Meïon cè ne pau va,

D'étédou à la peurta

Caujelië avouai ta;

Y peu che prède garda

Cho que m'a fai levau,

Che d'attrapou n'éparra

De mé vai l'écegau.

6

—Tu me dis que c'est le vent

Mion cela n'est pas vrai,

J'entends à ta porte

Causer avec toi;

Il peut prendre garde

Celui qui m'a fait lever,

Si j'attrape une trique

Je m'en vais «le faire partir».

7

Què l'ètedi lou paize

Lou galon déquèpi

Pi che meti à braizhe

N'euzhé peu reveni.

Pédè que cha maîtréche

Grelauve dè chon lia,

De la po de chon paizhe

Que l'ave révelia.

7

Quand il entendit le père

Le galant décampa

Puis se mit à braire

N'osant pas revenir.

Pendant que sa maîtresse

Grelottait dans son lit,

De la peur de son père

Qu'elle avait réveillé.

8

Equetau zheune fellië

Pi vou zheunou gachon,

De cho que vou conchellië

Reteni la leçon:

Che jamais dè on carou

Vou z'éte on rendez-vou,

Assuriau-vou davêchou

Sé n'a nion deri vou.

8

Écoutez jeunes filles

Et vous jeunes garçons,

De celui qui vous conseille

Retenez la leçon:

Si jamais dans un coin

Vous avez un rendez-vous,

Assurez-vous d'avance

Qu'il n'y ait personne derrière vous.

Recueil de chansons en patois de la Bresse · 第 14 / 92 题