«Est-il fou?--pensai-je--ou bien l’amour, si riche en développements
inattendus, l’aurait-il jeté dans les études historiques?...» Mais il
ne remarqua point mon étonnement, ou, s’il le vit, il ne s’y arrêta
point. «La bague d’Annibal--poursuivit-il--avait une pierre, et sous
cette pierre, il y avait une goutte de poison. C’est avec cette goutte
de poison que se tua Annibal. Eh bien! il y a des bagues sans pierre
qui renferment un poison plus subtil que celui d’Annibal; car c’est un
poison invisible. Seulement--ajouta-t-il avec une gaieté parfaite--ce
poison-là ne tue pas les grands hommes, mais une petite chose: il tue
l’amour.»