Madame de Dorff était donc l’amie de Joséphine,--une amie bien
rare, comme dit ma grand’mère, en parlant de la millième qu’elle
ait eue. Madame de Dorff n’était plus jeune; elle mettait du rouge
comme Jézabel: Joséphine pouvait donc l’aimer. Si nous avions été au
dix-huitième siècle, Joséphine, l’énigmatique Joséphine, dont les
rubans étaient toujours frais et venaient nous ne savons d’où, aurait
peut-être été la mademoiselle Aïssé de madame de Dorff, tandis qu’elle
n’était que sa _chère belle_, titre officiel sans grande valeur. Madame
de Dorff prenait avec elle ces airs maternels de patronnesse, si chers
aux femmes sur le retour. Si elle avait connu la passion d’Aloys pour
Joséphine, elle lui aurait dit sans nul doute: «Je vous remercie de
l’aimer.» Mot historique que j’ai entendu dire par une de ces amies qui
répètent: «Pauvre enfant, comme elle se compromet!» à un homme qui se
mourait d’une passion sublime.