Un jour, c’était au mois de mai, le 17 de mai (j’aime les dates
dans les histoires de cœur: elles ressemblent à de petits bâtons
d’ivoire sur lesquels les souvenirs--ces bouvreuils à la poitrine
sanglante--viennent plus commodément percher), Aloys avait passé
toute la journée à la campagne. Le corps, chez cet élégant stoïcien,
était moins robuste que l’âme. A force de souffrir moralement,
il avait gagné une gastrite, un commencement de pulmonie et une
inflammation du cerveau, légère encore, il est vrai, mais qui pouvait
s’aggraver,--aimable espérance!--Son médecin l’avait mis à la gomme,
aux sangsues et au lait d’ânesse.