I
... Pourquoi ne vous dirais-je point cette histoire, madame? Vous
êtes trop spirituelle sans doute pour n’avoir pas des moments d’ennui
comme une sotte;--car les gens d’esprit de cette intéressante époque
ont volé aux sots la faculté de s’ennuyer, qu’ils possédaient seuls
autrefois.--Eh bien! si cette histoire vous trouve dans un de ces
moments terribles, tant mieux pour elle, en vérité. Ne valût-elle rien,
elle vaudra quelque chose si elle interrompt vos ennuis. Pour moi, je
l’ai écrite, madame, dans la situation où je voudrais que vous fussiez
pour la lire, et que Byron se rappelait sans nul doute quand il disait,
dans ses Mémoires, qu’écrire la _Fiancée d’Abydos_ l’avait empêché de
mourir.