27 novembre 1837.

Mlle George faisait seule exception à ce laisser-aller général. Son

costume, d'une grande magnificence et d'un beau caractère antique,

rehaussait merveilleusement sa prestance royale.

Un diadème sidéral, à pointes aiguës, étincelant de pierreries, d'un

style asiatique et babylonien, tenant le milieu entre l'auréole de la

déesse et la couronne de la reine, pressait sous un cercle d'or ses

cheveux noirs tout étoilés de diamants, comme les cheveux de la Nuit.

Un grand manteau impérial, vert prasin et semé de palmes d'or, tombait

de ses blanches épaules, en plis abondants et riches, sur des tuniques

blanches, brodées et drapées dans le grand goût. Mlle George, ainsi

arrangée, remplissait admirablement l'idée que l'on se fait de

Sémiramis, la reine colossale d'un monde démesuré; Sémiramis, dont la

main puissante soutenait en l'air les jardins suspendus, l'une des

sept merveilles de l'univers antique, et qui, du haut de son trône,

commandait à un cercle de demi-dieux et à des nations de rois.

Mémoires inédits de Mademoiselle George, publiés d'après le manuscrit original · 第 64 / 129 题