_Dialogue._
Toutes ces scènes, où mon père avoit eu beaucoup de part sans rien dire,
avoient retenu son impatience sur ce qui l'intéressoit lui-même
essentiellement... Il attendoit que Didius, qui en étoit prévenu,
tournât l'attention de l'assemblée de ce côté-là. La transition n'étoit
pas aisée; mais il vaut quelquefois mieux passer brusquement d'une chose
à l'autre, que d'y amener insensiblement les gens. C'est ce que fit
Didius, et ce qu'il dit en fut plus frappant.
Je n'en doute point, s'écria-t-il; si pareille méprise fût arrivée avant
la réforme, le baptême auroit été déclaré nul. On en auroit fait un
autre, et l'enfant se seroit à la fin trouvé nommé comme on auroit
voulu.
Oui, je soutiens, continua-t-il, que si, par exemple, un prêtre eût
nommé un enfant Crysogosmone _in nomino patrim et filia et spiritum
sanctos_, le baptême auroit été déclaré nul.
Erreur! dit Kysarchius. Dès que la méprise n'est que dans la
terminaison, le baptême est bon et valable. Pour qu'il soit nul, il faut
qu'elle tombe sur la première syllabe des mots, et non sur la dernière.
Mon père, qui aimoit toutes ces subtilités, prêtoit l'oreille la plus
attentive à tout ce qu'on disoit.
Le dialogue devint très-intéressant.