CHAPITRE CI.

_Dialogue._

Toutes ces scènes, où mon père avoit eu beaucoup de part sans rien dire,

avoient retenu son impatience sur ce qui l'intéressoit lui-même

essentiellement... Il attendoit que Didius, qui en étoit prévenu,

tournât l'attention de l'assemblée de ce côté-là. La transition n'étoit

pas aisée; mais il vaut quelquefois mieux passer brusquement d'une chose

à l'autre, que d'y amener insensiblement les gens. C'est ce que fit

Didius, et ce qu'il dit en fut plus frappant.

Je n'en doute point, s'écria-t-il; si pareille méprise fût arrivée avant

la réforme, le baptême auroit été déclaré nul. On en auroit fait un

autre, et l'enfant se seroit à la fin trouvé nommé comme on auroit

voulu.

Oui, je soutiens, continua-t-il, que si, par exemple, un prêtre eût

nommé un enfant Crysogosmone _in nomino patrim et filia et spiritum

sanctos_, le baptême auroit été déclaré nul.

Erreur! dit Kysarchius. Dès que la méprise n'est que dans la

terminaison, le baptême est bon et valable. Pour qu'il soit nul, il faut

qu'elle tombe sur la première syllabe des mots, et non sur la dernière.

Mon père, qui aimoit toutes ces subtilités, prêtoit l'oreille la plus

attentive à tout ce qu'on disoit.

Le dialogue devint très-intéressant.

Oeuvres complètes, tome 2 · 第 147 / 162 题