_Il en manque encore._
Par la barbe d'or de Jupiter et de Junon... De Junon? oui, de Junon, de
Vénus, de Minerve, et par la barbe de tous les dieux et de toutes les
déesses de l'empirée... Ce sont bien des barbes... Et il y a encore les
divinités aériennes, les divinités de la terre, les divinités des
fleuves, des bois, des fontaines, des enfers, sans compter les divinités
subalternes, les ganymèdes et les catins des uns, les greluchons et les
farfadets des autres. Par la barbe humide de Neptune et de Thétis, par
la barbe enfumée de Pluton et de Proserpine, et par toutes les barbes
sacrées de toutes ces divinités mâles et femelles! Notre ami Varron,
dans un de ses cinq cents volumes, en a compté trente mille, et il n'y
en a pas une, qui, en particulier, ne réclame le privilége que l'on ne
jure par elle... Par toutes ces barbes, donc prises ensemble, jaunes,
rouges, grises, noires, blanches, longues, courtes, dures, rudes,
douces, droites, hérissées, mêlées, frisées, recroquevillées, il
n'importe, je jure par toutes ces barbes, y en eût-il quelques-unes qui
ne fussent que de poil folet, que des deux mauvaises soutanes dont je
suis possesseur, j'aurois donné la meilleure avec autant de franchise
que Cid Hamet Angely offrit la sienne... Et cela seulement, pour être
là, et entendre en ce moment l'accompagnement lamentatif de mon oncle
Tobie.