_Ce seroit le goût de bien des Dames._
C'est sûrement cette opinion de mon père qui a excité un des grands
hommes de ce siècle à chercher dans la température des différens
climats, l'esprit, la cause et l'origine des lois.--Mon père rendoit
raison par-là de la subtilité et de la pénétration d'esprit des
Asiatiques, et de tous les peuples qui habitent les climats chauds.--«Ce
n'est pas précisément, disoit-il, que cet avantage leur vienne de ce
qu'ils jouissent d'un ciel plus serein, qu'ils respirent un air plus
pur, et qu'ils voient constamment luire le soleil... L'influence de ses
rayons pourroit peut-être trop raréfier ou trop exalter les facultés de
l'ame, de même qu'un climat froid pourroit peut-être trop les condenser,
ou trop les épaissir...» Il remontoit jusqu'à la source; et c'est là
que, débarrassé de tous les _si_, de tous les _mais_, qui auroient pu
lui faire obstacle, il trouvoit la véritable raison de la supériorité
qu'il remarquoit dans ces peuples. «La chose est simple, disoit-il;
c'est que les femmes y accouchent plus facilement. Leurs plaisirs sont
infiniment plus vifs, leurs peines infiniment moindres... Que n'y
suis-je donc? disoit un jour madame...» Son nom est inutile, et
d'ailleurs, quelle liste n'aurois-je pas à faire?... Mon père concluoit
de-là que la compression de la tête de l'enfant étoit si légère, qu'elle
ne pouvoit altérer l'organisation du cerveau et de la _medulla
oblongata_.--Il croyoit même qu'il en étoit ainsi dans tous les
accouchemens naturels et faciles, et qu'il n'y avoit pas un fil rompu ou
déplacé... Avec quelle liberté l'ame alors pouvoit agir!...