LE SANG DE MARSYAS

_A la Mémoire de Stéphane Mallarmé._

_DÉDICACE_

_1842-1898._

_Ceux-ci, las dès l'aurore et que tenta la vie,

S'arrêtent pour jamais sous l'arbre qui leur tend

Sa fleur délicieuse et son fruit éclatant

Et cueillent leur destin à la branche mûrie._

_Ceux-là, dans l'onyx dur et que la veine strie,

Après s'être penchés sur l'eau la reflétant

Dans la pierre vivante et qui déjà l'attend

Gravent le profil vu de leur propre effigie._

_D'autres n'ont rien cueilli et ricanent dans l'ombre

En arrachant la ronce aux pentes du décombre,

Et la haine est le fruit de leur obscurité._

_Mais vous, Maître, certain que toute gloire est nue,

Vous marchiez dans la vie et dans la vérité

Vers l'invisible étoile en vous-même apparue._

La cité des eaux · 第 38 / 101 题