NOTES

[1] Nullum esse librum tam malum, ut non ex aliquâ parte prodesset.

[2] Rome, jadis grande sous César, est aujourd’hui plus grande encore;

Alexandre VI règne: César n’était qu’un homme, Alexandre est un Dieu.

[3] Tacite, Rolin, Lactance, Saint Clément, Saint Ambroise, Saint

Cyrille et Saint Grégoire de Naziance croyaient an phénomène du Phénix.

[4] La Fontaine a trouvé dans les sermons de ce moine Barlette, la

fable des animaux malades de la peste, et celle de l’âne, du meunier et

son fils.

[5] Voltaire.

[6] Ma tête triomphante ira frapper les cieux.

[7] La cause de cet exil est encore un problème historique: on ne sait

pas si Ovide fut exilé pour avoir su plaire à Julie, ou pour avoir

trouvé cet empereur _flagrante delicto_ avec sa fille.

[8] Roi que doit pleurer le monde, et nous encore plus.

[9]

Moitié plumet, moitié rabat,

Aussi peu propre à l’un qu’à l’autre,

Clermont se bat comme un apôtre,

Et sert son Dieu comme il se bat.

[10] Je ne puis me refuser au plaisir de transcrire ici des vers du

fameux Laurent de Médicis, analogues à ce sujet.

Al dolce tempo, il buon pastore informa

Lasciar le mandre, ove nel verno giacque;

E’l lieto gregge, che ballando in torma

Torna all’ alte montagne, alle freche acque;

L’agnel trottando pur la materna orma

Segue; ed alcun che pur or ora nacque

L’amorevol pastore in braccia porta;

Il fido cane a tutti fa scorta.

[11] C’est un vers d’Horace, _nec si male nunc, et olim sic erit_.

[12] Suétone, qui raconte cette anecdote, ajoute: _Quærentibusque

amicis quidnam Ajax ageret, respondit Ajacem suum in spongiam

incubuisse_, fesant allusion à la mort d’Ajax qui s’était percé de son

épée.

[13] Je ne sais quel œil enchante mes tendres agneaux.

[14] Il y a en Espagne trois sortes de gentilshommes de la chambre, qui

tous ont une clef pour entrer dans les appartements du palais; mais

les uns servent, les autres ont leur entrée et ne servent pas, et la

troisième classe porte la clef sans entrer et servir. Don Pacheco était

de la deuxième classe.

[15] Henri IV, dans la même circonstance avec Philippe II, signa HENRI,

_bourgeois de Paris, seigneur de Gonesse_.

[16] C’est un jurement espagnol.

[17] On prétend que toutes les fois qu’un roi d’Espagne fait une visite

à sa maîtresse, il est obligé de lui donner quatre pistoles.

[18] C’est un compliment usité en Espagne, qui signifie _vivez mille

ans_.

[19] M. le capitaine, venez à l’auberge.

[20] L’auteur se trompe; ce philosophe était de Syrie et se nommait

_Possidonius_. C’était dans une visite que lui fesait le grand Pompée,

qu’il s’écria: Douleur, tu as beau faire, je n’avouerai jamais que tu

es un mal.

[21] Cette anecdote est historique.

[22] Cette affaire d’Euse mérite d’être rapportée. Lorsque Henri

s’approcha de cette ville ennemie, les jurats vinrent lui en

présenter les clefs. Ce prince mit pied à terre et y entra avec deux

gentilshommes et deux de ses gardes. A peine eut-il franchi la porte,

que la herse tomba, et le roi se trouva en face de deux cents soldats

et de la bourgeoisie armés, qui criaient, _tirez à la jupe verte_. Il

reçut dans ses armes plusieurs coups de feu, dont l’un lui enfonça deux

côtes: mais son intrépidité en imposa tellement à ces traîtres, qu’il

s’empara, sans résistance, d’une tour voisine, où il s’enferma avec

ses compagnons, et où il se défendit jusqu’à ce que ses soldats eurent

brisé la herse: dès qu’ils parurent, les rebelles se jetèrent à genoux

et demandèrent la vie. La clémence fut le premier mouvement de Henri;

mais il ne put empêcher ses soldats de pendre, sous ses yeux, celui qui

l’avait tiré à bout portant; mais la corde ayant cassé, il s’écria:

Grâce à celui que le gibet a épargné.

[23] Le bon chevalier Bayard fesait dire une messe lorsqu’il allait se

battre en duel.

[24] Moins elle se montre, plus elle est belle.

[25] Les protestants ont supprimé la confession auriculaire, qui n’est

prescrite que depuis le sixième siècle.

[26] Dans une comédie espagnole qu’on appelle _Autos Sacramentales_,

notre seigneur J. C. vient prier les chevaliers de Saint-Jacques

assemblés de le recevoir dans leur ordre. Plusieurs y consentent;

mais les anciens leur représentent qu’ils auraient tort d’admettre un

roturier parmi eux; que Saint-Joseph, père de J. C., était un simple

menuisier, et que la Sainte-Vierge travaillait en couture. Cependant J.

C. attendait avec beaucoup d’inquiétude la décision de l’assemblée, qui

avait de la peine à l’admettre parmi eux. Enfin, pour tout concilier,

on ouvrit l’avis d’instituer pour lui l’ordre du Christ, ce qui

satisfit tout le monde. Cet ordre est celui de Portugal.

[27] On appelle en Espagne _vieux chrétiens_, ceux dont les ancêtres

sont catholiques depuis plusieurs siècles; c’est un titre de gloire.

[28] Dans ces brillantes castes, un jeune homme tutoie un homme

constitué en dignité, un ministre, un général d’armée. Le roi et sa

famille honorent du tutoiement tous les Esgagnols sans distinction

d’âge, d’état, les évêques, les archevêques et les femmes même.

[29] Mortels, vous riez là bas des pleurs d’un enfant, parce que vous

connaissez la cause de sa folle douleur; mais au ciel, nous rions

d’un homme qui, en cheveux blancs, au déclin de sa vie, est encore un

véritable enfant.

[30] Au sujet de cette gravité espagnole, Charles-Quint disait: les

Espagnols ont l’air sage et ne le sont pas, et les Français le sont

sans le paraître. Philippe II était le plus grave, le plus sérieux

des hommes; on ne l’a jamais vu rire, et il voulait que tout ce qui

l’entourait respirât la gravité la plus imposante. Il ordonna à tous

les membres des autorités souveraines de ne paraître en public qu’avec

une robe longue et ample, et de porter la barbe dans toute sa longueur

et sa circonférence.

[31] Dès le quatrième siècle les Chrétiens regardaient la volaille et

la volatille comme aliments d’un jour maigre, sur ce que la Genèse

disait: Dieu commanda aux cieux de produire les poissons et les oiseaux

qui volent sur la terre. D’après ce texte on les supposa de même

nature. Un concile, en 817, interdit aux moines ces mets succulents

les jours maigres; mais dans le monde on les regarda encore long-temps

comme permis, et l’on rapporte que plusieurs siècles après, un

religieux de Cluni étant allé un jour maigre chez un de ses parents

qui lui dit qu’il n’avait que du poisson: «Voilà, dit le moine, en

apercevant une poule dans la cour, le poisson que je mange.» Soudain

il prit un bâton et assomma la poule. Ses parens lui demandèrent s’il

avait la permission de faire gras. — Non; mais la volaille n’est pas de

la chair; notre _Hymne_ dit que les poissons et la volaille ont la même

origine.

[32] Où est Madrid, que le monde se taise.

[33] Que le génie lui-même soit présent aux honneurs qu’on lui rend!

qu’il vienne, les cheveux couronnés de fleurs!

Les Romains plaçaient un chien, symbole de la fidélité, aux pieds de

ces Dieux lares.

[34] Les Espagnols et les Italiens donnent toujours à leurs vierges

une jolie figure, une physionomie touchante; puissant attrait pour la

dévotion.

[35] On prétend qu’il lui disait en la peignant: Imagine-toi que tu es

dans mes bras; prends cet air de langueur et de volupté que tu as dans

ces moments.

[36] En Espagne le luxe des bagues s’étend jusque sur les Madonnes; ou

leur en met souvent à tous les doigts.

[37] Il se nommait _Incitatus_. Caligula voulait le faire consul;

il fit construire une écurie de marbre, une auge d’ivoire; il lui

attachait un collier de perles, le couvrait de pourpre, l’admettait à

sa table, lui donnait de l’orge et du vin dans une coupe d’or, après

avoir bu le premier.

[38] Louez la vie à sa fin, et la journée le soir.

[39] Lebrun l’a représentée, à Versailles, sous la figure d’une femme

qui a les cheveux noirs, une couronne royale sur la tête, un vêtement

brodé d’or, enrichi de diamants et de perles, et un lion à ses côtés.

[40] Arius vivait au commencement du quatrième siècle; il prétendait

que le Christ avait été engendré avant la création du monde, et qu’il

n’était qu’un homme infiniment supérieur aux autres.

[41] Ce dialecte est un patois qui a beaucoup d’analogie avec celui de

Provence. On parle très-peu la langue espagnole dans cette province.

[42] En France, sous les rois de la première race, les femmes savaient

raser; une jeune mariée, le jour de ses noces, devait faire la barbe à

son mari; c’était une des clauses du contrat. On prétend que Pénélope

promettait aux Dieux, s’ils lui accordaient le retour de son époux, de

lui faire la barbe.

[43] Ce tribunal fat institué par les Jacobins dans le treizième

siècle, à l’occasion des Albigeois et des Vaudois; il fut reçu en

Espagne en 1477, par Ferdinand et Isabelle, à la sollicitation du trop

fameux Torquemada, qui fut nommé grand-inquisiteur. Les attributions

du saint-office sont la connaissance du Judaïsme, de l’Apostasie, de

l’Hérésie, de la Polygamie, de la Sorcellerie et de la Bestialité. Le

roi en est le protecteur; le grand tribunal est à Madrid; il en existe

douze autres dans les principales villes; ils sont composés de trois

inquisiteurs, de trois secrétaires et de quantité d’officiers. Ce

tribunal a de plus un nombre infini de familiers.

Torquemada, dans l’espace de quatorze ans, fit faire le procès à plus

de cent mille hommes; six mille furent condamnés au feu, dix-sept mille

revinrent dans le sein de l’église. Les Juifs et les Maures étaient

principalement les objets de ses persécutions; on arrêtait même souvent

les Juifs nouveaux convertis, sous prétexte qu’ils avaient balayé leurs

chambres à rebours, jetant les ordures de la porte au foyer; qu’ils

avaient mis du linge blanc le samedi, allumé des lampes le vendredi

au soir, jeûné le jour de la reine Esther, refusé de manger du porc,

du lapin, du lièvre et du poisson sans écailles. Lorsque l’ont doit

brûler les coupables, l’inquisition les livre aux juges séculiers, en

les conjurant, par la miséricorde de Dieu et de ses entrailles, de les

traiter avec douceur et sans effusion de sang. On attache le condamné à

un poteau; le bourreau lui demande dans quelle religion il veut mourir;

s’il dit dans la religion chrétienne, alors on l’étrangle avant de le

brûler, sinon il est brûlé tout vif. Les arrêts de l’inquisition sont

irrévocables; le roi lui-même ne peut faire grâce. D’autres coupables

sont condamnés à une prison perpétuelle, ou à porter toute leur vie un

_san benito_; c’est un scapulaire jaune tanné, sur lequel est appliquée

une croix rouge. Tous les ans, à Madrid, dans une salle du couvent des

Dominicains, à la Toussaint, après l’office, le prieur de cet ordre

fait le panégyrique de Torquemada. C’est faire celui de Néron, de

Tibère ou du pape Alexandre VI.

[44] Par ce seul crime, jugez des autres.

[45] Mais les gens aisés doivent reconnaître par quelque libéralité

l’hospitalité qu’on leur donne gratis: le couvent n’a pas au-delà de

50 mille écus de revenu, et en dépense plus de 60 mille. On donne aux

inconnus du pain, de la viande, du sel, du vinaigre, de l’huile, du vin

et un lit.

[46] Il n’y a que la Malvoisie de Madère qui soit supérieure à celle

d’Espagne.

[47] Les pères sont au nombre de soixante-seize, les frères lais de

vingt-huit, et les enfants de chœur de vingt-cinq; il y a de plus un

médecin et un chirurgien.

[48] Les Jésuites, dit-on, se gardaient de montrer l’original; ils

ne présentaient que des commentaires ou des copies, et peu à peu on

vit disparaître des bibliothèques, les exemplaires des exercices de

Cisneros et de ceux écrits par Saint-Ignace. Un savant, don Navarro,

fit imprimer, en 1712, à Salamanque, l’ouvrage de Cisneros. Les

Jésuites eurent le crédit de faire enlever toute cette édition et

empêchèrent ce savant de devenir évêque.

[49] Ignatius Loyola, multâ prece, fletuque Deo Virginique se devovit,

hic tanquam armis spiritualibus, sacco se muniens pernoctavit, hic ad

societatem Jesu fundandam; prodit anno 1522.

[50] Déjà vieux, mais d’une vieillesse verte et robuste.

[51] Ce ne fut pas une vision ou reflet d’une imagination égarée, que

le bruit des trompettes au milieu d’un sermon sur le jugement dernier.

Un fameux prédicateur prêchant à Valence devant un cardinal, avait

fait cacher six trompettes dans l’église, avec ordre de les faire

entendre quand il crierait, _peut-être la trompette va retentir dans ce

moment_; elles sonnèrent en effet toutes à la fois, ce qui jeta dans

l’église une consternation épouvantable; on se rua les uns sur les

autres en poussant des cris affreux. La chronique ajoute que les moines

profitèrent de la discorde pour attirer les jeunes femmes dans leurs

cellules.

[52] Il y a trois sortes de grandesses: les grands de la première

classe se couvrent avant de parler au roi; ceux de la seconde ne se

couvrent que lorsqu’ils lui ont parlé, et avant qu’il leur ait répondu;

et ceux de la dernière ne se couvrent qu’après la réponse du roi. Mais

nul ne peut se couvrir que le roi ne le lui ait ordonné.

[53] En Espagne c’est assez l’usage, surtout des femmes galantes, de

se faire enterrer en habit de carmelite, et les hommes avec celui de

franciscain. Pierre-le-Cruel, dans le quatorzième siècle, ordonna qu’à

sa mort on le revêtit de cet habit. Milton place dans le Paradis des

fous et des sots, tous ceux qui à l’article de le mort se font couvrir

d’un habit de moine.

[54] Les Espagnols ont grand soin de laisser de l’argent pour les

messes après leur mort, et le premier argent du défunt, fût-il criblé

de dettes, est pour l’acquit de ce legs, qu’ils appellent _dexar su

alma heredera_ (laisser son ame héritière).

[55] Les Therapeutes étaient une espèce de moines répandus dans la

Grèce, et connus en Égypte; ils vivaient dans la retraite, livrés aux

exercices de la contemplation. Les savants, les pères de l’église n’ont

pu décider s’ils étaient Chrétiens. _Adhuc sub judice lis est_...

[56] Société éternelle où personne ne naît.

[57] L’abbé de Rancé, pour appuyer son système, publia un traité de la

sainteté et des devoirs monastiques, qui fut réfuté par le savant don

Mabillon.

[58] Et lacrymans, guttisque humectat grandibus ora.

[59] Mais la patience adoucit tes peines qu’on ne peut éviter.

[60]

Vel cum decorum mitibus pomis caput

Autumnus arvis extulit.

[61] Sous le règne de Philippe V, un hidalgo signant son contrat de

mariage, mit don... _noble come el re, e aun, aun_ (noble comme le roi

et encore, encore...). Le gouverneur de la ville l’ayant appris, lui

demanda pourquoi il se croyait au-dessus du roi; parce que je suis

Espagnol et qu’il est Français. On prétend qu’en Égypte toute la nation

était noble.

[62] Les Asturiens descendus des anciens Goths, prennent aussi le litre

de _nobles_, à cause de leur origine. Charles-Quint permit à tout

Espagnol de porter l’épée, qui, jusqu’alors, avait été la prérogative

de la seule noblesse, parce que plusieurs personnes avaient été

assassinées sans pouvoir se défendre. Cette belle prérogative a sans

doute contribué à entretenir l’orgueil et la paresse de la nation.

Chez elle, tout homme oisif et sans état, prend le titre de _Don_. En

Portugal ce titre n’est permis qu’aux gentilshommes.

[63] L’orge est en Espagne la nourriture des chevaux. Il y a très-peu

d’avoine.

[64] Les ames chrétiennes vous aideront dans toutes vos entreprises.

[65] L’Espagne est le meilleur pays du monde.

[66]

Hic gelidi fontes, hic mollia prata Lycori,

Hic nemus, hic ipso tecum consumerer ævo.

[67] Annibal avait alors vingt-six ans; il venait d’épouser une

princesse qui lui apportait des richesses immenses; de plus, il avait

découvert des mines très-abondantes d’or et d’argent; on les appelait

_les puits d’Annibal_. Il avait une armée de 150 mille hommes.

[68]

Les sépulcres même sont sujets à la mort.

JUVÉNAL.

[69] On voit des caroubiers en Provence.

[70] Jamais on n’a vu un pareil héros, jamais il n’en naîtra de

semblable.

[71] Mettez dans la balance la cendre d’Annibal, et voyez combien de

livres pèse ce grand capitaine.

[72] Le respect des Espagnols pour leurs prêtres émane des Goths, qui

regardaient comme des oracles infaillibles leurs évêques et leurs

moines.

[73] Les moines espagnols menacent de l’enfer tous ceux qui regardent

avec quelqu’attention une statue antique. Si en creusant la terre on

découvre les restes d’un empereur ou d’un philosophe, ils s’écrient:

C’est une idole, c’est l’ouvrage des Philistins; détruisez-la bien

vite; et l’idole soudain est renversée; le peuple démolit toutes les

inscriptions, parce qu’il croit qu’elles renferment des esprits impurs

qui gardent des trésors cachés.

[74] Aujourd’hui on retire les ames (_du purgatoire_ est sous-entendu).

[75] Manes était un hérésiarque du troisième siècle, qui établissait

deux principes, deux rivaux en puissance, Dieu et le Diable. Les

Persans reconnaissaient deux génies, celui du mal et celui du bien.

Manes niait l’incarnation de J. C. C’était un crime, selon lui, de

donner la vie à son semblable. Ses disciples avant de couper le pain

maudissaient celui qui l’avait fait, lui souhaitant d’être semé,

moissonné et cuit comme cet aliment.

[76] Ici j’aimerais à vivre avec toi.

[77] Les ames chrétiennes se réjouissent de voir un frère.

[78] Notre-Dame d’Atocha signifie _Notre-Dame du Buisson_; elle est

à Madrid, dans un vaste couvent; on y accourt en dévotion de toute

l’Espagne. La Vierge tient le petit Jésus dans ses bras: elle est

noire. On lui met souvent un habit de veuve. Mais aux grandes fêtes on

l’habille avec magnificence; on la charge de pierreries; on couronne

sa tête d’un soleil, dont les rayons jettent un vif éclat; un grand

chapelet est dans ses mains ou attaché à sa ceinture.

[79] Les Espagnols aiment tellement l’ail, qu’un roi d’Espagne pour ne

pas laisser infester ses appartements défendit de paraître devant lui

après en avoir mangé.

[80] Eh! qui m’arrêtera sur les bords de l’Hémus!

[81] C’est aujourd’hui le mont Burkam, couvert d’antiques chênes; à ses

pieds est un champ de roses avec lesquelles les Turcs composent leur

essence.

[82] Mais Cardan ajoutait, avec Dieu et mon ange.

[83] En Espagne, les bâtards inconnus sont réputés gentilshommes, parce

que la noblesse est une si belle chose, qu’il ne faut pas risquer d’en

priver ceux à qui le hasard de la naissance a pu la donner.

[84] On donne le nom de _posada_ aux auberges des villes, et celui de

_venta_ aux petites hôtelleries de village.

[85] _Rancio_ veut dire _vieux_. Je ne sais pourquoi ce vin porte cette

dénomination.

[86] Aulugelle, dans ses _Nuits attiques_.

[87] Saint-Vincent-Ferrier était un fameux missionnaire de l’ordre des

Frères-Prêcheurs. On prétend qu’il a converti en Espagne huit mille

Maures et trente-cinq mille Juifs. Il a vécu en France, et est mort à

Vannes, où il est enterré.

[88] _Alhameda_ est le nom que l’on donne en Espagne aux belles

promenades.

[89] Dans une sédition qu’il y eut à Madrid, au sujet d’une ordonnance

du roi qui voulait que l’on nettoyât les rues, et qui défendait de

porter des chapeaux rabattus et de grands manteaux. Les différends

partis soulevés se retiraient d’un commun accord au milieu du jour

pour aller faire la _siesta_, et revenaient ensuite avec plus de

fureur recommencer leurs clameurs et leurs outrages. La révolte fut

appaisée par les troupes. Les grands chapeaux rabattus et les capes ne

reparurent plus dans la ville; mais dès qu’un habitant en sortait, il

se dédommageait et reprenait son antique costume. Pierre-le-Grand ne

pouvait venir à bout d’abattre les barbes des Russes.

[90] Les Valenciennes passent pour belles et galantes, et ont beaucoup

de rapport, par leur vivacité, leur ardeur pour le plaisir et leur

costume, avec les Languedociennes. On dit que Valence fournit à Madrid

les nymphes de Vénus.

[91] Dans l’été, les habitants de Valence dorment sur les toits sans

danger.

[92] La plupart des valets espagnols sont dans ce négligé.

[93] L’_Azucar esponjado_ est un petit pain de sucre de forme carrée et

longue, et d’une substance spongieuse. On le trempe dans l’eau avant de

boire le chocolat.

[94] Voilà un Espagnol qui convient de la plaie faite à sa patrie,

par la superstition des rois; et nous avons vu en France de prétendus

politiques faire l’apologie de cette expulsion des Maures, tant l’amour

du paradoxe et le désir de se singulariser font dire de sottises. Les

Maures étaient des Arabes, nommés _Maures_, parce qu’ils venaient de la

Mauritanie Tangitane, jadis province romaine, aujourd’hui l’empire de

Maroc qui s’étend jusqu’au Mont Atlas: Tunis, Alger, Tripoli, étaient

compris dans les provinces romaines.

[95] Le thermomètre en été y est presque toujours entre 17 et 20

degrés, et l’hiver entre 7 et 13. On l’a vu bien rarement descendre à

3 degrés au-dessus de la congélation. Cette ville est au 39e degré 30

minutes de latitude.

[96] C’est le nom que les Espagnols donnent à l’hostie consacrée.

[97] Je me réjouis de voir que vous vous portez bien.

[98] Nous fesons nombre pour consumer les fruits de la terre.

[99] La mémoire du révérend confondait Jean Hus, ou Jérôme de Prague,

brûlé au concile de Constance, en 1419, avec Vanini, condamné au feu à

Toulouse, en 1619.

[100] Les vices d’autrefois sont les mœurs d’aujourd’hui.

[101] Le _bastonero_ est un maître de cérémonies qui est chargé du bon

ordre et d’assortir les danseurs sans exciter la jalousie. C’est un

emploi difficile; il fait danser deux menuets à chacun.

[102] Un docteur Mouti a décrit le _fandango_ dans une lettre dont

voici quelques phrases: «_Saltant vir et fæmina, vel bini, vel plures,

corpora ad musicos modos, per omnia libidinum irritamenta versantur.

Membrorum in ea mollissimi flexus. Cunium mutationes, micationes

femorum salacium. Omnia denique turgentis Lasciviæ, solertissimo studio

expressa simulacra_».

[103] On donna, en France, à ces moines le nom de _Jacobins_, parce que

le premier couvent fut établi dans Paris, rue Saint-Jacques.

[104] Ce jacobin fanatique effréné, fut pris en 1590, à l’assaut des

faubourgs de Paris, et tiré à quatre chevaux.

[105] Les eaux-de-vie de Valence vont en France, passent la Loire, et

montent jusqu’à Orléans, où on les mêle avec celles de France; on en

importe encore en Hollande et dans l’Amérique espagnole.

[106] Sénèque. Il pouvait parler en connaissance de cause.

[107] Le cardinal de Granvelle disait un jour à Philippe II: Il y a

aujourd’hui un an que l’empereur, votre père, s’est démis de tous ses

États. — Il y a aussi un an qu’il s’en repent, répondit Philippe. Cet

enfant ingrat lui payait très-mal la pension de cent mille écus qu’il

s’était réservée.

[108] Charles III a vécu vingt-neuf ans sans femme et sans maîtresse.

[109] _Patio_ signifie _basse-cour_; en effet les habitués de ce

parterre sont de rudes oisons.

[110] Excepté le _volero_ et le _fandango_, aucune danse n’est permise

sur les théâtres d’Espagne. Les moines excommunieraient les balarines

qu’ils regardent comme des émissaires de Belzébut, si elles exécutaient

d’autres danses. Charles III défendit le _volero_, qui se réfugia à

Cadix. On prétend qu’il a reparu sous Charles IV, dans la capitale.

[111] Le _volante_ est une voiture fort large, mais facile à verser.

[112] Ce tombeau était sur une colline du promontoire de Sygée.

[113] Tranquilles ossements, reposez-vous dans cette urne inviolable.

[114] On assure que ce furent les franciscains et non la Vierge qui

eurent les produits du bénéfice.

[115] M. de Saint-Gervais s’égaie ici aux dépens du moine; il veut

parler de ce trait de la fable, lorsque Junon emprunta la figure de la

vieille Galanthis, servante d’Alcmène, pour empêcher l’accouchement

d’Alcmène. (_Note de l’Éditeur._)

[116] Regum æquabat opes animis.

[117] J’ai fait des jardins, des vergers, et j’y ai planté toute sorte

d’arbres.

[118] Il faudra quitter cette terre, cette maison, et de tous ces

arbres que tu cultives, le triste cyprès seul suivra son maître

passager.

[119] Ce récit ne s’accorde pas avec la réputation de longévité de

cet arbre. L’oranger du connétable de Bourbon, existait encore au

milieu du dix-huitième siècle. On voyait encore à Lisbonne dans le

dernier siècle, le premier arbre dont sont sortis tous les orangers qui

embellissent les jardins de l’Europe.

[120] Ce sont des moines de la religion grecque; ils ne mangent jamais

de viande; ils ont quatre carêmes, observent plusieurs autres jeunes;

il en est qui ne mangent que deux fois en trois jours, d’autres en

sept. Pendant les sept semaines de carême ils passent la nuit à pleurer

et gémir sur leurs péchés et sur ceux des autres.

[121] La palme est de huit pouces trois lignes et demie.

[122] _L’Honneur Espagnol_, dictionnaire historique des hommes

illustres en sainteté, en dignités, dans les armes, les sciences et les

arts, tous enfants de l’Espagne.

[123] Dix à douze lieues de France.

[124] Je mourrai dans mon nid.

[125] Le manteau ou mante se porte à l’église; il diffère de la

mantille, qui n’est qu’un voile noir ou blanc, à volonté.

[126] C’est un cacao de la Nouvelle-Espagne; on en fabrique le chocolat

du roi.

[127] Les Didot, les Bodoni, n’ont rien de supérieur à cet ouvrage.

[128] Le port de Grao n’est pas favorable au commerce: les gros

vaisseaux n’y peuvent aborder; de légères barques vont recevoir les

marchandises, et des bœufs les traînent sur la plage.

[129] _Oussia_ se dit par syncope de _vostra eccelenza_, titre que l’on

donne à la noblesse.

[130] Il n’est de pire fruit que celui qui ne mûrit jamais.

[131] On montre à la bibliothèque de Genève le portrait d’un savant qui

est resté trois mois la jambe étendue, sans bouger de sa place, pour

observer les actions et les mouvements d’une puce qui avait fixé son

domicile sur cette jambe.

[132] Le fléau du genre humain et la peste des hommes.

[133] Ce bibliothécaire avait tous les préjugés de l’orgueil. Mariana

est un écrivain prolixe, crédule et partial; Garcilasso de la Vega est

ampoulé; il fut d’abord auteur dramatique, ensuite homme du monde et il

finit par recevoir la prêtrise: c’est alors qu’il composa l’_Histoire

du Mexique_: l’emphase et l’enflure caractérisent son style; il est

extrêmement prévenu pour Fernand Cortès, son héros. Voici pourtant ce

que dit l’évêque Las Casas, des crimes et des atrocités des Espagnols

conduits par Fernand Cortès: «J’ai vu ces fiers Espagnols remplir les

campagnes de fourches patibulaires auxquelles ils attachaient les

Indiens treize à treize, en l’honneur des treize apôtres; je les ai vus

donner des enfants indiens à dévorer à leurs chiens de chasse, et les

nourrir avec des membres d’Indiens.»

[134] D’autres personnes ne lui donnent que treize volumes _in-folio_.

[135] Ce qui n’est point à toi ne peut t’honorer.

[136] Parler de Dieu et agir en homme du monde.

[137] Laissez faire le métier à celui qui le sait.

[138] Celui qui a un toit de verre ne doit pas jeter des pierres sur

celui de son voisin.

[139] Les belles paroles coûtent peu et rendent beaucoup.

[140] Le corrégidor est un magistrat de police qui exerce un pouvoir

très-étendu; il est supérieur à l’alcade, qui n’est que son premier

officier.

[141] On se moque d’un méchant poète et de ses vers; mais lui se

réjouit, s’applaudit et s’admire.

[142] La basquine est un japon de soie noire que les femmes d’un

certain rang prennent en sortant de chez elles, et quittent en y

rentrant.

[143] Un mariage inégal de don Louis, fils de Charles III, a amené une

révolution et détruit ces unions illicites faites malgré les parents et

le bon ordre de la société. Un édit de Charles III défend tout mariage

entre des personnes de rangs et de qualités inégales.

[144] Saint-Nicolas est révéré à Valence comme le patron des jeunes

filles à marier et des jeunes femmes enceintes. Sa fête est célébrée

par toutes les jeunes filles qui désirent cesser de l’être: elles lui

offrent des corbeilles de fleurs, des gâteaux et des fruits; lui font

mille promesses et des vœux sans nombre. Il est vrai que ce grand

Saint, archevêque de Myra, mérite les hommages et la reconnaissance des

vierges à marier. Un jour il ressuscita l’amant d’une jeune beauté:

dans une autre occasion, il donna en songe une dot aux filles d’un

pauvre gentilhomme.

[145] Par le très-doux nom de Jésus.

[146] Je prie Dieu de conserver votre vie pendant longues années.

[147] Les livres sont le refuge et la consolation des malheureux.

[148] Les Espagnols ont dans leur maison une petite chapelle où brûle

sans cesse une lampe en l’honneur de la Vierge ou du Saint qu’ils ont

adopté. Saint-Joseph est un de ceux qui ont le plus de pratiques. On le

pare, on le poudre dans les événements heureux, mais on le dépouille,

on le maltraite quand le succès ne répond pas à leurs vœux. Les nègres

en usent de même avec leurs fétiches.

[149] La vérité comme l’huile s’élève toujours au-dessus.

[150] Un archevêque de Tolède acheta, en 1573, le château et la forêt

où ces jeunes filles étaient renfermées, pour y faire élever cent

filles, la moitié nobles, la moitié roturières. Elles y entrent à

l’âge de sept ans; si elles veulent se marier on donne mille écus aux

roturières et deux mille aux filles nobles.

[151] Les _séguidillas_ sont des odes érotiques qui célèbrent l’amour

et la volupté. Parfois aussi elles sont satiriques.

[152] Il y a dans la Manche un village nommé _Vall de Penas_, qui

produit un vin rouge que l’on sert à la table du roi, et qui ne se vend

sur les lieux qu’un sou la chopine.

[153] Il y a en Angleterre des chemins et des montagnes qui portent le

nom de _Shakespear_. Le génie et les grandes vertus attachent leur nom

aux lieux qu’ils ont habités.

[154] L’arrobe est, selon les uns, de vingt-cinq livres, selon

d’autres, de trente-une; d’après cette dernière évaluation, le canton

de Malaga produirait deux millions de livres de vin par an.

[155] Le sujet de l’_Araucana_ est la guerre des Espagnols contre les

peuples du Chili, qui habitaient un pays montueux et agreste, nommé

_Arauco_. Cette nation, plus robuste et plus belliqueuse que les

autres peuples de l’Amérique, défendit plus long-temps sa liberté, et

les Espagnols n’en triomphèrent qu’après plusieurs batailles qui leur

coûterent bien du sang. Le brave Alonzo, ceint du double laurier de

Mars et d’Apollon, combattait le jour et écrivait la nuit sur de petits

morceaux de cuir.

Voici le plan du poème.

Le poète débute par dire qu’il ne chante ni les dames ni les

gentillesses de l’amour, mais la valeur et les prouesses des Espagnols,

qui imposèrent le joug sur la tête des Arauciens.

Au second chant est le beau discours de Colordo, loué par Voltaire. Ce

Cacique le prononce pour étouffer la discorde qui s’élevait entre tous

les Caciques, pour avoir le commandement de l’armée. Tous les chants

suivants sont des récits de batailles plus historiques que poétiques.

Le quatorzième chant fait la description de la bataille de Lépanthe,

gagnée sur les Turcs, par Jean d’Autriche, sous Philippe II.

Dans les vingt-six et trente-septième chants, le poète se croit

transporté dans le jardin du magicien Fiton; et après avoir décrit la

beauté de ce jardin, il raconte que ce magicien lui montra tous les

pays de la terre, sur un globe dont vingt hommes réunis n’auraient pas

embrassé la circonférence. Les champs, les montagnes, les villes, les

fleuves, les hommes, les animaux, y paraissaient dans leurs formes

naturelles et très-distinctes; tout le globe passa sous ses yeux:

il vit l’emplacement inculte et désert où bientôt Philippe II, en

commémoration de la bataille de Saint-Quentin, devait élever un superbe

palais. Il parle ensuite de toutes les grandes villes d’Espagne. Il

rencontre, en sortant de chez le magicien, une femme qui fuyait,

troublée, éperdue; il pique son cheval, la poursuit, et renvoie la

suite au vingt-huitième chant.

Dans ce chant est le long épisode de cette femme, nommée _Glaura_.

Il décrit sa beauté et ses malheurs. Elle était fille unique d’un

Cacique: des nègres, après l’avoir dépouillée, voulaient lui ravir son

honneur; elle est délivrée par Cariolan qui tua les nègres et devient

son époux. Ensuite ils aperçurent une troupe espagnole; Cariolan cache

sa femme dans un bois et va combattre. Glaura se reprochant bientôt

sa timidité, quitte son asile, et va chercher son époux qu’elle ne

retrouve plus. Enfin, après bien des courses, des dangers, après avoir

voulu se tuer, elle revoit l’objet de son amour. Aux vingt-neuvième

et trentième chants, les combats recommencent. Au trente-unième, les

Indiens viennent attaquer le fort, croyant les Espagnols endormis, et

sont repoussés.

Aux trente-deuxième et trente-troisième, les Espagnols font un grand

carnage des Indiens. Ensuite don Alonzo, retiré dans le camp avec sa

troupe, lui parle de Virgile et de Didon, qu’il fait mourir d’une mort

plus honorable, pour rétablir sa gloire. Le roi d’Afrique, Jarbas, la

demande en mariage; menace, en cas de refus, de ravager le pays et de

détruire Carthage. Élise ne voulant pas manquer de foi à son époux,

amuse les députés d’Iarrbas, et prépare son bûcher. Le jour de sa mort

arrêté, elle prend ses plus riches habits, et du haut d’une estrade,

elle harangue ses fidèles sujets, leur fait ses adieux, et leur dit:

_Je vous laisse libres, et mon époux est satisfait_. Après ces mots,

elle se poignarde et se jette dans le bûcher allumé. Dans les trois

chants qui suivent, nouveaux combats, et les Espagnols s’emparent du

pays ennemi.

Dans le trente-septième et dernier, don Alonzo dit que les princes ont

le droit de faire la guerre, et que Philippe avait celui d’envahir le

Portugal.

Ce poème, traduit par M. Langlès, membre de l’Institut et conservateur

des manuscrits, est encore dans son porte-feuille; il devrait enrichir

la littérature française de sa traduction qui, à coup sûr, réussirait,

faite par un homme d’esprit et de goût.

[156] _Que les ignorants s’instruisent et que les savants aiment à se

ressouvenir_. C’est l’épigraphe modeste de la Harpe dans son _Cours de

Littérature_.

[157]

Sed me quod facilis tenero sum semper amori,

Ipsa Venus campos ducet Elysios.

TIBULLE.

[158] A Rome, dans le petit triomphe appelé l’_ovation_, le vainqueur,

revêtu d’une robe blanche, bordée de pourpre, marchait à pied ou à

cheval, au son des flûtes, à la tête de ses troupes; le sénat, les

chevaliers, les premiers de l’État le suivaient, et sa marche se

terminait au Capitole, où l’on sacrifiait aux Dieux des brebis blanches.

[159] L’épée d’un lâche ne blesse ni ne tue.

[160] Quand les dames espagnoles sortent le matin, elles ont leur

rosaire à la main ou attaché au bras, parce qu’elles sont censées aller

à la messe.

[161] C’est Xativa qui a eu le malheur de voir naître dans son sein le

pape Alexandre VI, d’horrible mémoire.

[162] Seigneur, lève-toi et juge ta cause. C’est la devise du

saint-office.

[163] C’est un vers d’Ovide qui signifie, «La face de la nature était

la même dans tout le globe.»

[164] On prétend que cette quantité d’argent venait d’un embrasement

des forêts des Pyrénées; quelque temps avant l’arrivée des Phéniciens,

des bergers y avaient mis le feu, et l’incendie se propagea avec une

telle violence, qu’il fondit tous les métaux qu’elles renfermaient.

[165] C’est on titre qu’en Espagne on donne souvent aux moines.

[166] Un _incube_ est le diable qui prend la figure d’un homme

pour séduire les femmes, et une _sucube_ est le diable changé en

diablesse pour pervertir les hommes. L’église a cru long-temps à ces

métamorphoses infernales; la Sorbonne affirma la chose en 1318.

[167] Ce fait est rapporté par le fameux Pic de la Mirandole.

[168] Don Manuel s’amuse en citant ce trait de la fable, qui dit qu’un

certain Melampus, médecin fameux, ayant découvert la vertu purgative de

l’ellébore, avait guéri les trois filles de Proetus, roi d’Argos, que

Junon avait rendues folles; elles s’imaginaient être changées en vaches.

[169] On l’appelle la _Madonna del Pilar_, parce qu’elle est posée

sur un pilier de marbre: elle est une des plus riches de l’Espagne;

on y voit quatre anges d’argent, dont les ailes sont d’or et semées

d’étoiles de saphirs; la couronne est d’or massif. Il y a un

saint-sacrement immense dont les rayons sont d’or massif et couverts

d’émeraudes: le soleil et le calice pèsent 500 livres; on voit, dans

le trésor, une infinité de membres de corps humain, d’argent, donnés

en _ex-voto_. Le lord Stanhope, après la bataille de Saragosse, entra

dans cette ville, visita le trésor et n’y toucha point. Admirons et

taisons-nous.

[170] Ce prétendu miracle est tiré de l’_Histoire Romaine_, et don

Manuel s’égaye aux dépens des deux dévotes.

[171] Des écrivains ont fait de Vénus Murcie, la déesse de la paresse.

[172] Les moines punirent par une espèce d’humiliation, ce propos

indiscret. La foudre étant tombée quelque temps après à Ségovie, sur le

cabinet du roi, crièrent que c’était une vengeance du ciel; et le roi,

pour satisfaire les moines et les dévots, suivit une procession à pieds

nus, ayant à son col le cordon de Saint François.

[173] En France, Louis XII abolit le droit d’asile que l’église donnait

aux criminels.

[174] On conserve dans le trésor du grand-seigneur une dent du prophête

Mahomet, et tous les ans, le premier jour du ramazan, le sultan la

présente, avec beaucoup de respect, à baiser aux grands de sa cour,

après des prières publiques instituées pour cette solennité.

On y conserve la robe de ce prophête, et tous les ans, à pareil jour,

on la trempe dans l’eau, qui est appelée _eau sacrée de la robe_.

Les Turcs croient, en buvant de cette eau, devenir incorruptibles.

Le sultan en distribue à ses favoris, pour s’en servir aux jours de

jeûnes. Vers le soleil couché, ils en mettent une goutte dans un grand

vase d’eau, qu’ils boivent, avec cérémonie, à trois diverses reprises.

[175] Que ma pauvreté me laisse jouir d’une vie oisive!

[176] Les morts ouvrent les yeux aux vivants.

[177] Il y a une grande discussion au sujet de cette ablution, entre

les sectateurs d’Ali et ceux d’Omar. Les premiers prétendent qu’il faut

commencer par le coude, et ceux d’Omar, par le bout du doigt. Chez les

Chrétiens on a disputé long-temps si les laïques devaient faire le

_signe de la croix_ avec deux ou avec trois doigts. _Adhuc sub judice

lis est_.

[178] C’est un vers de Virgile: «La nuit se précipite et embrasse la

terre de ses ailes noires.»

[179] Ce compte est exact.

[180] Et son grand corps étendu remplit tout l’antre.

[181] Peintres de l’école espagnole.

[182] Les présides sont des bagnes de galériens établis à Tetuan, à

Oran et à l’Amérique méridionale.

[183] Le célèbre M. de Buffon a voulu nous résoudre ce problème et nous

prouver qu’au lieu d’une ame les animaux ont un sens intérieur. Mais je

doute qu’il s’entende lui-même.

Voyage en Espagne du Chevalier Saint-Gervais (1 de 2) · 第 45 / 45 题