Au moment du départ, je vis cette Marie Keremenen, que j'appréhendais de
connaître: c'était une jeune femme d'environ vingt ans, qui portait le
costume du village de Toulven, en basse Bretagne.
Ses beaux yeux noirs regardaient clair et franc. Sans être absolument
jolie, elle était presque charmante avec son corsage de drap brodé, sa
coiffe blanche à grandes ailes, et sa large collerette rappelant les
fraises à la Médicis.
Il y avait en elle quelque chose de candide et d'honnête qu'on aimait à
regarder. Il me parut que je l'aurais précisément désirée ainsi si
j'avais été chargé de la choisir moi-même pour mon frère Yves.