POVRETÉ.

Portraite fu au darrenier

Povreté qui ung seul denier

N'éust pas, s'el se déust pendre,

Tant séust bien sa robe vendre;

Qu'ele iere nuë comme vers:

Se li tens fust ung poi divers,

Je cuit qu'ele acorast de froit[12],

Qu'el n'avoit ç'ung vié sac estroit

Tout plain de mavès palestiaus;

Ce iert sa robe et ses mantiaus.

El n'avoit plus que afubler,

Grand loisir avoit de trembler.

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Portait chaussure et vêtement 433

Telle que nonne de couvent;

En main tenait un livre d'heures,

A grand' marques extérieures

Feinte prière à Dieu criait

Et saints et saintes appelait.

Point de plaisir, jamais de joie;

A bonnes oeuvres elle emploie

Son temps et toute sa vertu

Depuis que la haire a vêtu.

Sachez qu'elle n'était pas grasse,

De jeûner semblait être lasse

Et d'un mort avait la couleur.

A elle et aux siens le Seigneur

Du paradis ferme la porte;

Car leur visage de la sorte,

Dit l'Evangile, font maigrir

Ces gens pour se faire applaudir,

Et pour un peu de gloriole

Des saints ils perdent l'auréole.

Le roman de la rose - Tome I · 第 83 / 150 题