La _Vieille_ revient trouver l'_Amant_, lui annonce que sa belle est
prête à le recevoir, lui enseigne une porte secrète par où il pourra
pénétrer chez elle, et se retire la première pour l'attendre. L'_Amant_
la suit de près, et chemin faisant se prépare à sortir enfin victorieux
de cette dernière épreuve. Il fait appel à [p. LXXII] tous ses avantages
physiques et moraux, et par prudence, pour ne pas effaroucher cette
pudique enfant, il se présente l'air humble et les traits languissants.
A sa venue, la belle l'accueille d'un long regard plein de tendresse et
d'amour, et nos deux amants enivrés s'abandonnent aux plus doux
transports. Mais soudain le dernier cri de la conscience arrête la
pauvrette au bord du précipice; sa pudeur se réveille; elle sent
renaître toutes ses terreurs, et une lutte suprême s'engage dans son
coeur entre la passion et le devoir.