LE XIXe SIÈCLE.
_Qui donc t'a donné, bel enfant,
Cette fleur toute fraîche éclose?
Je suis déjà vieux, et pourtant
Jamais ne vis si belle Rose_.
_Quel éclat, quelle douce odeur!
De la Nuit, sur sa tige verte,
Scintille encore un tendre pleur,
Et là, sur sa lèvre entr'ouverte_.
_Parmi ce jardin radieux
Que chaque jour fleurit l'Aurore,
Que n'ai-je l'arbre merveilleux
Qui fit si belle fleur éclore!_
_Dessus ses rameaux vigoureux
Greffant mes délicates entes,
Je verrais son suc généreux
Régénérer mes frêles plantes_.
[p. IV]
L'AMOUR.
_C'est que vous ne connaissez pas,
O vieillard, toutes vos richesses.
Aux jeunes plantes pourquoi, las!
Prodiguer toutes vos caresses?_
_Voyez là-bas ce vieux buisson,
Mais toujours vert, toujours vivace;
C'est là que j'ai le doux bouton
Cueilli qui tous les autres passe_.
LE XIXe SIÈCLE.
_Quoi! dans ce vieux jardin françois
Où je vois jeter tant de pierres,
Où nul ne pénétra, je crois,
Depuis la mort de mes grands-pères?_