Audiences des 14 et 15 mai 1889.
M. Salis, député de Montpellier, s’étant trouvé diffamé par un passage
du livre de M. Numa Gilly, _Mes Dossiers_, édité par M. Savine, cita
l’auteur et l’éditeur devant la cour d’assises de Montpellier.
M. Savine rendit hommage au plaignant dont les propres discours
parlementaires fournirent à son avocat des armes pour montrer le
discrédit que jettent sur tout un régime les louches pratiques des
politiciens financiers.
M. Savine bénéficia des circonstances atténuantes et fut condamné à
quinze jours de prison.
Messieurs les Jurés,
De toutes les épreuves que peut subir un galant homme, la plus dure, la
plus pénible, la plus douloureuse est certainement celle que traverse M.
Savine aujourd’hui.
Non qu’il soit exposé à des risques plus graves. Au contraire: sa bonne
foi évidente, la loyauté de ses explications précieuses pour
l’adversaire, point banales dans la bouche d’un homme qui, d’habitude,
ne se dérobe guère pour fuir les responsabilités, l’ignorance où il se
trouvait du nom même de M. Salis lors de la publication du livre, me
donnent une confiance inébranlable dans l’issue de ce procès.
Mais qui ne sent tout ce qu’a de cruel sa comparution dans cette
enceinte? Fût-il coupable, elle constituerait, à elle seule, la plus
amère des expiations!
A Bordeaux, c’était devant un public d’indifférents qu’il présentait sa
défense.
D’indifférents, ai-je dit? Je me trompe et me rétracte: c’est faire
injure aux citoyens de la grande cité dont l’inoubliable accueil restera
éternellement gravé dans sa mémoire, aux braves gens dont la première
indifférence, si indifférence il y eut jamais, céda vite le pas à une
sympathie solide dont les témoignages non équivoques, prodigués au cours
des débats, plus forts que la pression de la rigueur officielle, ont
survécu au plus étrange, et je puis bien ajouter sans manquer de respect
à personne, pour rendre un simple hommage à la réalité, au plus
inattendu des verdicts.
Ah! puisque cette image se dresse devant mes yeux, laissez-moi,
messieurs, m’y arrêter une minute; quand, sur un champ de bataille, on a
vaillamment combattu pour une cause que l’on croyait, que l’on croit
encore juste, quand, un moment, on a cru tenir une victoire chèrement
disputée, quand, à la fin, terrassé par un trop puissant ennemi, on a vu
s’effondrer toutes ses espérances, c’est un baume qui cicatrise les
blessures que le souvenir de tant de mains tendues vers le vaincu, non
point par un geste de compassion, dans la pensée de lui faire l’aumône,
mais par l’élan spontané d’une admiration sincère pour sa foi vaillante,
sa généreuse attitude, sa courageuse conviction!
Ce souvenir, il appartient à M. Savine; il est un bien qui fait
désormais partie de son patrimoine moral, un bien insaisissable dont nul
au monde n’a le pouvoir de le dépouiller. En doutez-vous, messieurs,
écoutez l’écho de l’opinion publique fidèlement recueilli par ces lignes
tracées au lendemain du combat par un des plus éminents publicistes de
la presse bordelaise:
Quant à M. Savine, son attitude a été, d’un bout à l’autre du procès,
celle d’un galant homme qui a pu se tromper, mais qui ne cherche
jamais à se dérober aux responsabilités encourues. Comme l’a dit Me de
Saint-Auban, «c’est un vaillant, c’est un sympathique».
Esprit très fin, très cultivé, très épris d’idéal, il était en voie de
se faire un nom dans la littérature--et la meilleure--quand les
nécessités de la vie l’ont obligé de se faire éditeur. Il a osé éditer
la _Fin d’un Monde_, de Drumont; c’est dire assez quelles haines il
avait dû soulever! Son malheur a été de croire à Gilly. Il a cru que,
derrière les affirmations vraisemblables qui lui étaient apportées, il
y avait un homme, c’est-à-dire des preuves palpables, matérielles,
comme il en faut à un tribunal. Il s’est trompé.
Sa condamnation n’a pas diminué l’estime et la sympathie du public
pour lui... au contraire!
On lui a reproché d’avoir fait œuvre mercantile. Hélas! un éditeur
fait toujours œuvre mercantile. C’est la nécessité de sa situation.
Et combien de gens font œuvre mercantile sans s’en douter et souvent
même en parant leur mercantilisme des noms les plus pompeux. On voit
des hommes politiques chanter cyniquement la palinodie, renier tout
leur passé et faire comme ministres ce qu’ils ont combattu comme
députés.
Pourquoi? Par patriotisme, disent-ils. Allons donc! Tout simplement
pour conserver la place de ministre, dont les bénéfices sont autrement
appréciables que ceux de la députation. Voilà du mercantilisme dans la
pire acception du mot.
En somme, nous le répétons: l’opinion publique, qui ne relève de
personne, n’est nullement défavorable à trois au moins des quatre
condamnés d’hier. Elle leur est sympathique: elle est avec eux.
C’est un fait: nous le constatons. C’est notre droit.
Lorsqu’on croit à autre chose qu’aux résultats matériels, lorsqu’on
caresse un autre idéal que l’instinct de la conservation personnelle,
c’est la compensation de bien des maux qu’un semblable témoignage! M.
Savine est fier de le garder dans ses archives. Sans doute, il ne l’en
sortira pas pour l’opposer aux insulteurs à gage dont les injures de
commande échappent aux réfutations; mais il peut le montrer aux âmes
trop charitables dont la pitié quelque peu ironique semble chanter ses
funérailles.
Il peut avertir ces bonnes âmes, puisqu’elles paraissent l’ignorer, que,
lorsqu’on a été capable de lutter jusqu’au bout pour mériter l’estime
publique, lorsqu’on a tout sacrifié pour l’obtenir, c’est qu’on a
l’énergie de vivre, c’est qu’on y est bien décidé; et que, lorsqu’on l’a
obtenue, cette estime publique, lorsqu’on a su s’en rendre digne, peu
importent la prison, les dommages-intérêts, les amendes; on a le droit
d’être fier, on peut relever la tête: on a gagné le procès de Bordeaux!
(Mouvement).
Mais il est un autre procès qui nous tient beaucoup plus à cœur,
messieurs. Bordeaux est pour Savine une patrie d’adoption; mais enfin,
ce n’est qu’une patrie d’adoption; taudis que Montpellier...
Que vous dirai-je là-dessus que vous ne sachiez déjà? N’avez-vous pas
reconnu votre enfant, votre compatriote? Cette terre est la sienne,
cette cité est sa cité; c’est la patrie de sa jeunesse, de ces mille
choses saintes qui constituent le passé. Le passé! Tout ici lui en
parle, tout le lui rappelle, jusqu’aux monuments, aux maisons, jusqu’aux
pierres qui lui adressent un sourire familier comme à une vieille
connaissance. Voici la rue qu’il parcourait chaque matin pour se rendre
au collège!... Et dans cette enceinte, parmi cette foule qui se presse
autour de lui, à peine ose-t-il lever les yeux de peur d’apercevoir la
tristesse d’un parent ou d’un ami!...
Ah! lorsque, jadis, sa pensée s’envolait vers eux, c’était dans un rêve
de bonheur et de quiétude dont les calmes visions le reposaient des
fièvres et des luttes de l’existence parisienne! S’il avait su que le
retour au pays aimé lui réservât les luttes les plus âpres et les
fièvres les plus brûlantes!...
Comme je comprends son émotion, messieurs! Comme je la partage! Moi
aussi, je suis un peu votre enfant; pas bien loin de votre ville se
trouve le sanctuaire de mes propres souvenirs; et je sais ce que vaut le
pays natal, cette petite patrie dans la grande, qui en est l’objet le
plus cher, comme dans la maison paternelle se trouve toujours un coin,
une chambre plus bénie que les autres, parce que, plus que les autres,
elle fut le témoin intime de ce qui ne reviendra plus...
C’est ici qu’il veut qu’on le défende! Eh bien! qu’il se rassure; je le
défendrai, et victorieusement, j’en suis sûr, car je le défendrai avec
ce qu’il y a de mieux, de plus puissant dans mon être, avec mon cœur! Et
je le laverai enfin, une fois pour toutes, quel que soit le résultat de
vos délibérations, de ce reproche outrageant d’avoir, par un calcul
misérable et vil, spéculé sur une curiosité malsaine; de ce reproche qui
jure d’une si étrange manière avec sa conduite, ses aspirations, ses
instincts; de ce reproche dont, à Bordeaux, l’équité de l’opinion a déjà
fait justice, dont elle fera justice à Montpellier; de ce reproche, le
dernier qu’on lui eût jeté à la face, s’il subsistait une ombre de
justice au milieu des passions politiques, car il est démenti avec trop
de vigueur et d’éclat par tout ce qui fait l’essence de sa droite et
loyale nature.
Un spéculateur, Savine?... Mais ceux qui le disent ne le croient pas,
ou, s’ils le croient, ils n’ont pas lu le dossier! Il suffit d’y voir la
manière dont Savine ouvre à Peyron sa bourse, pour être édifié sur le
mobile qui l’a conduit. Un spéculateur, ou simplement un commerçant qui
ne suppute que le profit d’une entreprise, avance-t-il de l’argent à un
étranger sans la moindre garantie? Il exige une signature, il garde au
moins un reçu! Ici rien de semblable: Peyron emporte l’argent de Savine,
et Savine ne demande rien à Peyron. Voilà un spéculateur bien confiant!
Sa conduite m’étonne: je croyais la confiance fille de l’enthousiasme et
non de la spéculation. Quel étourdi que Savine, si ce crédit inusité
s’adresse à un client vulgaire, au lieu de s’adresser à un homme, hélas!
inconnu de lui, en la mission duquel, alors, il avait foi!
Continuons l’histoire. Le livre est édité: belle occasion pour un
spéculateur de gagner une somme assez ronde... en le retirant de la
circulation!
En doutez-vous? Écoutez ce récit; il n’a point été fabriqué pour les
besoins de la cause, car je l’emprunte au numéro d’un journal paru le 20
novembre dernier:
Les jurisconsultes du parti attaqué s’étaient prononcés en faveur
d’une saisie. Mais M. Floquet n’a pas voulu entendre de cette oreille.
Comme, en somme, _l’Union républicaine est le groupe le plus atteint_,
pourquoi le ministère s’emploierait-il à tâcher de le sauver du
discrédit qu’il mérite? L’existence des opportunistes est-elle bien
nécessaire à la France, et le cabinet ne saurait-il se passer de M.
Rouvier? Réflexion faite, M. Rouvier les a envoyés au diable et n’a
pas voulu permettre qu’on touchât au libelle.
_Après cet échec, les opportunistes ne se sont pas tenus pour
satisfaits. D’habiles négociateurs ont été envoyés auprès de l’éditeur
Savine. Celui-ci est, vous le savez, un littérateur distingué,
originaire de Montpellier._ Très versé dans la littérature espagnole,
écrivain plein de verve, il aurait pu faire son chemin dans la
carrière littéraire, si une circonstance inopinée ne l’avait contraint
de prendre la direction d’une maison de librairie. Savine avait placé
des fonds considérables sur cette maison, quand il apprit tout à coup
qu’une catastrophe était imminente. Il fallait aviser. Pour sauver ses
capitaux, il se substitua au libraire et prit le gouvernail en mains.
_Les délégués des opportunistes s’étaient flattés de l’amener à
composition; mais, dès les premières ouvertures, les pourparlers ont
complètement échoué._
Est-ce assez joli, cette ambassade qui se rend auprès de l’éditeur pour
_l’amener à composition_? Est-ce assez _opportuniste_? Je comprends la
tentative: c’est beau de faire éclater en public son innocence; mais
comme l’innocence de l’opportunisme n’éclate pas toujours--plusieurs
verdicts tendent à le démontrer--il est toujours plus sûr, avant d’aller
trouver l’adversaire, d’essayer un argument qui, pour être moins
juridique, n’en est que plus décisif. Tout porte à croire que, dans
l’espèce, les _ambassadeurs_ l’exposèrent avec une grande force, surtout
ceux--c’est-à-dire presque tous--qui, malgré son échec, ont estimé plus
raisonnable de ne pas subir les risques d’un autre genre de
dialectique... (Rires). Mais quel refus maladroit que celui de Savine,
et comme la spéculation est parfois mal inspirée!
Je ne parle pas de ce calcul impardonnable qui consiste à cesser la
vente, dès que l’ouvrage devient suspect, et même à dépenser des fonds
pour racheter les exemplaires vendus: jamais rapacité ne fut plus
inintelligente!
J’arrive immédiatement à la plus lamentable affaire de notre
spéculateur; vous allez voir que, s’il s’est flatté de mériter cette
épithète, il s’est mépris d’une étrange manière sur ses aptitudes et sur
sa vocation.
Les opportunistes lui avaient pardonné la défaite de leur ambassade. Ces
braves gens n’ont pas de rancune: ceux qui ont assisté aux débats de
Bordeaux leur rendent pleine justice à cet égard. Ils ont été on ne peut
plus aimables pour M. Savine; et cette amabilité a duré jusqu’après la
lecture de ses pièces et l’audition de ses témoins. Ah! par exemple, les
témoins et les pièces, on a trouvé que c’était de trop... (Rires) et,
pour lui donner des regrets, on lui a dit naïvement que s’il n’avait pas
tenté la preuve, on lui en aurait bien moins voulu d’avoir articulé les
faits... Figurez-vous que M. Savine a eu l’audace de ne rien regretter!
Pour le coup, l’opportunisme n’y a plus rien compris; depuis, Savine,
l’inquiète: ces oiseaux rares sont toujours dangereux!... On lui tend la
perche; il la repousse: voilà un geste qu’on n’oublie pas! Vit-on jamais
un noyé si difficile? On fera tout au monde pour châtier son tranquille
mépris, et, si on lui jette à la face avec tant de rage cette odieuse
épithète de spéculateur, c’est justement pour le punir de ne l’avoir
point méritée. On aimait mieux un libraire cupide qu’un libraire
convaincu; on aime toujours mieux la passion qu’on partage, et la
passion opportuniste n’est pas la conviction. Que n’a-t-il observé le
silence? Il a préféré, ce courageux de malheur, la peine du courage au
prix de la lâcheté; il a pensé qu’il devait au public les raisons de sa
conduite; et sans insolence, comme sans faiblesse, dans la limite de son
droit, il est un fait, tout au moins, dont il a fourni la preuve, c’est
que dans cette pénible aventure, fort indigne de lui, je me plais à le
reconnaître, et qui l’a, un instant, détourné de sa vraie voie, il garde
la consolation de n’avoir obéi qu’aux ardeurs de sa croyance. Cette
preuve lui coûte trois mois de prison, une trentaine de mille francs, et
une brèche peut-être irréparable au patrimoine de sa famille. Ses
adversaires n’imaginaient pas qu’un homme pût payer si cher une pareille
satisfaction.
Sans doute, s’il eût partagé leurs principes, ou plutôt leur manque de
principes, il eût opéré, avant tout, le sauvetage de la caisse, et,
rougissant mais absous, il aurait dit au sortir de l’audience: «Tout est
sauvé, _fors l’honneur_.» Il n’a pas voulu déformer l’antique adage. Il
est de ceux qui ont encore la faiblesse d’estimer une bonne opinion de
soi-même le plus précieux capital; et il juge que l’argent et la liberté
sont deux biens précieux, moins précieux pourtant que l’honneur, parce
que la liberté et l’argent ne rendent pas l’honneur perdu, tandis que,
lorsque l’honneur reste, et que la jeunesse reste aussi, ces deux
trésors suffisent, Dieu aidant, à reconquérir tous les autres!
C’est pourquoi il redoute les succès qui déshonorent et à ces victoires
malsaines préfère, selon la belle expression de Montaigne, «les défaites
triomphantes à l’envie des victoires».
Voilà Savine. Ne le calomniez pas: c’est la justice qu’il vous demande.
Frappez-le, mais frappez-le pour ce qu’il est, frappez-le comme on
frappe un soldat. Repoussez dans la fange d’où il n’aurait jamais dû
sortir l’ignoble outrage qui dégraderait vos bouches.
Savine n’est point un spéculateur: Savine est un lutteur!... Hélas!
cette dernière qualification, qu’il mérite, explique mieux que l’autre
la haine qui le poursuit: spéculateur, on le dédaignerait, et le dédain
est clément; lutteur, on le redoute, et la crainte est inexorable. C’est
du moins ce qu’insinuent les gens mal intentionnés. Prenez garde,
Monsieur le Procureur général: ceux à qui la robe ne donne pas comme à
moi le précieux privilège de vous défendre contre tout soupçon et
d’entourer votre caractère d’un inviolable respect, ceux-là répandent
des bruits fâcheux qui troublent profondément les âmes simples; ils vont
disant partout que si Savine est en butte à de telles rigueurs, c’est
moins à cause de _Mes Dossiers_ qu’à cause d’un autre livre infiniment
plus redoutable et beaucoup plus respecté, et que cet autre livre, rude
alerte pour un si grand nombre de tarés de la vie politique et sociale,
est le secret de l’acharnement qui tourne en aggravations les
circonstances dans lesquelles, pour un accusé ordinaire, les magistrats
se feraient un impérieux devoir de trouver une atténuation. (Vif
mouvement dans la salle. Très bien! très bien!)
M. LE PRÉSIDENT.--J’interdis d’une manière absolue toute marque
d’approbation. Je ferais évacuer la salle et prendrais les mesures les
plus sévères si de pareilles manifestations se produisaient de nouveau.
Me DE SAINT-AUBAN.--Je sais bien, moi, que lorsque vous requériez avec
tant de violence contre les _Dossiers_ de M. Gilly, vous ne pensiez pas
en vous-même à la _Fin d’un Monde_ de M. Drumont. Je connais trop votre
justice; je la sais franche et loyale: quand elle attaque, c’est en
face; elle aurait honte de s’embusquer, comme un bandit corse, derrière
le buisson de la route pour attendre que le justiciable passe et le
frapper traîtreusement par derrière une fois qu’il a passé. Si vous
visiez la _Fin d’un Monde_, cette œuvre de polémique superbe, c’est à
côté de M. Drumont et non de M. Gilly, qu’il fallait faire asseoir M.
Savine. La compagnie eût été meilleure, et tous auraient gagné au
change, M. Savine d’abord, et aussi le public qui, au lieu d’assister à
de tristes reculades, aurait pu contempler, dans l’ardeur d’un beau
combat, ce que valent les vrais soldats de l’Idée!... (Mouvement). Non,
je veux le croire, vous n’avez pas isolé Savine, n’osant attaquer
Drumont, comme on coupe un corps d’armée, n’osant affronter l’armée
entière! En tous cas, des deux vengeances que l’on complotait contre
lui, la ruine et le déshonneur, la première seule peut l’atteindre, il
est au-dessus de l’autre. Ruiné, c’est possible; déshonoré, jamais! Son
caractère et sa vie sont là qui défient la haine; à cet égard, il est
bien tranquille; et n’étaient ses petits enfants, n’était sa jeune
femme, n’était sa pauvre vieille mère qui, là-bas, suit, anxieuse, les
péripéties de ces drames...