M. L’AVOCAT GÉNÉRAL.--C’est exact; j’ai le document sous les yeux.

Me DE SAINT-AUBAN.--Je continue.

Les commerçants et industriels de Bordeaux vont avoir à faire la

triste expérience de ce que coûte l’_agiotage honteux auquel s’est

livré M. Raynal_.

Avant les Conventions, le commerçant de Bordeaux qui achetait 1.000

kilogrammes de savon à Marseille payait 34 fr. 45 de transport. Après

les Conventions, le même commerçant paie le même objet 41 fr.

95,--soit 7 fr. 50 d’augmentation par chaque fraction de 1.000

kilogrammes de savon.

Avant les Conventions, le commerçant de Bordeaux qui achetait à

Marseille des huiles de graines si employées dans l’industrie payait

38 fr. 15 de transport pour 1.000 kilogrammes. Après les Conventions,

le même commerçant paie pour le même objet 45 fr. 55,--soit 5 fr. 40

d’augmentation pour chaque fraction de 1.000 kilogrammes d’huiles de

graines.

Avant les Conventions, le commerçant de Bordeaux qui achetait à Nice

1.000 kilogr. d’huile d’olive payait 52 fr. 15 de transport. Après les

Conventions, le même commerçant paie pour le même objet 62 fr. 55 de

transport,--soit une augmentation de 10 fr. 40 pour le transport de

chaque fraction de 1.000 kilogr. d’huile d’olive.

Avant les Conventions, le commerçant de Bordeaux qui achetait à

Antibes 1.000 kilogr. de conserves alimentaires si employées par les

petits ménages, payait 70 fr. 15 de transport. Après les Conventions,

le même commerçant paie pour le même objet 82 fr. 55 de

transport,--soit une augmentation de 12 fr. 48 pour le transport de

chaque fraction de 1.000 kilogr. de conserves alimentaires.

Avant les Conventions, le commerçant de Bordeaux qui achetait 1.000

kilogr. de mercerie et bonneterie à Nîmes, payait 76 fr. 30 de

transport. Après les Conventions, le même commerçant paie pour le même

objet 81 fr. 60 de transport, soit une augmentation de 5 fr. 30 pour

le transport de chaque fraction de 1.000 kilogr. de mercerie et

bonneterie.

Avant les Conventions, le négociant en vins de Bordeaux qui expédiait

à sa clientèle de Marseille en franchise des barriques de vin payait

pour un poids de 1.000 kilogr. 38 fr. 15 de transport. Après les

Conventions, ce même commerçant devra payer pour le même objet 44 fr.

45,--soit une augmentation de 6 fr. 30 pour 1.000 kilogr.

Nous pourrions généraliser les exemples. Tous les tarifs sont à

l’avenant. C’est le P.-L.-M. qui a le premier mis en évidence les

bienfaits des Conventions. Depuis quelques jours, les lettres de

voiture ont dû renchérir d’une façon notable, sur tout son réseau.

Demain ce sera le tour du Midi, de l’Orléans, de l’Ouest, à mettre en

vigueur ces tarifs qui font tressaillir d’aise la haute banque et

appauvrissent le commerce si éprouvé par des crises multiples.

Le commerçant paiera plus cher les denrées qu’il emmagasine, le

consommateur suera jusqu’au dernier sou pour acheter ces mêmes

denrées.

_Ah! monsieur Raynal, en face des Conventions honteuses et ruineuses

que vous avez signées, tout le monde ne saurait avoir votre rondeur,

votre jovialité, le cœur léger et l’audace dont vous vous plaisez à

faire parade. Vous avez bien senti qu’il fallait fausser vos promesses

pour éviter le soufflet dont les électeurs de Bordeaux vous auraient

marqué au passage._

Et maintenant discutez les chiffres que nous avons apportés. Ils sont

écrits tout au long dans la brochure qui sert de barême à tous les

agents de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée.

_Agiotage honteux... Conventions ruineuses... Promesses fausses..._

Voilà comment vos journaux s’expriment! A-t-on le droit, après cela, de

parler de calculs controuvés et d’affirmations mensongères? Je ne

m’arrêterais pas si j’essayais d’en dresser la liste complète; je

n’aurais qu’à la puiser dans le _Journal officiel_, dans la sténographie

de cette séance édifiante du 22 février 1889 où la Chambre semble

étonnée de l’œuvre de 1883 et où chacun s’efforce, par ses reproches et

par ses critiques, d’éviter une compromettante solidarité; quand on l’a

parcouru, ce compte rendu lamentable, quand on a lu toutes ces prières,

toutes ces lamentations; quand M. Thévenet--ce n’est plus le journal _la

Victoire_--nous apprend qu’elles forment un _gros volume_, quand le même

M. Thévenet nous indique les majorations énormes dont pâtissent nos

commerçants, 40 p. 100 _pour les papiers_, 50 p. 100 _pour les vins_,

quand il se fait l’écho des industries _qui jettent un cri d’alarme_,

enfin quand il révèle, au milieu de l’émotion générale, ce fait

incroyable, inouï, qu’on a soumis les projets aux chambres de commerce,

que celles-ci les ont renvoyés annotés, mais que les projets annotés se

sont perdus en route, en sorte que l’homologation a porté sur d’autres

tarifs; quand on entend l’orateur célébrer la puissance des Compagnies;

à quoi M. Wickersheimer répond: «Oh! une puissance de _persuasion_

considérable!»--on est pris d’une immense inquiétude, on se demande où

l’on est, où l’on marche, où l’on va, et l’on comprend ce député qui

appelle les Conventions _un Sedan économique plus désastreux que vingt

batailles_!

Sedan! Nom funeste qui retentit dans nos cœurs comme un glas douloureux!

M. Raynal y a-t-il songé en signant les Conventions? S’est-il assez

souvenu de la défense nationale? A-t-elle été l’objet de ses ardentes

préoccupations? Le 20 novembre 1883, il prononçait textuellement au

Sénat ces paroles: «Plusieurs fois on a soumis le personnel des chemins

de fer à une sorte de mobilisation; les mécaniciens et les chauffeurs

sont parfaitement au courant de ce qu’ils ont à faire en cas de guerre.»

Eh bien! des publicistes se sont livrés à cet égard à une sorte

d’enquête; voici les résultats qu’elle a donnés:

COMPAGNIE DE L’OUEST.--PARIS, SAINT-LAZARE, COURCELLES-CEINTURE,

BATIGNOLLES, VERSAILLES, BOIS-COLOMBES.

«Jamais la Compagnie ne nous a instruits de ce que nous aurions à

faire en cas de guerre.

»Nous ignorons même s’il existe réellement des sections techniques et

à quelle section nous appartenons. En outre, jamais nous n’avons été

soumis à un essai de mobilisation quelconque.»

_Ouest._--(Lettre d’un conducteur)... «Je suis conducteur à l’Ouest,

voilà huit ans que je voyage, je n’ai jamais vu aucune manœuvre faite

dans les gares de chemins de fer.

»Nous faisons partie du bataillon technique de l’Ouest et nous n’avons

jamais reçu d’instruction pour le cas de guerre où de mobilisation.»

* * * * *

_Ceinture._--«... Nous sommes beaucoup d’employés à La Villette, je

n’en connais pas un qui sache seulement ce qu’il aurait à faire au

point de vue des chemins de fer en temps de guerre...»

* * * * *

_Nord._--(Lettre d’un mécanicien). «... Ma profession m’oblige à faire

tous les jours des visites dans les gares et à y voir beaucoup

d’agents, mais aucun, pas plus que moi, ne sait ce qu’il aurait à

faire en cas de mobilisation. Aucune instruction ne nous a été donnée.

Si nous avions la guerre demain, nous ne saurions de quel côté donner

de la tête...»

* * * * *

_Nord._--«... Nous, soussignés, mécaniciens au chemin de fer du Nord,

déclarons que:

«1º Jamais il n’a été fait d’essai de mobilisation sur le réseau du

Nord;

«2º Jamais la Compagnie n’a donné d’instruction à ses agents du

service actif sur les fonctions qu’ils occuperaient en cas de guerre.

«Si demain la guerre était déclarée, nous n’aurions même pas de

charbon aux points stratégiques tels que Crépy, Soissons, Laon, et La

Fère, qui sont complètement dépourvus.

«A Crépy-en-Valois, un hangar a été construit pour l’embarquement des

chevaux et de la troupe; faute d’entretien, il est tombé en ruine.»

La guerre! Son image aurait dû se dresser sans cesse dans l’enceinte du

Parlement pendant les débats relatifs aux _Conventions_! Les chemins de

fer ne seront-ils pas le tout de la mobilisation prochaine? M. Raynal

n’a pas songé à ce détail accessoire et personne n’en a soufflé mot! Je

crois entendre les accents d’un publiciste son collègue, un républicain

comme lui, qui, au sortir de la Chambre, écrivait cette page indignée.

Écoutez, messieurs, cela est intitulé: «La Préparation des désastres.»

(_Deus avertat omen!_)

Non, ce n’est pas l’insulte qui nous vient aux lèvres au sortir de

cette navrante journée; je ne veux injurier ni cette Chambre, ni ce

ministère, ni ces républicains; la colère s’éteint avec la fin du

débat: ce qui reste, c’est la tristesse,--j’allais dire, si mal

inspiré que le mot paraisse, appliqué à la Patrie française, ce qui

reste, c’est le désespoir.

Comment! des Conventions sont proposées qui règlent tout le régime des

chemins de fer, l’arme la plus terrible de la guerre. Eh bien! les

Conventions sont faites par le ministre des travaux publics, en dehors

de ses collègues; et l’on en vient à ce fait public, notoire, avoué,

incommensurable: la commission qui les examine ne consulte pas le

ministre de la guerre; des Français votent ces Conventions, un

Français fait un rapport favorable, sans avoir consulté le ministre

chargé de défendre le pays. Il n’est pas appelé, il n’a pas voix au

chapitre. C’est un fait matériel. Et telle est sa situation qu’il ne

dit pas, lui: «Vous ne m’appelez pas, c’est moi qui viens!»

Et alors, devant la Chambre, ayant à répondre à une question précise,

nécessaire de M. Clemenceau, le ministre est obligé par une situation

_que nous n’apprécions pas_, de se renfermer dans des réponses vagues.

Et c’est M. Raynal, ministre des travaux publics, qui répond à sa

place, c’est lui qui interprète, qui fait la réponse du ministre de la

guerre...

Ah! nous l’avons trop vu aujourd’hui: _Non, le Dieu d’Israël n’est

plus le Dieu des armées... C’est le Dieu du dividende!_

Hélas! nous sommes des vaincus. Et chez nos vainqueurs, qu’est-ce qui

s’est donc passé? En décembre 1879, un débat pareil s’agitait à la

Chambre des seigneurs de Berlin. Il s’agissait de reprendre les voix

ferrées à la haute banque. A-t-on vu un ministre des travaux publics

parler pour le ministre de la guerre?--Non, M. de Moltke a parlé. Il

n’a pas attendu qu’on le questionnât. C’est lui qui a eu le rôle

important dans la discussion. Il a dit son opinion sur l’exploitation

des chemins de fer. M. de Moltke a quelque autorité en matière

militaire. Nous sommes peut-être payés pour le savoir. Et qu’a-t-il

dit? Voici ses paroles:

«Les chemins de fer constituent le plus puissant moyen d’action de la

stratégie moderne. Rien n’est plus important que le transport rapide

des troupes..., et il y a un avantage inappréciable à ce que le

ministre de la guerre n’ait affaire qu’à une seule exploitation des

chemins de fer.»

Ainsi parla M. de Moltke à une chambre naturellement amie de

privilèges. Eh bien! après ces mots, il n’y eut plus de discussion. Et

le rachat fut voté!

Camille PELLETAN.

_Non, le Dieu d’Israël n’est plus le Dieu des armées, c’est le Dieu du

dividende!..._

Quand un des leaders de l’avant-garde républicaine parle ainsi du

ministre qui conduit le gros de l’armée, faut-il s’étonner si le respect

s’éloigne de ce ministre? Faut-il s’étonner si les suspicions minent son

œuvre? Faut-il s’étonner que M. Vacher maudisse publiquement les

écumeurs de la politique? Faut-il s’étonner qu’un ingénieur distingué

qualifie les conventions de «Conventions _scélérates_»?...

Ah!--sauf M. Vacher et M. Laisant, qui gardent leurs convictions--les

autres, à l’heure actuelle, renient tout leur passé! Ils voudraient nier

leurs paroles! Du moins, ils les défigurent.--«J’ai dit: Conventions

_scélérates_, déclare l’ingénieur; je voulais dire simplement:

Conventions _regrettables_; je n’ai été si nerveux dans mon qualificatif

que parce que ma lettre était confidentielle.»--Fort bien, nous saurons

maintenant que le mot _scélérat_ dans une lettre confidentielle n’a que

le sens de _regrettable_; peut-être en concluerons-nous que

_regrettable_ dans une lettre publique a le sens de _scélérat_!...

(Rires).

Et M. Pelletan, il y a six ans si sévère pour le Dieu d’Israël, écrit

aujourd’hui des articles pour glorifier son culte, tandis que le

fougueux M. Madier de Montjau dépose à l’instruction dans un style qui

s’est singulièrement adouci depuis le mois de juillet 1883.

Tous mettent à absoudre leur ancienne victime autant de zèle que jadis à

l’excommunier! Et ces insinuations outrageantes qu’a soulevées le

souffle de leur colère maintenant évanouie, ils en rejettent sur des

faibles, sur des chétifs que leur parole a subornés, le poids trop

lourd, paraît-il, pour leurs épaules parlementaires! Soit. Mais reste à

savoir si, en défendant, ils ne se condamnent pas! Ou ils ont calomnié

un innocent, ou ils innocentent un coupable! Et si leur accusation

d’autrefois n’était qu’un effet de leur haine, qu’est leur défense

d’aujourd’hui, sinon un phénomène de _concentration_!

Ils soupçonnaient dans leur journal; ils soupçonnaient à la tribune: ils

ne soupçonnent plus à la barre; leur soupçon était donc sans valeur

qu’il recule devant un serment!

Est-ce qu’ils s’imaginent, par hasard, qu’il suffit de chanter la

palinodie pour biffer les anciens outrages, et que de tardives

rétractations, fruit d’une paix menteuse, effacent les traits

indélébiles que le papier a conservés!

Non! Non! Ils nous appartiennent, ces soupçons et ces outrages! Ils sont

notre sauvegarde! Ils nous expliquent et nous excusent! Sans eux, nous

ne serions pas ici!... Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, ils subsistent

et ils demeurent! Ils forment une des cotes du dossier de l’avenir!

Ah! croyez-moi, messieurs, l’avenir a des moyens de preuve qui ne

ressemblent pas toujours à ceux des contemporains. Des choses, qui vous

impressionnent, pèsent fort peu dans la balance. Il n’écoutera pas

beaucoup les grandes Compagnies jurant solennellement à votre barre que

M. David Raynal est innocent d’un crime qui, s’il avait été commis,

serait avant tout le leur! Il leur dira: Je vous refuse qualité pour

vous faire avocats du ministre; votre cause est la sienne: si vous

entrez dans cette enceinte, c’est à côté de lui qu’il faut aller vous

asseoir! Et il détournera aussi les yeux de ce défilé de fonctionnaires

affirmant avec pompe que la concussion est impossible et qu’ils gardent

trop bien les ministères pour qu’un ministre soit corrompu!

Impossible, la concussion! Grand Dieu! Et depuis quand? Jamais un homme

public n’a reçu de pot-de-vin? Jamais l’appétit personnel n’a étouffé sa

conscience?... Mais je connais des malheureux qu’on a salis dans

l’histoire, dont les tristes héritiers meurent de douleur et de honte,

et nous ne pouvons nous présenter dans les réunions publiques sans que

les amis de M. Raynal couvrent de boue leur mémoire!... Elle est donc

anéantie, la race des corrompus? Il n’y a plus d’âmes vénales? Elles

attendaient, pour disparaître, ce temps d’honneur et de vertu?... Mais

regardez donc en arrière! Il ne faut pas regarder bien loin!...

J’ai assisté à des spectacles étranges, messieurs; j’ai vu des choses

que, moi aussi, je ne croyais pas possibles; et ceux de mes anciens qui

m’ont suivi à cette époque ont pu lire plus d’une fois sur mon visage la

trace de mes écœurements et de mes indicibles dégoûts!...

Il y a plus de pièces et de documents qu’on ne pense, messieurs! Ils se

trouvent enfouis dans des endroits ignorés où l’on ne peut pas les

prendre, entre les mains de personnes qui se gardent d’en témoigner,

parce qu’elles se sentent complices et redoutent les représailles!...

Je me rappelle avec angoisse ces terribles paroles jetées par Me Lenté

aux âmes apeurées qui faisaient autour d’un autre procès la conspiration

du silence: «Rassurez-vous, bonnes gens, les dossiers ne s’ouvriront

pas!...»

Ah! peut-être resteront-ils muets, ces dossiers vengeurs qui mettraient

à nu la turpitude d’une époque! Peut-être demeureront-ils toujours dans

la retraite au fond de laquelle les abrite le secret professionnel ou la

lâcheté humaine!... A moins que, demain ou plus tard, quelque main

indiscrète ou quelque ambition affolée n’en déchire la couverture et

n’en jette les feuillets à la foule au risque de faire éclater, non plus

un du ces pétards qui partent quotidiennement à nos oreilles, mais un

formidable coup de tonnerre dont l’explosion fera crouler tout

l’édifice!...

Que la justice de Dieu s’accomplisse, messieurs! C’est son affaire et

non la vôtre.

Et quant à la justice humaine, si les politiciens la veulent, ils se

trompent de porte ici. Qu’ils s’adressent plus haut, à ceux qui les ont

diffamés dans la presse, à la tribune du Parlement! Qu’ils ne

s’attaquent pas aux petits, aux impuissants, aux humbles! Qu’ils

n’offrent pas ce spectacle lamentable de gens qui, poursuivis par dix

géants et par un nain, se cachent lâchement jusqu’à ce que les géants

aient passé et tombent ensuite sur le nain auquel ils arrachent sa

liberté et sa bourse pour se venger sur sa faiblesse de la peur atroce

qu’ils ont eue!...

Pourquoi n’avoir pas pris les autres? Pourquoi nous avoir choisis? Ah!

je le sais! Pour s’assurer une lutte inégale et se refaire à la veille

des grandes élections une virginité politique avant de se présenter

devant le corps électoral!...

Eh bien! avocats généraux et bâtonniers peuvent se lever: je ne crois

pas que le peuple les écoute. Il leur dira: Vos clients se trompent

d’adversaires; je ne leur permets point d’abuser d’un combat inégal pour

fausser la page d’histoire qu’ils ne sauraient éviter! Qu’ils demandent

leurs comptes à d’autres, à leurs débiteurs véritables, à ceux qui ont

des poumons pour répondre, du souffle pour les terrasser!...

Je ne sais pas, messieurs, quelles sont vos opinions; je ne veux pas le

savoir. Je ne suis pas un candidat; je ne suis qu’un défenseur, et je

vous dis que vous trahiriez la haute mission qui vous est confiée, si

vous condamniez ces hommes pour donner à M. David Raynal un facile

triomphe qu’il n’obtiendrait même pas, car votre verdict ne serait pour

lui ni le verdict de l’Histoire, ni le verdict de la Patrie! (Bravos et

applaudissements prolongés).

L'histoire sociale au Palais de justice. Plaidoyers philosophiques · 第 26 / 66 题