surtout à bien assurer sa position militaire pour le cas d'une
reprise d'hostilités, si cette reprise devait résulter de
l'impossibilité de s'entendre sur les conditions de la paix. Il
exigea d'abord qu'on lui laissât occuper d'une manière permanente
toutes les provinces qu'il avait seulement traversées avec ses
troupes: c'étaient la Haute et la Basse-Autriche, la moitié de la
Moravie consistant dans les districts de Znaïm et de Brünn, la
partie de la Hongrie qui s'étend de la Raab à Vienne, la Styrie, la
Carinthie, une portion de la Carniole nécessaire pour communiquer
avec la Dalmatie et l'Italie. De la sorte la ligne de séparation
entre les armées belligérantes devait passer par Lintz, Krems, Znaïm,
Brünn, Göding, Presbourg, Raab, Grätz, Laybach et Trieste. (Voir la
carte nº 28.) En outre, comme appui de cette ligne, la citadelle
de Brünn, la ville de Presbourg, les places de Raab, de Grätz et
de Laybach, durent lui être ou laissées, ou livrées immédiatement.
Napoléon occupait ainsi plus d'un tiers de l'empire d'Autriche.
Établi au centre de cet empire, appuyé sur la capitale et les
principales places, il pouvait, dans le cas d'hostilités prolongées,
partir de Vienne, comme base d'opération, et pousser ses conquêtes
jusqu'au fond des provinces les plus reculées. Il accorda un mois
pour la durée de l'armistice, et stipula l'obligation, en cas de
rupture, de se prévenir quinze jours d'avance. Un mois suffisait,
pour les négociations si véritablement on voulait s'entendre, et
pour l'arrivée des renforts mandés de France si on ne le voulait
pas. Quelque dures que fussent les conditions de cet armistice, les
troupes de l'archiduc étaient dans une situation trop fâcheuse pour
qu'on ne préférât pas tout à la continuation des hostilités. L'avis
unanime dans l'état-major autrichien fut de céder, et on céda. M. de
Wimpffen, au nom du généralissime, le major général Berthier, au nom
de Napoléon, donnèrent leur signature. La grande armée autrichienne
avait bravement combattu, et, malgré ses malheurs, elle pouvait se
dire qu'elle avait plutôt relevé que laissé déchoir la puissance
autrichienne, bien qu'il fallût s'attendre à de cruels sacrifices, si
on voulait obtenir la paix d'un vainqueur justement enorgueilli de
ses avantages.
[Note en marge: Signature de l'armistice de Znaïm le 12 juillet.]
[Note en marge: Retour de Napoléon à Schoenbrunn, et ses efforts pour
renforcer ses armées pendant l'armistice.]
L'armistice fut signé à Znaïm le 11 à minuit, et dut porter la
date du 12 juillet. Napoléon, après avoir reçu les compliments
de l'archiduc Charles et lui avoir fait porter les siens, après
s'être fait promettre par le vaillant prince Jean de Liechtenstein
qu'on imposerait silence en Autriche au parti de la guerre, et
qu'on enverrait promptement des négociateurs à Vienne, partit pour
Schoenbrunn, afin d'employer toutes ses ressources soit pour avoir
la paix soit pour terminer la guerre par un dernier effort, court et
décisif. On pouvait dans le courant du mois d'août, avoir ou fini
de négocier, ou réuni tous les moyens de recommencer en septembre
une dernière campagne, qui mettrait fin à l'existence de la maison
d'Autriche. Napoléon ordonna donc de nouveaux préparatifs, comme
s'il n'avait rien fait encore, et comme s'il avait eu, non pas des
victoires à exploiter diplomatiquement, mais des échecs à réparer.
[Note en marge: Distribution et campement des troupes pendant la
durée de l'armistice de Znaïm.]
D'abord il répartit ses troupes entre Vienne et le cercle tracé
par l'armistice, de manière à y vivre largement, et à pouvoir se
concentrer rapidement sur l'un des points quelconques de ce cercle.
Il plaça le général Marmont à Krems, ce qui devait le ramener en
Carinthie par Saint-Polten, quand il faudrait rentrer en Dalmatie; le
maréchal Masséna à Znaïm, pays qu'il venait de conquérir; le maréchal
Davout à Brünn, point vers lequel il se dirigeait; les Saxons entre
Marchegg et Presbourg, ligne où ils étaient déjà; le prince Eugène
sur la Raab, où il avait été victorieux. Le général Grenier devait
aussi occuper la Raab; le général Macdonald, Grätz et Laybach. Le
général Oudinot, avec son corps et la jeune garde, dut s'établir dans
la plaine de Vienne. La vieille garde vint bivouaquer dans la belle
résidence de Schoenbrunn. Comme l'un des avantages de l'armistice
était de pouvoir employer juillet et août à la soumission du Tyrol,
les Bavarois furent reportés en entier vers le Tyrol allemand, tandis
que les troupes italiennes du prince Eugène marchèrent sur le Tyrol
italien. De nouvelles forces furent envoyées dans le Vorarlberg et la
Franconie.
[Note en marge: Soins de Napoléon pour nourrir, équiper et organiser
l'armée pendant les mois de juillet et d'août.]
[Note en marge: Renvoi des cadres des quatrièmes bataillons à la
frontière, pour y chercher les conscrits déjà formés.]
Napoléon sachant qu'il avait beaucoup de jeunes soldats dans les
cadres, craignant pour leur santé le séjour des villes, pour leur
esprit militaire le repos d'un armistice, ordonna de les camper sous
des baraques. La saison, le pays, tout était beau. Le vin, la viande,
le pain abondaient. Les contributions levées sur les provinces
autrichiennes, et payables soit en papier, soit en denrées, étaient
un moyen d'acquitter la valeur de tout ce qu'on prendrait, sans
ruiner personne, en pesant seulement sur les finances de l'État. La
solde fut mise au courant, et des ateliers furent établis à Vienne,
à Lintz, à Znaïm, à Brünn, à Presbourg, à Grätz, pour confectionner
des habits, des souliers, du linge, du harnachement, toujours en
payant les matières premières et la main-d'oeuvre. En un mois l'armée
nourrie, vêtue, reposée, instruite, devait reparaître florissante et
terrible. Ce n'était pas tout: il fallait la rendre aussi nombreuse
qu'elle serait disciplinée et bien pourvue. En vertu des ordres qu'il
avait expédiés en juin, Napoléon allait recevoir, dès les premiers
jours de juillet, 30 mille hommes de renfort, tous partis déjà de
Strasbourg. C'était plus que les pertes de la campagne, surtout
après la rentrée dans les rangs des _petits blessés_, qualification
réservée à tous ceux dont on espérait la guérison sous trois ou
quatre semaines. Il donna de nouveaux ordres pour ajouter au moins
50 mille hommes aux 30 mille qui lui arrivaient, ce qui devait
porter à 250 mille Français, et à 50 mille alliés, l'armée agissante
au centre de la monarchie autrichienne. C'était une force double
de celle que pouvait réunir l'Autriche, dans l'hypothèse la plus
favorable. Pour y parvenir Napoléon imagina un moyen singulièrement
propre à faciliter le recrutement des corps. À l'armée, par suite des
pertes, les cadres étaient loin d'être remplis, tandis que dans les
dépôts il y avait abondance de conscrits, au delà même de ce que les
cadres pouvaient contenir, de manière que, très-ordinairement, on
manquait de soldats à l'extérieur, et de cadres dans l'intérieur.
Napoléon fit verser tous les soldats de la division Puthod, qui
comprenait les quatrièmes bataillons du corps du maréchal Davout,
dans les trois premiers bataillons de ce corps, ce qui devait les
reporter à un effectif considérable, surtout après la rentrée des
petits blessés. Il en fit de même pour l'ancienne division Barbou de
l'armée d'Italie, laquelle contenait les troisièmes et quatrièmes
bataillons du corps de Marmont. Elle eut ordre de verser ses soldats
dans le corps du général Marmont, qui se trouva reporté de même à un
effectif très-élevé. Les quatrièmes bataillons composant le corps du
général Oudinot appartenaient à plusieurs des régiments du maréchal
Masséna. Ils fournirent leurs soldats à ces régiments, et restèrent
vides comme ceux des divisions Puthod et Barbou. Après avoir vidé
ces cadres, par le versement de leurs soldats dans les corps dont
ils dépendaient, Napoléon les expédia aussitôt sur Strasbourg, afin
d'aller y chercher des conscrits tout formés, et de revenir ensuite
prendre rang dans l'armée active. Ils devaient, chemin faisant,
rendre un autre service, c'était de conduire à Strasbourg vingt
mille prisonniers, qu'on avait déposés dans l'île de Lobau, et qu'on
ne voulait pas y laisser, dans le cas, qu'il fallait prévoir, d'un
renouvellement d'hostilités.
[Note en marge: Transports des recrues sur le Danube de Ratisbonne à
Vienne.]
[Note en marge: Nouvelle augmentation de l'artillerie.]
Napoléon, comme nous l'avons dit bien des fois, avait créé des
demi-brigades provisoires, avec les cinquièmes et quatrièmes
bataillons de certains régiments plus avancés que les autres dans
leur organisation. Il fit dissoudre onze de ces demi-brigades,
comprenant au moins 20 mille hommes, lesquels eurent ordre de se
rendre à Strasbourg, où les cadres des quatrièmes bataillons devaient
les recevoir. Il fit une nouvelle revue des dépôts qui ne s'étaient
pas épuisés pour former des demi-brigades, et leur demanda à tous
des bataillons de marche, distingués entre eux par les numéros des
divisions militaires auxquelles ils appartiendraient. Une fois
arrivés à Ratisbonne, ils auraient en quelque sorte achevé leur
voyage, car des moyens de transport étaient préparés dans cette ville
pour les conduire à Vienne par le Danube. Napoléon exigea en outre
une dizaine de mille hommes de l'Italie. Quant à la cavalerie il
n'avait presque pas d'hommes à demander, car, suivant l'usage, il
avait perdu peu de cavaliers et beaucoup de chevaux. Pour réparer
ces pertes il établit de nouveaux marchés de chevaux à Passau, à
Lintz, à Vienne, à Raab. Enfin, satisfait du service de l'artillerie,
il voulut la renforcer encore, et de 550 bouches à feu la porter à
700, non pas en augmentant l'artillerie des régiments, ce qui était
un retour à d'anciennes coutumes peu justifié jusqu'ici, mais en
augmentant l'artillerie des corps, et particulièrement celle de la
garde impériale. Cette artillerie de la garde avait admirablement
servi à Wagram, où elle comptait 60 pièces. Il décida qu'elle serait
portée à 120. Dix-huit compagnies d'artillerie tirées des dépôts, et
en particulier des dépôts d'Italie, fournirent le personnel de cette
augmentation. Le matériel en fut tiré de Strasbourg et des places
fortes d'Italie. Tous les calibres furent élevés. L'artillerie de
marine dut remplacer l'artillerie de terre dans la garde des côtes,
et les compagnies des côtes remplacer au dépôt des régiments les
compagnies envoyées à l'armée active.
C'est ainsi que dans le courant du mois d'août 50 mille hommes
allaient suivre les 30 mille qui étaient actuellement en marche
vers les camps de l'armée d'Allemagne. Les travaux de défense à
Raab, Vienne, Mölk, Lintz, Passau furent poussés avec une nouvelle
activité. Les blessés furent divisés en trois catégories: les
amputés furent expédiés sur Strasbourg; les hommes gravement
atteints furent répartis entre Mölk, Lintz, Passau, de manière
qu'ils pussent rejoindre leurs régiments dans deux ou trois mois.
Les petits blessés furent dirigés sur chaque camp. De la sorte aucun
embarras ne gênerait les mouvements de l'armée, si elle reprenait
les hostilités. Tandis que tout se préparait pour la renforcer, elle
devait faire succéder à ses moments de repos des exercices fréquents,
mener ainsi une vie mêlée d'activité, de jouissances et de loisirs,
car il régnait une abondance générale dans les camps. Afin de donner
à tous l'exemple du dévouement, la jeune garde eut ordre de camper
sous Vienne avec ses officiers, jusqu'au grade de colonel. Fusiliers,
tirailleurs, conscrits, au nombre de huit régiments, furent baraqués
entre Vienne et Wagram. Les grenadiers et chasseurs de la vieille
garde, qui n'avaient rien à apprendre, furent seuls dispensés de
cette tâche, et vécurent dans la paisible retraite de Schoenbrunn
autour du maître qu'ils aimaient et dont ils étaient aimés.
[Illustration: Le Maréchal Macdonald.]
[Note en marge: Récompenses décernées aux généraux, officiers et
soldats, à la fin de la campagne de 1809.]
[Note en marge: Réunion des plénipotentiaires à Altenbourg, pour la
négociation de la paix.]
À tant de travaux se joignirent les récompenses, en commençant comme
d'usage par les chefs de l'armée. Le général Oudinot qui avait bien
remplacé le maréchal Lannes à la tête du deuxième corps, le général
Marmont qui avait fait du fond de la Dalmatie jusqu'au milieu de
la Moravie une marche hardie et prudente, le général Macdonald qui
avait montré dans toute la campagne d'Italie une profonde expérience
de la guerre, et à Wagram la plus rare intrépidité, furent nommés
maréchaux. Des gratifications furent accordées aux corps, et surtout
aux blessés. Un acte de sévérité vint se mêler à ces actes de
gratitude et de munificence. Le maréchal Bernadotte, qui, par sa
faute ou celle de son corps, n'avait pas su garder le poste qui lui
était assigné entre Wagram et Aderklaa, n'en avait pas moins publié
un ordre du jour adressé aux Saxons, dans lequel il les remerciait
de leur conduite dans les journées des 5 et 6 juillet, et leur
attribuait pour ainsi dire le gain de la bataille. Cette manière de
distribuer à lui-même et à ses soldats des louanges qu'il aurait
dû attendre de Napoléon, blessa vivement celui-ci, parce qu'elle
blessait l'armée tout entière et ses chefs. Napoléon rédigea, pour
l'en punir, un ordre du jour des plus sévères, qui fut communiqué
circulairement aux maréchaux seuls, mais qui était suffisant pour
réprimer un tel emportement de vanité, car adressé à des rivaux il
n'était pas probable qu'il restât secret[45]. Enfin Napoléon alla
lui-même visiter ses camps de la Haute-Autriche, de la Moravie et de
la Hongrie, sachant que par cette vigilance menaçante il assurait
mieux la conclusion de la paix, que par tous les efforts de ses
négociateurs. La ville d'Altenbourg venait d'être désignée pour les
réunir. C'est ainsi que cet infatigable génie employait le temps de
l'armistice de Znaïm, infatigable génie, disons-nous, qui comprenait
tout, excepté cette vérité si simple, que le monde n'était pas aussi
infatigable que lui.
[Note 45: ORDRE DU JOUR.
«Schoenbrunn, le 5 août 1809.
»S. M. témoigne son mécontentement au maréchal prince de Ponte-Corvo
pour son ordre du jour daté de Leopoldau, le 7 juillet, qui a été
inséré à une même époque dans presque tous les journaux dans les
termes suivants:
«Saxons, dans la journée du 5 juillet, 7 à 8 mille d'entre vous
ont percé le centre de l'armée ennemie et se sont portés à
Deutsch-Wagram, malgré les efforts de 40 mille hommes soutenus
par cinquante bouches à feu. Vous avez combattu jusqu'à minuit et
bivouaqué au milieu des lignes autrichiennes. Le 6, dès la pointe du
jour, vous avez recommencé le combat avec la même persévérance et au
milieu des ravages de l'artillerie ennemie. Vos colonnes vivantes
sont restées immobiles comme l'airain. Le grand Napoléon a vu votre
dévouement: il vous compte parmi ses braves.
»Saxons, la fortune d'un soldat consiste à remplir ses devoirs; vous
avez dignement fait le vôtre.
»Au bivouac de Leopoldau, le 7 juillet 1809.
»_Le maréchal d'empire commandant le_ 9e _corps_,
«_Signé_: J. BERNADOTTE.»
»Indépendamment de ce que S. M. commande son armée en personne, c'est
à elle seule qu'il appartient de distribuer le degré de gloire que
chacun mérite.
»S. M. doit le succès de ses armes aux troupes françaises et non à
aucun étranger. L'ordre du jour du prince de Ponte-Corvo, tendant
à donner de fausses prétentions à des troupes au moins médiocres,
est contraire à la vérité, à la politique, à l'honneur national.
S. M. doit le succès de ses armes aux maréchaux duc de Rivoli et
Oudinot, qui ont percé le centre de l'ennemi en même temps que le duc
d'Awerstaedt le tournait par sa gauche.
»Le village de Deutsch-Wagram n'a pas été en notre pouvoir dans la
journée du 5. Ce village a été pris; mais il ne l'a été que le 6, à
midi, par le corps du maréchal Oudinot.
»Le corps du prince de Ponte-Corvo n'est pas resté immobile comme
l'airain. Il a battu le premier en retraite. S. M. a été obligée
de le faire couvrir par le corps du vice-roi, par les divisions
Broussier et Lamarque commandées par le maréchal Macdonald, par la
division de grosse cavalerie aux ordres du général Nansouty, et par
une partie de la cavalerie de la garde. C'est à ce maréchal et à ces
troupes qu'est dû l'éloge que le prince de Ponte-Corvo s'attribue.
»S. M. désire que ce témoignage de son mécontentement serve d'exemple
pour qu'aucun maréchal ne s'attribue la gloire qui appartient aux
autres. S. M., cependant, ordonne que le présent ordre du jour, qui
pourrait affliger l'armée saxonne, quoique les soldats sachent bien
qu'ils ne méritent pas les éloges qu'on leur donne, restera secret et
sera seulement envoyé aux maréchaux commandant les corps d'armée et
au ministre secrétaire d'État.»
_Au major général._
«Schoenbrunn, le 5 août 1809.
»Vous trouverez ci-joint un ordre du jour que vous enverrez aux
maréchaux, en leur faisant connaître que c'est pour eux seuls.
Vous ne l'enverrez pas au général Reynier. Vous l'enverrez aux
deux ministres de la guerre. Vous l'enverrez également au roi de
Westphalie,
»NAPOLÉON.»
_Au ministre de la guerre._
«Schoenbrunn, le 29 juillet 1809.
»Si vous avez occasion de voir le prince de Ponte-Corvo,
témoignez-lui mon mécontentement du ridicule ordre du jour qu'il a
fait imprimer dans tous les journaux, d'autant plus déplacé qu'il m'a
porté pendant toute la journée des plaintes sur les Saxons. Cet ordre
du jour contient d'ailleurs des faussetés. C'est le général Oudinot
qui a pris Wagram le 6 à midi. Le prince de Ponte-Corvo n'a donc pas
pu le prendre. Il n'est pas plus vrai que les Saxons aient enfoncé
le centre de l'ennemi le 5; ils n'ont pas tiré un coup de fusil.
En général, je suis bien aise que vous sachiez que le prince de
Ponte-Corvo n'a pas toujours bien fait dans cette campagne........ La
vérité est que cette colonne de granit a constamment été en déroute.
»NAPOLÉON.»]
FIN DU LIVRE TRENTE-CINQUIÈME ET DU DIXIÈME VOLUME.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS LE TOME DIXIÈME.
LIVRE TRENTE-QUATRIÈME.
RATISBONNE.
Arrivée de Napoléon à Paris dans la nuit du 22 au 23 janvier
1809. -- Motifs de son brusque retour. -- Profonde altération
de l'opinion publique. -- Improbation croissante à l'égard de
la guerre d'Espagne, surtout depuis que cette guerre semble
devoir entraîner une nouvelle rupture avec l'Autriche. --
Disgrâce de M. de Talleyrand, et danger de M. Fouché. --
Attitude de Napoléon envers la diplomatie européenne. -- Il se
tait avec l'ambassadeur d'Autriche, et s'explique franchement
avec les ministres des autres puissances. -- Ses efforts pour
empêcher la guerre, mais sa résolution de la faire terrible,
s'il est obligé de reprendre les armes. -- Son intimité avec
M. de Romanzoff, resté à Paris pour l'attendre. -- Demande de
concours à la Russie. -- Vastes préparatifs militaires. --
Conscription de 1810, et nouveaux appels sur les conscriptions
antérieures. -- Formation des quatrième et cinquième bataillons
dans tous les régiments. -- Développement donné à la garde
impériale. -- Composition des armées d'Allemagne et d'Italie.
-- Invitation aux princes de la Confédération de préparer
leurs contingents. -- Premiers mouvements de troupes vers le
Haut-Palatinat, la Bavière et le Frioul, destinés à servir
d'avertissement à l'Autriche.--Moyens financiers mis en
rapport avec les moyens militaires. -- Effet sur l'Europe
des manifestations de Napoléon. -- Dispositions de la cour
d'Autriche. -- Exaspération et inquiétude qu'elle éprouve par
suite des événements d'Espagne. -- Les embarras que cette
guerre cause à Napoléon lui semblent une occasion qu'il ne
faut pas laisser échapper, après avoir négligé de saisir
celle qu'offrait la guerre de Pologne. -- Encouragements
qu'elle trouve dans l'irritation de l'Allemagne et l'opinion
de l'Europe. -- Ses armements extraordinaires entrepris
depuis longtemps, et maintenant poussés à terme. -- Nécessité
pour elle de prendre une résolution, et de choisir entre le
désarmement ou la guerre. -- Elle opte pour la guerre. --
Union de l'Autriche avec l'Angleterre. -- Efforts du cabinet
autrichien à Constantinople pour amener la paix entre les
Anglais et les Turcs. -- Tentative à Saint-Pétersbourg pour
détacher la Russie de la France. -- Refroidissement d'Alexandre
à l'égard de Napoléon. -- Causes de ce refroidissement. --
Alexandre redoute fort une nouvelle guerre de la France avec
l'Autriche, et s'efforce de l'empêcher. -- N'y pouvant réussir,
et ne voulant point encore abandonner l'alliance de la France,
il adopte une conduite ambiguë, calculée dans l'intérêt de
son empire. -- Grands préparatifs pour finir la guerre de
Finlande et recommencer celle de Turquie. -- Envoi d'une armée
d'observation en Gallicie sous prétexte de coopérer avec la
France. -- L'Autriche, quoique trompée dans ses espérances
à l'égard de la Russie, se flatte de l'entraîner par un
premier succès, et se décide à commencer la guerre en avril.
-- Déclaration de M. de Metternich à Paris. -- Napoléon, ne
doutant plus de la guerre, accélère ses préparatifs. -- Départ
anticipé de tous les renforts. -- Distribution de l'armée
d'Allemagne en trois corps principaux. -- Rôles assignés aux
maréchaux Davout, Lannes et Masséna. -- Le prince Berthier
part pour l'Allemagne avec des instructions éventuelles,
et Napoléon reste à Paris pour achever ses préparatifs. --
Passage de l'Inn le 10 avril par les Autrichiens, et marche de
l'archiduc Charles sur l'Isar. -- Passage de l'Isar et prise
de Landshut. -- Projet de l'archiduc Charles de surprendre les
Français avant leur concentration, en traversant le Danube entre
Ratisbonne et Donauwerth. -- Ses dispositions pour accabler le
maréchal Davout à Ratisbonne. -- Soudaine et heureuse arrivée
de Napoléon sur le théâtre des opérations. -- Projet hardi de
concentration, consistant à amener au point commun d'Abensberg
les maréchaux Davout et Masséna, l'un partant de Ratisbonne,
l'autre d'Augsbourg. -- Difficultés de la marche du maréchal
Davout, exposé à rencontrer la masse presque entière de l'armée
autrichienne. -- Conduite habile et ferme de ce maréchal placé
entre le Danube et l'archiduc Charles. -- Sa rencontre avec les
Autrichiens entre Tengen et Hausen. -- Beau combat de Tengen le
19 avril. -- Réunion du corps du maréchal Davout avec Napoléon.
-- Napoléon prend la moitié de ce corps, avec les Bavarois et
les Wurtembergeois, et perce la ligne de l'archiduc Charles,
qui s'étend de Munich à Ratisbonne. -- Bataille d'Abensberg
livrée le 20. -- Napoléon poursuit cette opération en marchant
sur l'Isar et en prenant Landshut le 21. -- Il enlève ainsi la
ligne d'opération de l'archiduc, et rejette son aile gauche en
Bavière. -- Apprenant dans la nuit du 21 au 22 que le maréchal
Davout a eu de nouveau l'archiduc à combattre vers Leuchling,
il se rabat à gauche sur Eckmühl, où il arrive à midi le 22. --
Bataille d'Eckmühl. -- L'archiduc, battu, se rejette en Bohême.
-- Prise de Ratisbonne. -- Caractère des opérations exécutées
par Napoléon pendant ces cinq journées. -- Leurs grands
résultats militaires et politiques. 1 à 182
LIVRE TRENTE-CINQUIÈME.
WAGRAM.