Napoléon, dans la stipulation des termes de l'armistice, veilla

surtout à bien assurer sa position militaire pour le cas d'une

reprise d'hostilités, si cette reprise devait résulter de

l'impossibilité de s'entendre sur les conditions de la paix. Il

exigea d'abord qu'on lui laissât occuper d'une manière permanente

toutes les provinces qu'il avait seulement traversées avec ses

troupes: c'étaient la Haute et la Basse-Autriche, la moitié de la

Moravie consistant dans les districts de Znaïm et de Brünn, la

partie de la Hongrie qui s'étend de la Raab à Vienne, la Styrie, la

Carinthie, une portion de la Carniole nécessaire pour communiquer

avec la Dalmatie et l'Italie. De la sorte la ligne de séparation

entre les armées belligérantes devait passer par Lintz, Krems, Znaïm,

Brünn, Göding, Presbourg, Raab, Grätz, Laybach et Trieste. (Voir la

carte nº 28.) En outre, comme appui de cette ligne, la citadelle

de Brünn, la ville de Presbourg, les places de Raab, de Grätz et

de Laybach, durent lui être ou laissées, ou livrées immédiatement.

Napoléon occupait ainsi plus d'un tiers de l'empire d'Autriche.

Établi au centre de cet empire, appuyé sur la capitale et les

principales places, il pouvait, dans le cas d'hostilités prolongées,

partir de Vienne, comme base d'opération, et pousser ses conquêtes

jusqu'au fond des provinces les plus reculées. Il accorda un mois

pour la durée de l'armistice, et stipula l'obligation, en cas de

rupture, de se prévenir quinze jours d'avance. Un mois suffisait,

pour les négociations si véritablement on voulait s'entendre, et

pour l'arrivée des renforts mandés de France si on ne le voulait

pas. Quelque dures que fussent les conditions de cet armistice, les

troupes de l'archiduc étaient dans une situation trop fâcheuse pour

qu'on ne préférât pas tout à la continuation des hostilités. L'avis

unanime dans l'état-major autrichien fut de céder, et on céda. M. de

Wimpffen, au nom du généralissime, le major général Berthier, au nom

de Napoléon, donnèrent leur signature. La grande armée autrichienne

avait bravement combattu, et, malgré ses malheurs, elle pouvait se

dire qu'elle avait plutôt relevé que laissé déchoir la puissance

autrichienne, bien qu'il fallût s'attendre à de cruels sacrifices, si

on voulait obtenir la paix d'un vainqueur justement enorgueilli de

ses avantages.

[Note en marge: Signature de l'armistice de Znaïm le 12 juillet.]

[Note en marge: Retour de Napoléon à Schoenbrunn, et ses efforts pour

renforcer ses armées pendant l'armistice.]

L'armistice fut signé à Znaïm le 11 à minuit, et dut porter la

date du 12 juillet. Napoléon, après avoir reçu les compliments

de l'archiduc Charles et lui avoir fait porter les siens, après

s'être fait promettre par le vaillant prince Jean de Liechtenstein

qu'on imposerait silence en Autriche au parti de la guerre, et

qu'on enverrait promptement des négociateurs à Vienne, partit pour

Schoenbrunn, afin d'employer toutes ses ressources soit pour avoir

la paix soit pour terminer la guerre par un dernier effort, court et

décisif. On pouvait dans le courant du mois d'août, avoir ou fini

de négocier, ou réuni tous les moyens de recommencer en septembre

une dernière campagne, qui mettrait fin à l'existence de la maison

d'Autriche. Napoléon ordonna donc de nouveaux préparatifs, comme

s'il n'avait rien fait encore, et comme s'il avait eu, non pas des

victoires à exploiter diplomatiquement, mais des échecs à réparer.

[Note en marge: Distribution et campement des troupes pendant la

durée de l'armistice de Znaïm.]

D'abord il répartit ses troupes entre Vienne et le cercle tracé

par l'armistice, de manière à y vivre largement, et à pouvoir se

concentrer rapidement sur l'un des points quelconques de ce cercle.

Il plaça le général Marmont à Krems, ce qui devait le ramener en

Carinthie par Saint-Polten, quand il faudrait rentrer en Dalmatie; le

maréchal Masséna à Znaïm, pays qu'il venait de conquérir; le maréchal

Davout à Brünn, point vers lequel il se dirigeait; les Saxons entre

Marchegg et Presbourg, ligne où ils étaient déjà; le prince Eugène

sur la Raab, où il avait été victorieux. Le général Grenier devait

aussi occuper la Raab; le général Macdonald, Grätz et Laybach. Le

général Oudinot, avec son corps et la jeune garde, dut s'établir dans

la plaine de Vienne. La vieille garde vint bivouaquer dans la belle

résidence de Schoenbrunn. Comme l'un des avantages de l'armistice

était de pouvoir employer juillet et août à la soumission du Tyrol,

les Bavarois furent reportés en entier vers le Tyrol allemand, tandis

que les troupes italiennes du prince Eugène marchèrent sur le Tyrol

italien. De nouvelles forces furent envoyées dans le Vorarlberg et la

Franconie.

[Note en marge: Soins de Napoléon pour nourrir, équiper et organiser

l'armée pendant les mois de juillet et d'août.]

[Note en marge: Renvoi des cadres des quatrièmes bataillons à la

frontière, pour y chercher les conscrits déjà formés.]

Napoléon sachant qu'il avait beaucoup de jeunes soldats dans les

cadres, craignant pour leur santé le séjour des villes, pour leur

esprit militaire le repos d'un armistice, ordonna de les camper sous

des baraques. La saison, le pays, tout était beau. Le vin, la viande,

le pain abondaient. Les contributions levées sur les provinces

autrichiennes, et payables soit en papier, soit en denrées, étaient

un moyen d'acquitter la valeur de tout ce qu'on prendrait, sans

ruiner personne, en pesant seulement sur les finances de l'État. La

solde fut mise au courant, et des ateliers furent établis à Vienne,

à Lintz, à Znaïm, à Brünn, à Presbourg, à Grätz, pour confectionner

des habits, des souliers, du linge, du harnachement, toujours en

payant les matières premières et la main-d'oeuvre. En un mois l'armée

nourrie, vêtue, reposée, instruite, devait reparaître florissante et

terrible. Ce n'était pas tout: il fallait la rendre aussi nombreuse

qu'elle serait disciplinée et bien pourvue. En vertu des ordres qu'il

avait expédiés en juin, Napoléon allait recevoir, dès les premiers

jours de juillet, 30 mille hommes de renfort, tous partis déjà de

Strasbourg. C'était plus que les pertes de la campagne, surtout

après la rentrée dans les rangs des _petits blessés_, qualification

réservée à tous ceux dont on espérait la guérison sous trois ou

quatre semaines. Il donna de nouveaux ordres pour ajouter au moins

50 mille hommes aux 30 mille qui lui arrivaient, ce qui devait

porter à 250 mille Français, et à 50 mille alliés, l'armée agissante

au centre de la monarchie autrichienne. C'était une force double

de celle que pouvait réunir l'Autriche, dans l'hypothèse la plus

favorable. Pour y parvenir Napoléon imagina un moyen singulièrement

propre à faciliter le recrutement des corps. À l'armée, par suite des

pertes, les cadres étaient loin d'être remplis, tandis que dans les

dépôts il y avait abondance de conscrits, au delà même de ce que les

cadres pouvaient contenir, de manière que, très-ordinairement, on

manquait de soldats à l'extérieur, et de cadres dans l'intérieur.

Napoléon fit verser tous les soldats de la division Puthod, qui

comprenait les quatrièmes bataillons du corps du maréchal Davout,

dans les trois premiers bataillons de ce corps, ce qui devait les

reporter à un effectif considérable, surtout après la rentrée des

petits blessés. Il en fit de même pour l'ancienne division Barbou de

l'armée d'Italie, laquelle contenait les troisièmes et quatrièmes

bataillons du corps de Marmont. Elle eut ordre de verser ses soldats

dans le corps du général Marmont, qui se trouva reporté de même à un

effectif très-élevé. Les quatrièmes bataillons composant le corps du

général Oudinot appartenaient à plusieurs des régiments du maréchal

Masséna. Ils fournirent leurs soldats à ces régiments, et restèrent

vides comme ceux des divisions Puthod et Barbou. Après avoir vidé

ces cadres, par le versement de leurs soldats dans les corps dont

ils dépendaient, Napoléon les expédia aussitôt sur Strasbourg, afin

d'aller y chercher des conscrits tout formés, et de revenir ensuite

prendre rang dans l'armée active. Ils devaient, chemin faisant,

rendre un autre service, c'était de conduire à Strasbourg vingt

mille prisonniers, qu'on avait déposés dans l'île de Lobau, et qu'on

ne voulait pas y laisser, dans le cas, qu'il fallait prévoir, d'un

renouvellement d'hostilités.

[Note en marge: Transports des recrues sur le Danube de Ratisbonne à

Vienne.]

[Note en marge: Nouvelle augmentation de l'artillerie.]

Napoléon, comme nous l'avons dit bien des fois, avait créé des

demi-brigades provisoires, avec les cinquièmes et quatrièmes

bataillons de certains régiments plus avancés que les autres dans

leur organisation. Il fit dissoudre onze de ces demi-brigades,

comprenant au moins 20 mille hommes, lesquels eurent ordre de se

rendre à Strasbourg, où les cadres des quatrièmes bataillons devaient

les recevoir. Il fit une nouvelle revue des dépôts qui ne s'étaient

pas épuisés pour former des demi-brigades, et leur demanda à tous

des bataillons de marche, distingués entre eux par les numéros des

divisions militaires auxquelles ils appartiendraient. Une fois

arrivés à Ratisbonne, ils auraient en quelque sorte achevé leur

voyage, car des moyens de transport étaient préparés dans cette ville

pour les conduire à Vienne par le Danube. Napoléon exigea en outre

une dizaine de mille hommes de l'Italie. Quant à la cavalerie il

n'avait presque pas d'hommes à demander, car, suivant l'usage, il

avait perdu peu de cavaliers et beaucoup de chevaux. Pour réparer

ces pertes il établit de nouveaux marchés de chevaux à Passau, à

Lintz, à Vienne, à Raab. Enfin, satisfait du service de l'artillerie,

il voulut la renforcer encore, et de 550 bouches à feu la porter à

700, non pas en augmentant l'artillerie des régiments, ce qui était

un retour à d'anciennes coutumes peu justifié jusqu'ici, mais en

augmentant l'artillerie des corps, et particulièrement celle de la

garde impériale. Cette artillerie de la garde avait admirablement

servi à Wagram, où elle comptait 60 pièces. Il décida qu'elle serait

portée à 120. Dix-huit compagnies d'artillerie tirées des dépôts, et

en particulier des dépôts d'Italie, fournirent le personnel de cette

augmentation. Le matériel en fut tiré de Strasbourg et des places

fortes d'Italie. Tous les calibres furent élevés. L'artillerie de

marine dut remplacer l'artillerie de terre dans la garde des côtes,

et les compagnies des côtes remplacer au dépôt des régiments les

compagnies envoyées à l'armée active.

C'est ainsi que dans le courant du mois d'août 50 mille hommes

allaient suivre les 30 mille qui étaient actuellement en marche

vers les camps de l'armée d'Allemagne. Les travaux de défense à

Raab, Vienne, Mölk, Lintz, Passau furent poussés avec une nouvelle

activité. Les blessés furent divisés en trois catégories: les

amputés furent expédiés sur Strasbourg; les hommes gravement

atteints furent répartis entre Mölk, Lintz, Passau, de manière

qu'ils pussent rejoindre leurs régiments dans deux ou trois mois.

Les petits blessés furent dirigés sur chaque camp. De la sorte aucun

embarras ne gênerait les mouvements de l'armée, si elle reprenait

les hostilités. Tandis que tout se préparait pour la renforcer, elle

devait faire succéder à ses moments de repos des exercices fréquents,

mener ainsi une vie mêlée d'activité, de jouissances et de loisirs,

car il régnait une abondance générale dans les camps. Afin de donner

à tous l'exemple du dévouement, la jeune garde eut ordre de camper

sous Vienne avec ses officiers, jusqu'au grade de colonel. Fusiliers,

tirailleurs, conscrits, au nombre de huit régiments, furent baraqués

entre Vienne et Wagram. Les grenadiers et chasseurs de la vieille

garde, qui n'avaient rien à apprendre, furent seuls dispensés de

cette tâche, et vécurent dans la paisible retraite de Schoenbrunn

autour du maître qu'ils aimaient et dont ils étaient aimés.

[Illustration: Le Maréchal Macdonald.]

[Note en marge: Récompenses décernées aux généraux, officiers et

soldats, à la fin de la campagne de 1809.]

[Note en marge: Réunion des plénipotentiaires à Altenbourg, pour la

négociation de la paix.]

À tant de travaux se joignirent les récompenses, en commençant comme

d'usage par les chefs de l'armée. Le général Oudinot qui avait bien

remplacé le maréchal Lannes à la tête du deuxième corps, le général

Marmont qui avait fait du fond de la Dalmatie jusqu'au milieu de

la Moravie une marche hardie et prudente, le général Macdonald qui

avait montré dans toute la campagne d'Italie une profonde expérience

de la guerre, et à Wagram la plus rare intrépidité, furent nommés

maréchaux. Des gratifications furent accordées aux corps, et surtout

aux blessés. Un acte de sévérité vint se mêler à ces actes de

gratitude et de munificence. Le maréchal Bernadotte, qui, par sa

faute ou celle de son corps, n'avait pas su garder le poste qui lui

était assigné entre Wagram et Aderklaa, n'en avait pas moins publié

un ordre du jour adressé aux Saxons, dans lequel il les remerciait

de leur conduite dans les journées des 5 et 6 juillet, et leur

attribuait pour ainsi dire le gain de la bataille. Cette manière de

distribuer à lui-même et à ses soldats des louanges qu'il aurait

dû attendre de Napoléon, blessa vivement celui-ci, parce qu'elle

blessait l'armée tout entière et ses chefs. Napoléon rédigea, pour

l'en punir, un ordre du jour des plus sévères, qui fut communiqué

circulairement aux maréchaux seuls, mais qui était suffisant pour

réprimer un tel emportement de vanité, car adressé à des rivaux il

n'était pas probable qu'il restât secret[45]. Enfin Napoléon alla

lui-même visiter ses camps de la Haute-Autriche, de la Moravie et de

la Hongrie, sachant que par cette vigilance menaçante il assurait

mieux la conclusion de la paix, que par tous les efforts de ses

négociateurs. La ville d'Altenbourg venait d'être désignée pour les

réunir. C'est ainsi que cet infatigable génie employait le temps de

l'armistice de Znaïm, infatigable génie, disons-nous, qui comprenait

tout, excepté cette vérité si simple, que le monde n'était pas aussi

infatigable que lui.

[Note 45: ORDRE DU JOUR.

«Schoenbrunn, le 5 août 1809.

»S. M. témoigne son mécontentement au maréchal prince de Ponte-Corvo

pour son ordre du jour daté de Leopoldau, le 7 juillet, qui a été

inséré à une même époque dans presque tous les journaux dans les

termes suivants:

«Saxons, dans la journée du 5 juillet, 7 à 8 mille d'entre vous

ont percé le centre de l'armée ennemie et se sont portés à

Deutsch-Wagram, malgré les efforts de 40 mille hommes soutenus

par cinquante bouches à feu. Vous avez combattu jusqu'à minuit et

bivouaqué au milieu des lignes autrichiennes. Le 6, dès la pointe du

jour, vous avez recommencé le combat avec la même persévérance et au

milieu des ravages de l'artillerie ennemie. Vos colonnes vivantes

sont restées immobiles comme l'airain. Le grand Napoléon a vu votre

dévouement: il vous compte parmi ses braves.

»Saxons, la fortune d'un soldat consiste à remplir ses devoirs; vous

avez dignement fait le vôtre.

»Au bivouac de Leopoldau, le 7 juillet 1809.

»_Le maréchal d'empire commandant le_ 9e _corps_,

«_Signé_: J. BERNADOTTE.»

»Indépendamment de ce que S. M. commande son armée en personne, c'est

à elle seule qu'il appartient de distribuer le degré de gloire que

chacun mérite.

»S. M. doit le succès de ses armes aux troupes françaises et non à

aucun étranger. L'ordre du jour du prince de Ponte-Corvo, tendant

à donner de fausses prétentions à des troupes au moins médiocres,

est contraire à la vérité, à la politique, à l'honneur national.

S. M. doit le succès de ses armes aux maréchaux duc de Rivoli et

Oudinot, qui ont percé le centre de l'ennemi en même temps que le duc

d'Awerstaedt le tournait par sa gauche.

»Le village de Deutsch-Wagram n'a pas été en notre pouvoir dans la

journée du 5. Ce village a été pris; mais il ne l'a été que le 6, à

midi, par le corps du maréchal Oudinot.

»Le corps du prince de Ponte-Corvo n'est pas resté immobile comme

l'airain. Il a battu le premier en retraite. S. M. a été obligée

de le faire couvrir par le corps du vice-roi, par les divisions

Broussier et Lamarque commandées par le maréchal Macdonald, par la

division de grosse cavalerie aux ordres du général Nansouty, et par

une partie de la cavalerie de la garde. C'est à ce maréchal et à ces

troupes qu'est dû l'éloge que le prince de Ponte-Corvo s'attribue.

»S. M. désire que ce témoignage de son mécontentement serve d'exemple

pour qu'aucun maréchal ne s'attribue la gloire qui appartient aux

autres. S. M., cependant, ordonne que le présent ordre du jour, qui

pourrait affliger l'armée saxonne, quoique les soldats sachent bien

qu'ils ne méritent pas les éloges qu'on leur donne, restera secret et

sera seulement envoyé aux maréchaux commandant les corps d'armée et

au ministre secrétaire d'État.»

_Au major général._

«Schoenbrunn, le 5 août 1809.

»Vous trouverez ci-joint un ordre du jour que vous enverrez aux

maréchaux, en leur faisant connaître que c'est pour eux seuls.

Vous ne l'enverrez pas au général Reynier. Vous l'enverrez aux

deux ministres de la guerre. Vous l'enverrez également au roi de

Westphalie,

»NAPOLÉON.»

_Au ministre de la guerre._

«Schoenbrunn, le 29 juillet 1809.

»Si vous avez occasion de voir le prince de Ponte-Corvo,

témoignez-lui mon mécontentement du ridicule ordre du jour qu'il a

fait imprimer dans tous les journaux, d'autant plus déplacé qu'il m'a

porté pendant toute la journée des plaintes sur les Saxons. Cet ordre

du jour contient d'ailleurs des faussetés. C'est le général Oudinot

qui a pris Wagram le 6 à midi. Le prince de Ponte-Corvo n'a donc pas

pu le prendre. Il n'est pas plus vrai que les Saxons aient enfoncé

le centre de l'ennemi le 5; ils n'ont pas tiré un coup de fusil.

En général, je suis bien aise que vous sachiez que le prince de

Ponte-Corvo n'a pas toujours bien fait dans cette campagne........ La

vérité est que cette colonne de granit a constamment été en déroute.

»NAPOLÉON.»]

FIN DU LIVRE TRENTE-CINQUIÈME ET DU DIXIÈME VOLUME.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES

DANS LE TOME DIXIÈME.

LIVRE TRENTE-QUATRIÈME.

RATISBONNE.

Arrivée de Napoléon à Paris dans la nuit du 22 au 23 janvier

1809. -- Motifs de son brusque retour. -- Profonde altération

de l'opinion publique. -- Improbation croissante à l'égard de

la guerre d'Espagne, surtout depuis que cette guerre semble

devoir entraîner une nouvelle rupture avec l'Autriche. --

Disgrâce de M. de Talleyrand, et danger de M. Fouché. --

Attitude de Napoléon envers la diplomatie européenne. -- Il se

tait avec l'ambassadeur d'Autriche, et s'explique franchement

avec les ministres des autres puissances. -- Ses efforts pour

empêcher la guerre, mais sa résolution de la faire terrible,

s'il est obligé de reprendre les armes. -- Son intimité avec

M. de Romanzoff, resté à Paris pour l'attendre. -- Demande de

concours à la Russie. -- Vastes préparatifs militaires. --

Conscription de 1810, et nouveaux appels sur les conscriptions

antérieures. -- Formation des quatrième et cinquième bataillons

dans tous les régiments. -- Développement donné à la garde

impériale. -- Composition des armées d'Allemagne et d'Italie.

-- Invitation aux princes de la Confédération de préparer

leurs contingents. -- Premiers mouvements de troupes vers le

Haut-Palatinat, la Bavière et le Frioul, destinés à servir

d'avertissement à l'Autriche.--Moyens financiers mis en

rapport avec les moyens militaires. -- Effet sur l'Europe

des manifestations de Napoléon. -- Dispositions de la cour

d'Autriche. -- Exaspération et inquiétude qu'elle éprouve par

suite des événements d'Espagne. -- Les embarras que cette

guerre cause à Napoléon lui semblent une occasion qu'il ne

faut pas laisser échapper, après avoir négligé de saisir

celle qu'offrait la guerre de Pologne. -- Encouragements

qu'elle trouve dans l'irritation de l'Allemagne et l'opinion

de l'Europe. -- Ses armements extraordinaires entrepris

depuis longtemps, et maintenant poussés à terme. -- Nécessité

pour elle de prendre une résolution, et de choisir entre le

désarmement ou la guerre. -- Elle opte pour la guerre. --

Union de l'Autriche avec l'Angleterre. -- Efforts du cabinet

autrichien à Constantinople pour amener la paix entre les

Anglais et les Turcs. -- Tentative à Saint-Pétersbourg pour

détacher la Russie de la France. -- Refroidissement d'Alexandre

à l'égard de Napoléon. -- Causes de ce refroidissement. --

Alexandre redoute fort une nouvelle guerre de la France avec

l'Autriche, et s'efforce de l'empêcher. -- N'y pouvant réussir,

et ne voulant point encore abandonner l'alliance de la France,

il adopte une conduite ambiguë, calculée dans l'intérêt de

son empire. -- Grands préparatifs pour finir la guerre de

Finlande et recommencer celle de Turquie. -- Envoi d'une armée

d'observation en Gallicie sous prétexte de coopérer avec la

France. -- L'Autriche, quoique trompée dans ses espérances

à l'égard de la Russie, se flatte de l'entraîner par un

premier succès, et se décide à commencer la guerre en avril.

-- Déclaration de M. de Metternich à Paris. -- Napoléon, ne

doutant plus de la guerre, accélère ses préparatifs. -- Départ

anticipé de tous les renforts. -- Distribution de l'armée

d'Allemagne en trois corps principaux. -- Rôles assignés aux

maréchaux Davout, Lannes et Masséna. -- Le prince Berthier

part pour l'Allemagne avec des instructions éventuelles,

et Napoléon reste à Paris pour achever ses préparatifs. --

Passage de l'Inn le 10 avril par les Autrichiens, et marche de

l'archiduc Charles sur l'Isar. -- Passage de l'Isar et prise

de Landshut. -- Projet de l'archiduc Charles de surprendre les

Français avant leur concentration, en traversant le Danube entre

Ratisbonne et Donauwerth. -- Ses dispositions pour accabler le

maréchal Davout à Ratisbonne. -- Soudaine et heureuse arrivée

de Napoléon sur le théâtre des opérations. -- Projet hardi de

concentration, consistant à amener au point commun d'Abensberg

les maréchaux Davout et Masséna, l'un partant de Ratisbonne,

l'autre d'Augsbourg. -- Difficultés de la marche du maréchal

Davout, exposé à rencontrer la masse presque entière de l'armée

autrichienne. -- Conduite habile et ferme de ce maréchal placé

entre le Danube et l'archiduc Charles. -- Sa rencontre avec les

Autrichiens entre Tengen et Hausen. -- Beau combat de Tengen le

19 avril. -- Réunion du corps du maréchal Davout avec Napoléon.

-- Napoléon prend la moitié de ce corps, avec les Bavarois et

les Wurtembergeois, et perce la ligne de l'archiduc Charles,

qui s'étend de Munich à Ratisbonne. -- Bataille d'Abensberg

livrée le 20. -- Napoléon poursuit cette opération en marchant

sur l'Isar et en prenant Landshut le 21. -- Il enlève ainsi la

ligne d'opération de l'archiduc, et rejette son aile gauche en

Bavière. -- Apprenant dans la nuit du 21 au 22 que le maréchal

Davout a eu de nouveau l'archiduc à combattre vers Leuchling,

il se rabat à gauche sur Eckmühl, où il arrive à midi le 22. --

Bataille d'Eckmühl. -- L'archiduc, battu, se rejette en Bohême.

-- Prise de Ratisbonne. -- Caractère des opérations exécutées

par Napoléon pendant ces cinq journées. -- Leurs grands

résultats militaires et politiques. 1 à 182

LIVRE TRENTE-CINQUIÈME.

WAGRAM.

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 10 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 35 / 36 段