Dimanche, 6 juillet.
Doïran est pris. L'extrême gauche de l'armée grecque est donc
victorieuse comme l'aile droite et comme le centre. Dix canons de 87mm
ont été enlevés, des munitions en quantité et tous les vivres amassés à
la gare et dans la ville de Doïran, soit 400.000 oques de farine (l'oque
fait environ 1.200 gr.), 200.000 de fourrages, 100.000 de galettes,
50.000 de riz, 20.000 de haricots, 20.000 de sucre.
Les hommes, ici, trouvent cela tout naturel. Comme nous nous étonnons
que l'annonce de cette nouvelle victoire semble n'impressionner
nullement quelques evsones: «Eh quoi? nous répondent-ils. Pourquoi
ferait-on la guerre, alors, si ce n'était pour prendre des canons, du
matériel et toutes sortes d'autres choses à son adversaire?»
Si la victoire semble aux soldats grecs une chose toute naturelle, il
faut cependant bien remarquer qu'elle n'était pas si facile à obtenir,
et qu'elle constitue pour l'armée grecque un triomphe sans précédent
encore pour elle, triomphe dont la préparation scientifique place son
roi-généralissime et son état-major sur la même ligne que les tout
meilleurs généraux d'Europe, et dont la réalisation pratique met
l'officier et le soldat grec au niveau des officiers et soldats des
meilleures armées modernes.