II

COMMENT CETTE VIEILLE ÉTAIT UNE BELLE FÉE, ET COMMENT

ELLE OFFRIT DE DONNER A MULOT ET A

MULOTTE RICHESSES ET HONNEURS

Comme on lavait cette triple Mégère

Voilà-t-il pas que, sans désemparer.

Elle en vient toute à se transfigurer,

Tant qu'en beauté le Conteur n'exagère,

Et qu'elle en a blonds cheveux à monceaux,

Les traits charmants, les chairs amignonnées

Comme au matin des roses fleuronnées,

Et les yeux bleus du bleu profond des eaux.

--D'un trait à l'autre on ne vit le passage--

Et puis drap d'or, taffetas et satin,

Couleur d'iris et couleur du matin

Lui font gentils cotillon et corsage.

Elle sauta du lit pour mieux causer,

Ayant un astre au front, qui l'illumine.

Lors elle était de si gentille mine,

Qu'il eût fallu le Roi pour l'épouser!

C'était alors une ordinaire chose

Que Fée errante et Fantômes changeants:

Aussi ni l'un ni l'autre de nos gens

Ne s'étonna de la métamorphose.

--«Ami, je suis satisfaite de vous,»

Leur dit la Fée; et sa voix naturelle

Etait ainsi qu'un chant de tourterelle,

Et son sourire encor était si doux,

Que nos bons vieux en furent vite à l'aise.

--«Ça, faites-moi de grands souhaits, je veux

En un moment accomplir tous vos voeux,»

Reprit la Fée.

Contes des fées · 第 32 / 66 题