Au palais des Tuileries, le 30 mars 1806.
_Acte impérial._
Voulant donner à notre cousin le maréchal Berthier, notre grand-veneur
et notre ministre de la guerre, un témoignage de notre bienveillance
pour l'attachement qu'il nous a montré, et la fidélité et le talent
avec lesquels il nous a constamment servi, nous avons résolu de lui
transférer, comme en effet, nous lui transférons par les présentes, la
principauté de Neufchâtel avec le titre de prince et duc de Neufchâtel,
pour la posséder en toute propriété et souveraineté, telle qu'elle nous
a été cédée par S.M. le roi de Prusse. Nous entendons qu'il transmettra
ladite principauté à ses enfans mâles, légitimes et naturels, par ordre
de primogéniture, nous réservant, si sa descendance masculine légitime
et naturelle venait à s'éteindre, ce que Dieu ne veuille, de transmettre
ladite principauté aux mêmes titres et charges, à notre choix, et ainsi
que nous le croirons convenable pour le bien de nos peuples et l'intérêt
de notre couronne. Notre cousin le maréchal Berthier prêtera en nos
mains, et en sa dite qualité de prince et duc de Neufchâtel, le serment
de nous servir en bon et loyal sujet. Le même serment sera prêté
à chaque vacance par ses successeurs. Nous ne doutons pas qu'ils
n'héritent de ses sentimens pour nous, et qu'ils nous portent, ainsi
qu'à nos descendans, le même attachement et la même fidélité. Nos
peuples de Neufchâtel mériteront, par leur obéissance envers leur
nouveau souverain, la protection spéciale qu'il est dans notre intention
de leur accorder constamment.