L'un des premiers soins de M. Raymond Poincaré, en s'installant à
l'Elysée, a été de constituer ses maisons civile et militaire.
Tout d'abord, le nouveau président a eu l'excellente idée de rétablir le
poste de secrétaire général, chef de la maison militaire, supprimé par
son prédécesseur, et de confier à un général ces délicates fonctions: le
général Antoine Beaudemoulin, sur la désignation du ministère de la
Guerre, recueille, après un long interrègne, la succession des généraux
Brugère, Hagron, Bailloud, Tournier, etc., qui avaient laissé aux vieux
familiers du palais présidentiel de si parfaits souvenirs.
Le général Beaudemoulin, Limousin d'origine, appartient à la cavalerie.
Général de brigade du 23 mars 1911, il commandait, avant d'être appelé
auprès du chef de l'État, la 7e brigade de dragons, à Epernay. Il a,
dans l'arme, la réputation d'un cavalier des plus brillants.
Le secrétaire général civil de la présidence est M. A. Pichon, maître
des requêtes au Conseil d'État, qui était déjà, depuis un an, chef du
cabinet de M. Raymond Poincaré au quai d'Orsay. M. Pichon a déjà une
longue expérience des devoirs qui lui incombent, ayant été précédemment
chef adjoint, puis chef de cabinet des ministres du Commerce, des
Travaux publics, et de la Justice, avant de passer aux Affaires
étrangères, où sa bonne grâce, sa parfaite urbanité lui avaient conquis
l'universelle sympathie.
[Illustration: Le comte Isvolsky, ambassadeur de Russie, et le baron
Schilling, envoyé extraordinaire, se rendant à l'Elysée pour remettre au
nouveau Président les insignes de l'ordre de Saint-André et une lettre
autographe du tsar.]
Enfin, M. Marcel Gras, qui remplissait auprès de M. Raymond Poincaré, au
cabinet du quai d'Orsay, les fonctions de haute confiance de chef du
secrétariat particulier, les conserve auprès du nouveau président. M.
Marcel Gras est docteur en droit et diplômé de l'École des sciences
politiques. Il a été, l'an dernier, lauréat de l'Académie des sciences,
qui lui décerna le prix Audiffred. Il y a cinq ans déjà qu'il est le
collaborateur de M. Raymond Poincaré, comme secrétaire, d'abord, et tous
ceux qui ont pu éprouver naguère l'amabilité de son accueil, son tact
parfait, se félicitent de le retrouver à l'Elysée.