On vient d'achever aux États-Unis un aqueduc qui, par la longueur du
parcours autant que par les difficultés et la rapidité de construction,
semble l'emporter de beaucoup sur tous les travaux exécutés jusqu'ici.
Cet aqueduc est destiné à alimenter en eau potable Los Angeles, une des
principales villes de Californie. Mesurant 235 milles de longueur, soit
376 kilomètres, il peut actuellement amener chaque jour un million de
litres d'eau répartis en cinq réservoirs. Partant des montagnes de la
Sierra Nevada, il traverse le désert de Mojave et atteint la vallée de
San Fernando où la conduite en maçonnerie est remplacée par des tubes en
acier de 6 pieds de diamètre.
Les travaux furent commencés en 1905, et, à partir de 1908, ils
occupèrent une armée de 5.000 ouvriers. On se trouva en présence de
difficultés considérables pour l'approvisionnement en eau et en vivres,
la distance des chantiers à une voie ferrée variant de 5 à 35 milles. Il
fallut, dès le début, créer 390 milles de chemins, poser 120 milles de
rails dans le désert et installer 350 milles de lignes téléphoniques. Au
cours de l'été, la température atteignait 49 degrés centigrades. Sur une
longueur de 53 milles l'aqueduc est formé par un tunnel creusé dans le
granit.
L'eau suit la pente naturelle du sol, partant de l'altitude de 3.812
pieds pour arriver à celle de 276 pieds à Los Angeles.
Ce travail gigantesque a coûté 125 millions; sauf sur un parcours de 9
milles, il a été entièrement dirigé par l'administration municipale.